Sym­bo­lique pour Se­me­nya

Le Télégramme - Carhaix - - SPORTS -

La Sud-Afri­caine Cas­ter Se­me­nya, an­non­cée sur 800 m à Do­ha en der­nière mi­nute, se­ra la prin­ci­pale at­trac­tion du pre­mier mee­ting de la Ligue de Dia­mant de la sai­son, ce vend­redi, au sur­len­de­main du ju­ge­ment du Tri­bu­nal ar­bi­tral du sport (TAS) sur les ath­lètes hy­per­an­dro­gènes.

La course s’an­nonce riche en sym­boles : d’abord parce qu’elle se­ra la der­nière, au ni­veau in­ter­na­tio­nal, où des femmes hy­per­an­dro­gènes pour­ront concou­rir sans suivre de trai­te­ment. En­suite parce que les trois mé­daillées des Jeux de Rio sur la dis­tance, toutes trois at­teintes de ce dé­rè­gle­ment hor­mo­nal, se­ront sur la ligne de dé­part : Se­me­nya donc, mais aus­si la Bu­run­daise Fran­cine Niyon­sa­ba et la Ké­nyane Mar­ga­ret Wam­bui. Le TAS a dé­bou­té, mer­cre­di, le recours de Se­me­nya contre les règles de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale d’athlétisme (IAAF) obli­geant les ath­lètes hy­per­an­dro­gènes, comme elle, à faire bais­ser leur taux de tes­to­sté­rone sous le seuil de 5 nmol/L de sang. Cette dé­ci­sion a im­mé­dia­te­ment été sa­luée par l’IAAF, qui a an­non­cé l’en­trée en vi­gueur de son rè­gle­ment dès le 8 mai, concé­dant seule­ment une se­maine aux ath­lètes concer­nées pour faire bais­ser mé­di­ca­le­ment leur taux de tes­to­sté­rone. Le TAS a ce­pen­dant as­sor­ti son ju­ge­ment de ré­serves sur plu­sieurs points du rè­gle­ment de l’IAAF, ju­gé « dis­cri­mi­na­toire », mais « né­ces­saire, rai­son­nable et pro­por­tion­né » pour at­teindre l’ob­jec­tif de l’IAAF de pré­ser­ver l’in­té­gri­té de l’athlétisme fé­mi­nin.

« Deux clas­si­fi­ca­tions »

L’ins­tance de recours doute, no­tam­ment, de l’avan­tage ath­lé­tique des femmes hy­per­an­dro­gènes sur le 1 500 m et le mile (1 609 m), alors que le rè­gle­ment concerne les épreuves du 400 m au mile. In­ter­ro­gé sur la pos­si­bi­li­té de re­tar­der l’ap­pli­ca­tion du rè­gle­ment sur ces deux dis­tances, le pré­sident de l’IAAF, Se­bas­tian Coe, a seule­ment et fer­me­ment ré­pon­du « non » lors d’une confé­rence de presse, à Do­ha, jeu­di. « L’athlétisme connaît deux clas­si­fi­ca­tions : par âge et par sexe. Nous nous achar­nons à pro­té­ger ces deux clas­si­fi­ca­tions et je suis re­con­nais­sant au TAS d’avoir confor­té ce prin­cipe », a in­di­qué le Bri­tan­nique, qui a re­fu­sé de ré­pondre à d’autres ques­tions sur le su­jet.

La pré­sence de Se­me­nya va oc­cul­ter les autres courses de ce pre­mier mee­ting de la sai­son, qui est une bonne oc­ca­sion pour les ath­lètes de re­pé­rer les lieux et de s’ha­bi­tuer au stade Kha­li­fa avant les Mon­diaux qui s’y tien­dront du 27 sep­tembre au 6 oc­tobre. Cas­ter Se­me­nya, si elle y re­vient en sep­tembre, de­vra alors cou­rir dans des condi­tions dif­fé­rentes en ayant fait bais­ser son taux de tes­to­sté­rone. A moins que… L’af­faire n’est en ef­fet peut-être pas to­ta­le­ment ter­mi­née : Se­me­nya peut faire ap­pel de­vant le Tri­bu­nal fé­dé­ral suisse. D’autres ath­lètes qu’elle peuvent éga­le­ment at­ta­quer le rè­gle­ment de­vant le TAS. Mar­ga­ret Wam­bui a ain­si évo­qué, jeu­di, un ju­ge­ment « in­juste ». La sprin­teuse indienne hy­per­an­dro­gène Du­tee Chand, qui avait fait cas­ser par le TAS un pre­mier rè­gle­ment de l’IAAF en 2015, a dit être « triste » pour Se­me­nya, qui a « souf­fert » comme elle. « La dé­ci­sion du TAS ne m’ar­rê­te­ra pas », a in­di­qué Cas­ter Se­me­nya, dé­cla­rant dans un autre tweet : « Ils rient de moi parce que je suis dif­fé­rente, je ris d’eux parce qu’ils sont tous les mêmes ».

Pho­to EPA

Cas­ter Se­me­nya (à gauche), hy­per­an­dro­gène, pour­rait dis­pu­ter sa der­nière course sans suivre de trai­te­ment.

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