La Bre­tagne, terre pro­pice au court voi­tu­rage

Le Télégramme - Carhaix - - LE FAIT DU JOUR - A-C. J.

De­puis le dé­but des an­nées 2010, plu­sieurs ini­tia­tives d’au­to-stop en­ca­dré ont été mises en place, dans dif­fé­rents ter­ri­toires bre­tons. L’une des plus abou­ties, Oc­to­pouce, se dé­ploie en pres­qu’île de Cro­zon, en re­liant plu­sieurs com­munes de la pres­qu’île entre elles. « Ici, les liai­sons en bus sont qua­si in­exis­tantes en jour­née, hor­mis deux bus le ma­tin, et deux bus le soir, entre Ca­ma­ret et Quim­per ou Brest », dé­taille Ar­mel Me­nez, l’un des ini­tia­teurs.

L’idée a pous­sé en 2015-2016, et Oc­to­pouce est né en 2018. Pour l’ins­tant, 300 usa­gers sont ins­crits, et tou­jours une pro­por­tion plus im­por­tante de conduc­teurs que de pas­sa­gers. « On doit en­core s’amé­lio­rer, no­tam­ment en per­met­tant à nos au­to-stop­peurs d’in­di­quer leur des­ti­na­tion, ou en dé­ve­lop­pant des courts-cir­cuits, comme entre Cro­zon et Mor­gat ». L’as­so­cia­tion es­père pou­voir embaucher une per­sonne, ne se­rait-ce qu’à temps par­tiel : « Le plus im­por­tant, c’est d’ani­mer notre ré­seau, qui fonc­tionne comme un ré­seau so­cial, pour le faire vivre et rap­pe­ler aux usa­gers qu’il ne faut pas hé­si­ter à le­ver le pouce ! ».

Les ca­banes de ra­mas­sage sco­laire à la res­cousse

Autre pres­qu’île, plus proche de Brest, mais avec la même pro­blé­ma­tique to­po­gra­phique : Plou­gas­tel-Daou­las. Ici, le centre so­cio­cul­tu­rel As­té­rie a choi­si de se ser­vir des ca­banes de ra­mas­sage sco­laire pour en faire des ar­rêts d’au­to-stop : ain­si est née la Ca­bane à pouces. « Les tran­sports pu­blics s’ar­rêtent à l’en­trée du bourg, mais 60 % des Plou­gas­tels ha­bitent dans les 160 ha­meaux dis­sé­mi­nés sur la pres­qu’île, note Da­vid Mar­quié. Si, au dé­part, c’est un groupe de se­niors qui a dé­ve­lop­pé l’idée du stop, au­jourd’hui, ce sont les ly­céens qui sont dans le vi­seur de la Ca­bane : « Ici, il n’y a pas de ly­cée, on doit al­ler sur Brest. En re­vanche, on voit un pa­quet de ly­céens des­cendre du bus, et ap­pe­ler un proche ou un parent pour ve­nir les cher­cher au bourg, alors que plein de tra­jets pour­raient être mu­tua­li­sés ! »

L’épreuve du temps

Toutes les ten­ta­tives de struc­tu­ra­tion de l’au­to-stop n’ont pas toutes, pour­tant, ré­sis­té à l’épreuve du temps. Ain­si, Ques­tem’pouce avait été lan­cé, en 2012, sur la com­mune de Ques­tem­bert (56). L’idée était de pro­po­ser quelques tra­jets, no­tam­ment pour re­lier la gare au centre-bourg ou ce der­nier au centre com­mer­cial. Mais un chan­ge­ment de mu­ni­ci­pa­li­té a eu rai­son du pro­jet. « C’est dom­mage parce que, même si la struc­ture n’existe plus of­fi­ciel­le­ment, les pan­neaux pou­vaient de­meu­rer un point de pas­sage pour les gens. Ici, le be­soin per­dure… », re­marque un ha­bi­tant de la com­mune.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.