Guin­gamp : une ques­tion de fier­té, main­te­nant

Les Guin­gam­pais ont un pied en Ligue 2. Et même, peut-être, un peu plus que ce­la de­puis leur nul, sa­me­di contre Caen (0-0). À trois matchs de la fin, il ne leur reste plus qu’une prio­ri­té : fi­nir cette sai­son di­gne­ment.

Le Télégramme - Carhaix - - FOOTBALL - Laurent Ri­vier

Il reste un « in­fime es­poir », Jé­ré­my Sor­bon l’a en­core répété. Mais le dé­fen­seur est comme ses deux ca­ma­rades qui ont bien vou­lu s’ex­pri­mer après la par­tie (Étienne Di­dot et Ch­ris­tophe Ker­brat) : cons­cient du pe­tit mi­racle qu’il fau­drait pour ar­ra­cher cette place de 18e et bar­ra­giste, alors qu’il ne reste plus que trois jour­nées. L’heure n’est pas en­core à l’api­toie­ment. Mais le constat est dres­sé. « Il ne reste plus beau­coup de chances », avoue Jé­ré­my Sor­bon mal­gré les der­niers chiffres aux­quels se rac­cro­cher. « Tant que c’est fai­sable ma­thé­ma­ti­que­ment, on va y croire », as­sure ain­si Étienne Di­dot. Sauf que le coeur n’y est pas tout à fait. Parce qu’il y a cette réa­li­té : cette place de der­nier qu’ils oc­cupent pour la 30e fois au sor­tir de cette 35e jour­née. Et ces ca­rences, of­fen­sives sur­tout, qui conti­nuent de les plom­ber.

Un der­by à of­frir

Sa­me­di, il y eut pour­tant la confir­ma­tion que Caen, comme Di­jon, n’était pas meilleur que Guin­gamp. Maîtres du bal­lon comme ja­mais (64 % de pos­ses­sion), les Cos­tar­mo­ri­cains ont do­mi­né ou­tra­geu­se­ment cette par­tie. Mais ils n’ont pas mar­qué, pour la 15e fois cette sai­son. Un « manque de jus­tesse » (Di­dot, Sor­bon) rédhi­bi­toire, quel que soit le ni­veau au­quel vous jouez. Ain­si donc est cet En Avant. Qui au­ra tra­ver­sé cet exer­cice à re­cu­lons. Mal­gré la dés­illu­sion, ses joueurs ont pour­tant mon­tré qu’ils n’avaient pas lâ­ché. « On a eu le mo­no­pole du bal­lon, on a mis de beau­coup agres­si­vi­té pour pou­voir le ré­cu­pé­rer », estime Jé­ré­my Sor­bon. « On a vu l’es­prit guin­gam­pais », pro­longe Ch­ris­tophe Ker­brat.

Pour les trois « an­ciens », la prio­ri­té est dé­sor­mais là. « Il faut res­pec­ter ce maillot et ces sup­por­ters », in­siste le Fi­nis­té­rien. Le week-end pro­chain en of­fri­ra une nou­velle (et presque der­nière) oc­ca­sion, face à ce voi­sin ren­nais qui, lui, a dé­jà réus­si sa sai­son en rem­por­tant la Coupe de France face au grand Paris SG. « Dès di­manche, il faut re­par­tir au combat, un gros der­by nous at­tend, tonne Ch­ris­tophe Ker­brat. Si on pou­vait au moins l’of­frir au Kop pour ses vingt-cinq ans, ce se­rait dé­jà ça ». Au­cune autre am­bi­tion ne les ani­me­ra. Le temps de scru­ter le clas­se­ment est fi­ni. « Il fau­dra y al­ler sans se po­ser de ques­tion et se lâ­cher », em­boîte Jé­ré­my Sor­bon.

Un pu­blic à re­mer­cier

Jouer, tout simplement. En pui­sant son éner­gie dans le seul amour du jeu. « La seule chose dont je n’ai pas en­vie, c’est que l’on baisse la tête, avoue Étienne Di­dot. Il faut tout don­ner jus­qu’à la fin pour que l’on soit un mi­ni­mum fier de nous. Et que les sup­por­ters le soient aus­si, parce qu’ils vivent une sai­son su­per dif­fi­cile ».

Le socle de la re­cons­truc­tion est d’ailleurs là. Par­mi ces mil­liers de gens qui, sa­me­di en­core, ont chan­té leur sou­tien. « C’était une ambiance in­croyable dans un contexte com­pli­qué », sa­lue Étienne Di­dot, à trois se­maines de sa fin de car­rière. « Le Rou­dou­rou était en­core qua­si­ment plein. L’ambiance était énorme alors qu’on est der­nier, c’est unique », re­lève un Ch­ris­tophe Ker­brat presque ad­mi­ra­tif alors qu’il va clore sa hui­tième sai­son avec le maillot rouge et noir sur le dos. Une sai­son noire. Mais qu’il s’agit de terminer fièrement, main­te­nant.

Pho­to Nicolas Créach

Étienne Di­dot et ses ca­ma­rades (ici Mar­cus Co­co et Ludovic Blas) ont dé­sor­mais pour am­bi­tion de fi­nir au mieux cette sai­son.

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