El Co­man­dante Yan­kee

Le Télégramme - Carhaix - - CULTURES -

BD.

À tra­vers un per­son­nage peu connu du grand pu­blic, un gué­rille­ro amé­ri­cain William Alexan­der Mor­gan, Ga­ni Ja­ku­pi nous offre une im­mer­sion dans l’his­toire de la ré­vo­lu­tion cu­baine. Ce Yan­kee prend par­ti pour les re­belles cu­bains aux cô­tés du Che et de Cas­tro, et de­vient au fil des mois l’un des principaux com­man­dants mi­li­taires de la Ré­vo­lu­tion. Mais peu à peu, en désac­cord avec l’évo­lu­tion po­li­tique des ré­vo­lu­tion­naires, il tombe en dis­grâce et dis­pa­raît de l’his­toire of­fi­cielle.

L’au­teur, qui a me­né une vé­ri­table en­quête his­to­rique et jour­na­lis­tique au­tour de ce per­son­nage con­tro­ver­sé, nous offre un éton­nant et magnifique ré­cit sur la Ré­vo­lu­tion cu­baine.

Jour­nal. Vivre. Sui­vi de La vie après

« Pierre vou­lait être tout et entre autres écri­vain», écrit en pré­am­bule Jean­nine, sa mère qui, après sa dis­pa­ri­tion, a re­trans­crit les deux ca­hiers où le jeune homme avait consi­gné ses écrits : voyages, poèmes, lettres... De ses ré­flexions trans­pa­rait un mal-être in­dé­niable que ne par­vient pas à cacher une au­to­dé­ri­sion cruelle (« dé­lires d’un en­fant gâté ou délices d’un en­fant ta­ré...») qui tranche avec l’em­pa­thie dont il fait preuve en­vers ses amis, les per­sonnes ren­con­trées en Pa­les­tine, en Ar­gen­tine ; avec l’amour qu’il porte à ses proches, ses pa­rents, son frère... Il y dé­crit de ma­nière fié­vreuse et in­tense ces mo­ments où il brûle sa vie, où les doutes le consument... L’écri­ture est cash, sac­ca­dée, dé­cou­sue, très (trop ? ) in­time aus­si. On peine par­fois à suivre Pierre dans ses pen­sées. Un manque de construc­tion, d’équilibre, à l’image de ce qu’il vi­vait alors et qu’il a pré­fé­ré fuir en se don­nant la mort.

Une ab­sence que sa mère tente de com­bler en lui écri­vant des lettres et qu’elle re­cense dans la deuxième par­tie de ce livre. Com­ment sur­vivre au sui­cide de son en­fant ? Com­ment me­ner dès lors le com­bat du quo­ti­dien... En ren­con­trant les amis de Pierre, en se bai­gnant chaque jour ou presque à Ros­coff, en s’ap­puyant sur son ma­ri, son autre fils... Pas de conseils, le deuil est trop per­son­nel, mais un be­soin pour cette ma­man de par­ta­ger et de sur­mon­ter avec d’autres pa­rents cette ter­rible épreuve.

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