Aliénor Le Gouvello. Elle tra­verse l’Aus­tra­lie à che­val pour sauver le brum­by

Le Télégramme - Carhaix - - TV -

Son voyage a été re­la­té et com­men­té sur les ré­seaux so­ciaux. Et l’Aus­tra­lie « vient d’adop­ter une lé­gis­la­tion re­con­nais­sant le che­val brum­by comme un hé­ri­tage de la culture aus­tra­lienne », se ré­jouit Aliénor Le Gouvello, nièce de la vé­li­plan­chiste Ra­phaë­la Le Gouvello. « Ils vont être gé­rés de ma­nière plus hu­maine. C’est un grand pas ! ».

Dans son livre « Sur la piste sau­vage », pa­ru aux édi­tions Ar­thaud, la jeune femme de 34 ans, qui vit en Aus­tra­lie de­puis treize ans, ra­conte sa che­vau­chée avec ses com­pa­gnons d’aven­ture et de so­li­tude, qu’elle a dû dres­ser avant de réa­li­ser son rêve fou : em­prun­ter le « bi­cen­ten­nial na­tio­nal trail », un trek, l’un des plus rudes au monde et le plus long d’Aus­tra­lie.

C’est en tra­vaillant dans les com­mu­nau­tés abo­ri­gènes aus­tra­liennes que cette aven­tu­rière pas­sion­née de che­vaux a ren­con­tré pour la pre­mière fois des brum­bies, is­sus des che­vaux pur-sang et arabes im­por­tés d’Afrique du Sud et d’An­gle­terre au XVIIIe siècle. « J’ai dé­ci­dé de tra­ver­ser l’Aus­tra­lie avec eux quand j’ai dé­cou­vert l’as­so­cia­tion Guy Fawkes He­ri­tage Horses qui les at­trape et les pro­pose à l’adop­tion », confie Aliénor Le Gouvello.

Consi­dé­rés comme

« un fléau pour l’environnement »

L’Aus­tra­lie compte la plus grande po­pu­la­tion au monde de che­vaux re­tour­nés à l’état sau­vage, soit plus d’un mil­lion. Le gou­ver­ne­ment aus­tra­lien consi­dère le che­val brum­by « comme un fléau, une peste pour l’environnement en rai­son du sur­nombre » de cette po­pu­la­tion. « Pour la ré­gu­ler, ils uti­lisent par­fois des hé­li­co­ptères » pour tra­quer et « abattre » des che­vaux, ajoute-t-elle. « Cette mé­thode est cruelle, car les ani­maux saignent par­fois des jours avant de mou­rir ! », s’indigne la ca­va­lière. « J’ai dé­ci­dé de dé­dier ce voyage à leur cause pour pro­mou­voir une ges­tion plus hu­maine de leur po­pu­la­tion ». Au­jourd’hui, l’État de Nou­velle-Galles du Sud a mis fin à l’abattage de che­vaux de­puis des hé­li­co­ptères. Avec la ju­ment Roxanne, les mâles Coo­per et Ri­ver et son chien Foxy, un bâ­tard de din­go, chien sau­vage du dé­sert, Aliénor Le Gouvello a che­vau­ché de no­vembre 2015 à juillet 2017, avec une pause de cinq mois en rai­son des cy­clones.

« La na­ture à l’état sau­vage »

Elle a voya­gé à tra­vers « la na­ture à l’état sau­vage », au rythme de 15 à 40 km par jour pour par­cou­rir au to­tal 5 330 km, lon­geant la grande chaîne de mon­tagnes de la Cor­dillère aus­tra­lienne, à l’Est, et ses pics de plus de 1 600 m d’al­ti­tude, et tra­ver­sant trois États, 18 parcs na­tio­naux et 53 fo­rêts do­ma­niales. Avec, au pro­gramme, « des ser­pents, des cro­co­diles et un climat hos­tile ». « Mes che­vaux ont prou­vé leur ro­bus­tesse et leur en­du­rance. Ils n’ont pas eu de bles­sure et ont gar­dé une bonne condi­tion phy­sique. C’est grâce à eux que j’ai réus­si cette tra­ver­sée », se ré­joui­telle.

Aliénor Le Gouvello est tom­bée ma­lade deux fois vers la fin de son pé­riple : « J’ai contrac­té la fièvre tro­pi­cale, la fièvre de la Ross Ri­ver (…) qui at­taque les ar­ti­cu­la­tions. Je l’ai traî­née les trois der­niers mois, c’était très dif­fi­cile, j’ai fi­ni à l’hô­pi­tal deux fois ».

De son pé­riple, la jeune femme à la sil­houette svelte retiendra « la re­la­tion dé­ve­lop­pée avec (ses) che­vaux ». « J’ai ga­gné leur confiance et (…) ils sont de­ve­nus ma fa­mille ».

« Les che­vaux brum­by vont être gé­rés de ma­nière plus hu­maine. C’est un grand pas ! »

Pho­to AFP

Dans son livre « Sur la piste sau­vage », Aliénor Le Gouvello ra­conte sa che­vau­chée à tra­vers l’Aus­tra­lie.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.