Bryan, l’autre Ala­phi­lippe

Le Télégramme - Carhaix - - CYCLISME - Yves-Marie Thé­ré­né

Dans la fa­mille Ala­phi­lippe, il n’y a pas que Julian (26 ans), le meilleur pro­fes­sion­nel fran­çais, om­ni­pré­sent de­puis le dé­but de sai­son, il y a aus­si Bryan (23 ans). Très ra­pide, le pe­tit frère a rem­por­té au sprint la pre­mière étape de l’Es­sor Bre­ton, di­manche à Plou­né­ven­ter.

Pour être hon­nête, il ne s’est pas pas­sé grand-chose sur la pre­mière étape de l’Es­sor Bre­ton, di­manche au­tour de Plou­né­ven­ter. Tout juste a-t-on as­sis­té à une échap­pée de vingt cou­reurs qui a comp­té au maxi­mum une tren­taine de se­condes d’avance sur le pe­lo­ton. Sur un cir­cuit pas as­sez sé­lec­tif, le sprint était in­évi­table. Et c’est le nom d’Ala­phi­lippe qui est sor­ti du cha­peau de­vant l’ex-pro­fes­sion­nel belge Pie­ter Ja­cobs (Hu­go Ti­tan Cargo) et le fu­tur pro­fes­sion­nel is­raé­lien Ita­mar Ein­horn (Côtes-d’Ar­mor - Marie Mo­rin - Vé­ran­da Ri­deau).

« Quand on a vu que ça ne sor­tait pas, on a dé­ci­dé de jouer le sprint. Je suis res­té ca­ché dans les dix pre­miers avant de faire mon ef­fort », ra­con­tait avec un grand sou­rire le Mont­lu­çon­nais de l’équipe Pel­trax qui avait dé­cou­vert l’Es­sor en 2014 sous les couleurs du Gui­don Cha­let­tois. À l’époque, il n’avait que 18 ans.

« J’en avais un ras-le-bol gé­né­ral »

Cinq ans après, le jeune Ala­phi­lippe a fait du che­min. Pro­fes­sion­nel du­rant trois ans à l’Ar­mée de terre (20152017), il a fait par­tie des cou­reurs qui ont pris une grosse claque lorsque la for­ma­tion a dis­pa­ru en dé­cembre 2017. « Ça n’a pas été fa­cile à vivre. C’était impossible de re­trou­ver une équipe pro à cette pé­riode-là ». Re­des­cen­du ama­teur chez Pro Im­mo Nicolas Roux, il a failli carrément aban­don­ner le cyclisme la sai­son pas­sée. « J’en avais un ras-le-bol gé­né­ral. J’ai ar­rê­té au bout de deux mois ».

L’en­vie lui est re­ve­nue lors du der­nier Tour de France, où il est ve­nu voir son grand frère. Le voir ga­gner deux étapes et re­vê­tir le maillot à pois de meilleur grim­peur lui a re­don­né le goût per­du du vé­lo. Sé­duit par le pro­jet pro­po­sé par le Team Pel­trax, il est re­par­ti à zé­ro après six mois d’ar­rêt. « Au dé­but, ce n’était pas fa­cile car j’avais pris un peu de poids. Au­jourd’hui, les sen­sa­tions sont là et je me sens de plus en plus fort. Je prouve que j’ai tou­jours ma pointe de vi­tesse ».

« Je suis très fier de lui »

Son bon­heur de ga­gner, il l’a par­ta­gé, di­manche soir, avec toute l’équipe Pel­trax et, au té­lé­phone, avec son aî­né. Le pre­mier Maillot blanc de l’Es­sor 2019 as­sure bien vivre le fait d’être « le frère de ». « Bien sûr qu’on me parle tout le temps de Julian car c’est im­pres­sion­nant ce qu’il fait. Je suis très fier de lui ». La ré­ci­proque est vraie.

Pho­to Aman­dine Coz

Bryan Ala­phi­lippe (Team Pel­trax) vain­queur de la pre­mière étape de l’Es­sor Bre­ton.

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