La com­mune sous le choc

Le Télégramme - Carhaix - - LA UNE - Lan­nig Ster­vi­nou

L’in­cen­die d’ori­gine vo­lon­taire qui a frap­pé l’In­ter­mar­ché de Saint-Evarzec (3 500 ha­bi­tants), dans la nuit de ven­dre­di à sa­me­di, a pro­fon­dé­ment mar­qué la po­pu­la­tion. La com­mune, de son côté, va mettre en place des na­vettes pour al­ler faire ses courses à Foues­nant le temps que du­re­ra la fer­me­ture du ma­ga­sin.

À Saint-Évar­zec, c’est tout un vil­lage qui se re­trouve aba­sour­di suite à l’in­cen­die cri­mi­nel qui a tou­ché, dans la nuit de ven­dre­di à sa­me­di, le seul su­per­mar­ché de la com­mune.

Centre né­vral­gique du bourg, d’or­di­naire très ani­mé le di­manche ma­tin, il règne un si­lence de mort sur le par­king de l’In­ter­mar­ché de Saint-Évar­zec, com­mune fi­nis­té­rienne de 3 500 ha­bi­tants, proche de Quim­per, au sur­len­de­main de l’in­cen­die d’ori­gine vo­lon­taire qui a frap­pé le ma­ga­sin dans la nuit de ven­dre­di à sa­me­di, vers 3 h 30 (Le Té­lé­gramme Di­manche). Noé­mie, vê­tue de couleurs vives et baskets aux pieds ar­rive en trot­ti­nant. « Comme j’ai lu dans le jour­nal ce qui s’était pas­sé, j’ai dé­ci­dé de faire un dé­tour pour je­ter un oeil », dit-elle, vi­si­ble­ment im­pres­sion­née par les murs cal­ci­nés. David, pro­mène son chien : « je viens d’ap­prendre ça, il y a dix mi­nutes, en al­lant cher­cher mon pain et je ne comprends pas qu’on puisse faire un truc pa­reil ». Le bal­let des voi­tures de cu­rieux s’am­pli­fie. On vient voir. Par­fois on s’arrête et on montre du doigt le lieu du si­nistre. C’est toute la po­pu­la­tion du vil­lage qui est tou­chée par l’in­cen­die de son seul su­per­mar­ché. « L’en­semble des den­rées ali­men­taires a été conta­mi­né par les fu­mées toxiques », ex­plique Sophie Boyer, ad­jointe au maire.

Une na­vette mise en place

En contre­bas de la rue La-Fon­taine, à quelques pas du su­per­mar­ché, des ri­ve­rains sont ras­sem­blés. Luc, Marie et Mi­chel ne sont pas très ras­su­rés. « Les faits di­vers qu’on lit dans la presse ar­rivent à la porte de chez nous, alors on se sent di­rec­te­ment concer­nés, sou­ligne Luc. C’est un exemple de la so­cié­té dans la­quelle on vit et c’est très in­quié­tant. Je trouve que notre monde est de­ve­nu su­per-an­xio­gène ». Tout près du ma­ga­sin vit Marie-Hé­lène. Très cho­quée, l’oc­to­gé­naire af­firme avoir pleu­ré quand elle s’est ren­du compte de ce qui s’était pas­sé : « Quand j’ai ou­vert mes vo­lets à 8 h 30 et que j’ai vu tous les gen­darmes, je me suis dit : c’est pas pos­sible ! Heu­reu­se­ment en­core que les voi­sins ont en­ten­du, si­non il au­rait pu brû­ler en­tiè­re­ment ». Pour elle, qui ne conduit plus, ce su­per­mar­ché de proxi­mi­té était une au­baine et il fau­dra at­tendre en­vi­ron trois se­maines avant que le ma­ga­sin rouvre. Pour re­mé­dier à ce manque, la mai­rie a pris des dis­po­si­tions et les élus ont fait du porte-à-porte dans la ma­ti­née pour an­non­cer la bonne nou­velle. « Nous met­tons en place une na­vette pour Foues­nant, conduite par des bé­né­voles du CCAS (centre com­mu­nal d’ac­tion so­ciale) deux ma­ti­nées par se­maine », an­nonce André Guillou, le maire. Opé­ra­tion d’au­tant plus im­por­tante, pour les per­sonnes âgées, qu’à l’in­té­rieur de l’In­ter­mar­ché, se trou­vait le seul dis­tri­bu­teur au­to­ma­tique de billets du bourg.

Pho­to L. S.

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