Brit­ta­ny Fer­ries. Le contrat bri­tan­nique an­nu­lé ?

Re­vi­re­ment dans le contrat d’af­frè­te­ment de fer­ries sup­plé­men­taires ré­cla­més par le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique dans le cadre du Brexit. En ré­si­liant son contrat, Londres va-t-elle pri­ver la Brit­ta­ny Fer­ries des 51, 7 mil­lions d’eu­ros pro­mis en dé­cembre dern

Le Télégramme - Carhaix - - ÉCONOMIE -

Les 51,7 mil­lions d’eu­ros versés par le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique à la Brit­ta­ny Fer­ries vont-ils être an­nu­lés ? La ques­tion est clai­re­ment po­sée de­puis l’an­nonce, mar­di, par la BBC que le mi­nis­tère bri­tan­nique des Transports a dé­ci­dé de ré­si­lier son contrat de ser­vice au­près de trois so­cié­tés qui af­frètent des fer­ries en Manche. Se pré­pa­rant au scé­na­rio d’un Brexit sans ac­cord, Londres avait en ef­fet si­gné un ac­cord en dé­cembre der­nier pré­voyant l’oc­troi de na­vires sup­plé­men­taires pour désen­gor­ger Douvres, dans le cas d’un No Deal. Les deux autres com­pa­gnies bé­né­fi­ciaires sont l’en­tre­prise da­noise DFDS (52,5 mil­lions d’eu­ros) et la so­cié­té bri­tan­nique Sea­borne Freight (15,3 mil­lions d’eu­ros). Cette der­nière au­rait fi­na­le­ment re­non­cé à ce contrat dès fé­vrier. Se­lon la BBC, une telle ré­si­lia­tion pour­rait tou­te­fois coû­ter très cher au gou­ver­ne­ment bri­tan­nique. La chaîne évoque, en ef­fet des pé­na­li­tés de plus de 50 mil­lions de livres, soit plus 67 mil­lions d’eu­ros. Un chiffre com­pa­rable à ce­lui an­non­cé en dé­but d’an­née par le Na­tio­nal Au­dit Of­fice es­ti­mé à 56,6 mil­lions de livres ster­ling.

19 ro­ta­tions sup­plé­men­taires

In­ter­ro­gée, la Brit­ta­ny fer­ries confirme que le gou­ver­ne­ment an­glais, via son mi­nis­tère des Transports, vient d’in­vo­quer la clause de ré­si­lia­tion pré­vue au contrat. Elle pré­cise tou­te­fois que les tra­ver­sées sup­plé­men­taires dé­jà en place se­ront main­te­nues. Se­lon une source proche de la di­rec­tion, « ce se­rait, en ef­fet, trop com­pli­qué de les mo­di­fier au­jourd’hui par rap­port aux ré­ser­va­tions dé­jà ef­fec­tuées par les pas­sa­gers et les transporteurs pour le fret ». Concer­nant les con­sé­quences et com­pen­sa­tions fi­nan­cières, Brit­ta­ny Fer­ries pré­cise qu’elle n’est pas en me­sure de les com­men­ter en rai­son de la confi­den­tia­li­té liée à un contrat com­mer­cial.

Se­lon les termes du contrat, ces ro­ta­tions sup­plé­men­taires (19 heb­do­ma­daires en plus) ont été pré­vues pour ac­croître la ca­pa­ci­té fret, comme l’a sol­li­ci­té le mi­nis­tère des Transports bri­tan­nique. Au to­tal, Brit­ta­ny Fer­ries avait ain­si aug­men­té de 50 % ses ca­pa­ci­tés fret sur les trois lignes concer­nées de­puis le 29 mars 2019, soit une aug­men­ta­tion glo­bale de 30 % sur la Manche Ouest et Cen­trale. La com­pa­gnie ajoute qu’il reste en­core 300 tra­ver­sées sup­plé­men­taires à peu près d’ici au mois de sep­tembre. Elles concernent uni­que­ment les lignes Ports­mouth/Le Havre et Poole/ Cher­bourg.

Pho­to Claude Prigent

La Brit­ta­ny Fer­ries a dé­ci­dé de main­te­nir ses liai­sons sup­plé­men­taires pour des rai­sons opé­ra­tion­nelles.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.