Front uni pour les ac­com­pa­gnants

Le Télégramme - Carhaix - - QUIMPER - Pierre Cha­pin

L’en­semble des or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales re­pré­sen­ta­tives au sein de l’Édu­ca­tion na­tio­nale (*) ap­pellent à la mo­bi­li­sa­tion le mer­cre­di 15 mai pour dé­fendre les ac­com­pa­gnants d’élèves en si­tua­tion de han­di­cap (AESH). Et, à tra­vers eux, un vé­ri­table mo­dèle d’in­clu­sion sco­laire pour tous.

C’est l’une des fa­cettes de la dé­ci­dé­ment très contro­ver­sée Loi Blan­quer, dite de l’école de la confiance : l’évo­lu­tion du sta­tut des Ac­com­pa­gnants d’élèves en si­tua­tion de han­di­cap, dont tout le monde s’ac­corde à dire que les mis­sions sont au­jourd’hui in­suf­fi­sam­ment va­lo­ri­sées. « C’est un mé­tier ex­trê­me­ment pré­caire, puis­qu’il faut en­chaî­ner les CDD d’un an pen­dant six ans pour es­pé­rer être ti­tu­la­ri­sé. Et ils sont payés au Smic ho­raire, avec des se­maines de 20 à 28 h. Concrè­te­ment, ce­la si­gni­fie un sa­laire moyen, dans le pre­mier de­gré, de 730 € par mois, avec une am­pli­tude ho­raire qui em­pêche d’avoir une réelle ac­ti­vi­té de com­plé­ment », dé­crit Yann Fou­cher (FSU).

Une large concer­ta­tion a été ou­verte par le gou­ver­ne­ment sur la ques­tion, avec pour am­bi­tion de nour­rir un vo­let spé­ci­fique de la loi Blan­quer. Mais pour les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales, comme pour les prin­ci­paux concer­nés, le compte n’y est pas. « Il n’y a rien sur le sta­tut des AESH. Seule avan­cée no­table, on passe de six contrats d’un an avant ti­tu­la­ri­sa­tion, à deux contrats de trois ans. L’ob­jec­tif af­fi­ché est de mieux or­ga­ni­ser la mu­tua­li­sa­tion : les AESH s’oc­cu­pe­raient de plu­sieurs en­fants à la fois dans la même classe, ce qui ne per­met pas tou­jours de rendre les ser­vices né­ces­saires aux en­fants ».

« Plus de 200 en­fants aban­don­nés »

Pour l’in­ter­syn­di­cale, ces mesures an­non­cées par le mi­nistre Blan­quer sont loin de ré­pondre aux en­jeux d’une si­tua­tion dé­jà ur­gente. « Au­jourd’hui, dans le Fi­nis­tère, plus de 200 en­fants, qui ont eu une no­ti­fi­ca­tion d’accompagnement par la Mai­son dé­par­te­men­tale des per­sonnes han­di­ca­pées (MDPH), n’ont pas d’AESH pour les ai­der à l’école, faute de re­cru­te­ment !

Au ly­cée Du­puy-de-Lôme, par exemple, on a seule­ment six AESH en poste ac­tuel­le­ment, pour douze no­ti­fi­ca­tions », ex­pose Oli­vier Cu­zon (Sud). « Dans cer­tains éta­blis­se­ments, les di­rec­teurs sont char­gés de faire le tri pour sa­voir quel en­fant pour­ra être ai­dé ! C’est un drame pour ces en­fants, leurs fa­milles, qui at­tendent une aide pour la sco­la­ri­sa­tion. Et ça peut aus­si dé­sta­bi­li­ser les classes, mettre en dif­fi­cul­té les en­sei­gnants : L’école in­clu­sive est une belle am­bi­tion à condi­tion de s’en don­ner les moyens ».

Mo­bi­li­sa­tion le 15 mai

L’in­ter­syn­di­cale ap­pelle donc à une large mo­bi­li­sa­tion le mer­cre­di 15 mai, à 14 h 30, place de la Li­ber­té, jour de l’exa­men du pro­jet de loi par le Sé­nat. D’autres ras­sem­ble­ments sont or­ga­ni­sés à Mor­laix (14 h 30, place des Otages) et Quim­per (14 h 30, de­vant l’ins­pec­tion aca­dé­mique) pour cette mo­bi­li­sa­tion na­tio­nale. Les syn­di­cats de­mandent un vé­ri­table sta­tut pour les AESH, des em­plois pé­rennes, et un sa­laire égal au moins au Smic men­suel. « Parce que des en­fants ne se­raient ja­mais sco­la­ri­sés sans ces AESH. Et que ce qui se passe au­jourd’hui est une tra­hi­son, un man­que­ment à la pa­role don­née par l’Édu­ca­tion na­tio­nale de veiller à l’in­clu­sion sco­laire de tous les en­fants ».

* CFDT, CGT, FSU, FO, Un­sa et Sud, ap­pellent à la mo­bi­li­sa­tion

Té­lé­gramme/Pierre Cha­pin

Les syn­di­cats ap­pellent à une large mo­bi­li­sa­tion pour ob­te­nir un vé­ri­table sta­tut pour les ac­com­pa­gnants d’élèves en si­tua­tion de han­di­cap.Le

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