100 ma­ni­fes­tants et un hom­mage

Le Télégramme - Carhaix - - CHÂTEAULIN - Dimi­tri L'hours

Une cen­taine de per­sonnes, dont une bonne par­tie de syn­di­ca­listes et quelques gilets jaunes, ont ma­ni­fes­té dans les rues châ­teau­li­noises, ce mer­cre­di 1er-Mai. Un ras­sem­ble­ment sur fond de contes­ta­tion de la po­li­tique me­née par Em­ma­nuel Ma­cron et des conclu­sions dé­li­vrées à l’is­sue du Grand dé­bat. Un dis­cours contes­ta­taire com­plé­té par un hom­mage de la CGT à Jean-Yves Ma­nac’h, grande fi­gure du tis­su as­so­cia­tif lo­cal, dis­pa­ru le 21 avril.

semble bien loin, le temps où la CGT dé­fi­lait le 1er-Mai pour ap­pe­ler à vo­terEm­ma­nuel Ma­cron pour faire bar­rage au Front na­tio­nal. Pour­tant, deuxan­nées seule­ment se sont écou­lées. Vingt-quatre mois au cours des­quels dif­fé­rentes me­sures gou­ver­ne­men­tales ou autres for­mules mal­adroites du chef de l’État ont fi­ni de lui mettre à dos une par­tie de la po­pu­la­tion.

« Dis­cours nau­séa­bond sur l’im­mi­gra­tion »

Au pre­mier rang des­quels, bien sûr, les syn­di­ca­listes de la CGT, très bien re­pré­sen­tés, comme de cou­tume, dans les rangs de la cen­taine de ma­ni­fes­tants ras­sem­blés ce mer­cre­di 1er-Mai dans les rues de Châ­teau­lin. Au mi­cro, le syn­di­cat n’a pas de mots as­sez durs pour vi­li­pen­der la po­li­tique me­née par le chef de l’État et son gou­ver­ne­ment. Der­nière sor­tie en date à avoir cho­qué, lors de la confé­rence de presse or­ga­ni­sée par le pré­sident le jeu­di 25 avril, celle sur « l’art d’être Fran­çais ». Elle par­ti­cipe, se­lon la CGT, « d’un dis­cours nau­séa­bond sur l’im­mi­gra­tion », rap­pe­lant « les heures sombres de notre his­toire ». Des pro­pos qui ré­sonnent au­jourd’hui avec ceux pro­non­cés, il y a deux ans, pour railler non pas Em­maIl nuel Ma­cron mais sa ri­vale pour la pré­si­dence…

« Vent de ré­volte »

Et ce ne sont pas les autres me­sures an­non­cées par Em­ma­nuel Ma­cron, ce même 25 avril, qui sont de na­ture à cal­mer la grogne ex­pri­mée par les ma­ni­fes­tants ras­sem­blés. « En lan­çant ce Grand dé­bat, qui était en fait un faux dé­bat, le pré­sident a cher­ché à ca­de­nas­ser les mou­ve­ments lan­cés dans le pays », tance la CGT, pour qui « un vent de ré­volte qui souffle dans le pays de­puis des mois ». Im­pos­sible, bien sûr, de ne pas pen­ser au mou­ve­ment des gilets jaunes, dont quelques re­pré­sen­tants (une dou­zaine) ont re­joint les troupes, hier, mal­gré le pe­tit tacle lan­cé par voie de presse à l’égard du mou­ve­ment par quelques syn­di­ca­listes locaux. Si ça ne semble tou­jours pas être l’amour fou entre les gilets jaunes et la CGT ou autres or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales, ce­la n’a pas em­pê­ché gilets jaunes et cha­subles rouges de marcher en­semble, ce mer­cre­di. Et de dis­cu­ter, pour une pe­tite par­tie d’entre eux, à l’is­sue du dé­fi­lé, au­tour des tables ins­tal­lées sur la place de la Ré­sis­tance par les gilets jaunes pour y pro­po­ser leur « ca­fé-ci­toyen ».

« L’in­croyable éner­gie » de Jean-Yves Ma­nac’h

L’idée au­rait sans doute plu à JeanYves Ma­nac’h, an­cien res­pon­sable du Secours po­pu­laire de Châ­teau­lin, dé­cé­dé le di­manche 21 avril 2019, et à qui Ma­rie Le Berre a te­nu à adres­ser ses pen­sées. « Nous avons ap­pré­cié sa plume acé­rée lors­qu’il était jour­na­liste mais aus­si et sur­tout son in­croyable éner­gie, sa pug­na­ci­té quand il était au Secours po­pu­laire. Im­man­qua­ble­ment, la conver­sa­tion avec lui s’en­ga­geait sur le so­cial », a-t-elle sa­lué, la gorge ser­rée. Un hom­mage una­ni­me­ment sa­lué par les ma­ni­fes­tants pré­sents.

Une cen­taine de ma­ni­fes­tants ont dé­fi­lé dans les rues de Châ­teau­lin, ce mer­cre­di.

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