Vi­sé par la plainte de l’op­po­sant russe Na­val­ny

Le Télégramme - Carhaix - - BRETAGNE - Loïc Ber­thy

Alexeï Na­val­ny, l’op­po­sant russe de Vla­di­mir Pou­tine, et son frère Oleg portent plainte contre le groupe Yves Ro­cher, dont le siège so­cial est im­plan­té à La Ga­cil­ly (56) pour « dé­non­cia­tion ca­lom­nieuse » contre leur so­cié­té de trans­port. Con­dam­nés en 201 2 en Russie, ils ont été en­ten­dus, mar­di, à Vannes, par un juge d’ins­truc­tion.

En 2012, la so­cié­té de trans­port des frères Na­val­ny, qui tra­vaillait alors avec la fi­liale d’Yves Ro­cher en Russie, avait été la cible des au­to­ri­tés russes après un dé­pôt de plainte contre X for­mé par Yves Ro­cher-Vo­stock pour sus­pi­cion de dé­tour­ne­ment d’ar­gent. La somme en jeu s’éle­vait à 370 000 €. À la suite de cette plainte, Alexeï Na­val­ny, 42 ans, avait été condam­né à trois ans et de­mi de pri­son avec sur­sis et son frère Oleg, 36 ans, à trois mois de pri­son ferme. Or, en no­vembre 2014, Yves Ro­cher a fi­na­le­ment fait sa­voir qu’après en­quête in­terne, il n’avait su­bi au­cun pré­ju­dice dans cette af­faire. Les frères Na­val­ny es­timent que le groupe Yves Ro­cher a joué dé­li­bé­ré­ment le jeu de Vla­di­mir Pou­tine, en se condui­sant de la sorte, et ont dé­po­sé une plainte pour « dé­non­cia­tion­ca­lom­nieuse ».

Au dé­but du mois d’avril, la Cour eu­ro­péenne des droits de l’Homme (CEDH) a, du reste, condam­né la Russie pour avoir as­si­gné à ré­si­dence et avoir imposé des res­tric­tions, en 2014, à Alexeï Na­val­ny, prin­ci­pal op­po­sant à Vla­di­mir Pou­tine, qui vi­saient, se­lon elle, à « res­treindre ses ac­ti­vi­tés po­li­tiques ». Après avoir pas­sé trois heures dans le bu­reau du juge d’ins­truc­tion van­ne­tais, Alexeï Na­val­ny s’est dé­cla­ré convain­cu que « la jus­tice fran­çaise mè­ne­ra l’en­quête à bien. Nous voulons ob­te­nir jus­tice ici, sur le sol d’Yves Ro­cher ».

« Es­cro­que­rie vrai­sem­blable » se­lon Yves Ro­cher

Se­lon son avo­cat, l’ins­truc­tion de ce dos­sier de­vrait être longue. « Un cer­tain nombre d’in­ves­ti­ga­tions et de vé­ri­fi­ca­tions vont être me­nées dans le cou­rant de l’an­née et sans doute l’an­née pro­chaine ».

Contac­tée, la di­rec­tion d’Yves Ro­cher a ré­pon­du par com­mu­ni­qué, se di­sant « sur­prise de la plainte en dé­non­cia­tion ca­lom­nieuse qui a été dé­po­sée à son en­contre ». « La découverte d’im­por­tants in­dices concor­dants ren­dant vrai­sem­blable l’exis­tence d’une es­cro­que­rie avait imposé à la di­rec­tion de la fi­liale de faire ap­pel à la jus­tice russe, en dé­po­sant plainte contre X pour avoir ac­cès au dos­sier et en com­prendre les en­jeux. La no­to­rié­té des ac­tion­naires du pres­ta­taire mis en cause a, par la suite, don­né un re­ten­tis­se­ment mé­dia­tique im­por­tant à cette af­faire, dans la­quelle notre fi­liale Yves Ro­cher n’a pour­tant fait qu’ap­pli­quer les pro­cé­dures ha­bi­tuelles. Le cas échéant, la so­cié­té Yves Ro­cher fe­ra va­loir son bon droit et sa bonne foi de­vant la jus­tice », conclut le com­mu­ni­qué.

Pho­to L. B.

Les frères Na­val­ny, Oleg et Alexeï, ont été en­ten­dus pen­dant trois heures par un juge d’ins­truc­tion à Vannes.

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