La fi­nale rê­vée du Bre­ton Guillaume Pape

Le Télégramme - Carhaix - - LA UNE - Thier­ry Di­las­ser

C’est ce mer­cre­di soir que Top Chef, pro­gramme cu­li­naire de M6, dé­si­gne­ra son vain­queur. Ar­ri­vé sur la pointe des pieds, le Fi­nis­té­rien Guillaume Pape s’est ré­vé­lé au fur et à me­sure des émis­sions pour at­teindre la fi­nale, avec de bonnes chances de l’em­por­ter. Un beau par­cours au tra­vers du­quel « c’est toute la fi­lière bre­tonne qui est ré­com­pen­sée », se­lon son « men­tor », le chef Oli­vier Bel­lin.

Il a « ra­me­né en en­fance » le chef tri­ple­ment étoi­lé Ar­naud Lal­le­ment avec ses Saint-Jacques à la bre­tonne ; sé­duit Ni­co­las Sale (qui tient les cui­sines du Ritz) avec la cuis­son « ma­gique » de ses lan­gous­tines ; et Yan­nick Al­lé­no - autre chef trois étoiles, à la tête de dix-huit res­tau­rants à tra­vers le monde - a dit de lui qu’il avait « quelque chose dans les mains de par­ti­cu­lier ». Du­rant les qua­torze se­maines de com­pé­ti­tion, Guillaume Pape s’est sur­tout illus­tré en étant le can­di­dat ayant rem­por­té le plus d’épreuves (6). « J’ai pour­tant frô­lé la correctionnelle d’en­trée », ri­gole au­jourd’hui le na­tif de Pen­zé (29), âgé de 27 ans, au su­jet de « la der­nière chance » qu’il a eu à af­fron­ter dès la pre­mière émis­sion.

« Tout sauf un ins­ta­gra­meur »

Ren­tré dis­crè­te­ment dans le concours, il a su s’im­po­ser au fil des se­maines. « Il ne par­tait pas fa­vo­ri mais il a su faire son bon­homme de che­min, en écou­tant les conseils des chefs, en n’ou­bliant pas son iden­ti­té bre­tonne et en se nourrissant de ce que fai­saient les autres can­di­dats pour ame­ner de la nou­veau­té dans sa cui­sine », dé­crypte Oli­vier Bel­lin, chef de l’Auberge des Gla­zicks à Plo­mo­diern (29), éta­blis­se­ment deux étoiles où le jeune Guillaume a par­fait sa for­ma­tion. « Très fier » du par­cours de son an­cien se­cond, Bel­lin égraine les qua­li­tés de ce der­nier : « C’est quel­qu’un de très humble, tou­jours à l’écoute. Il est ef­fa­cé mais sûr de sa force, c’est un tei­gneux et un gros tra­vailleur. C’est sur­tout un vrai cui­si­nier, avec des bases très so­lides. Tout sauf un ins­ta­gra­meur ».

Ces bases, le jeune Guillaume les a d’abord ac­quises au ly­cée pro­fes­sion­nel La Clo­se­rie, de SaintQuay-Por­trieux (22) et à l’Ifac de Brest, ef­fec­tuant son ap­pren­tis­sage au « Temps de Vivre » de Ros­coff, (29) chez Jean-Yves Crenn. Une ex­pé­rience en­suite conso­li­dée dans les Py­ré­nées (chez Pas­cal Bar­det, an­cien élève d’Alain Du­casse) puis dans les Alpes, à Cour­che­vel (au « Ki­li­mand­ja­ro », deux étoiles au Mi­che­lin), avant de ren­trer en Bre­tagne et d’in­té­grer la bri­gade d’Oli­vier Bel­lin. « Pur pro­duit de la for­ma­tion bre­tonne », se­lon ce der­nier, Guillaume Pape a en­suite été dé­bau­ché par un in­ves­tis­seur lui ayant confié les clés de la cui­sine du « 1789 », à Mont­pel­lier, avant d’être à nou­veau « cas­té » par le re­pre­neur de la « Fon­taine aux Perles », à Rennes. Deux « taules » que le jeune ta­lent a di­ri­gées aux cô­tés de sa com­pagne Mar­lène Bre­ton Oli­vier Bel­lin, chef bre­ton dou­ble­ment étoi­lé.

- na­tive de Si­zun (29) et ren­con­trée chez Bel­lin qui, elle, te­nait la salle. Du haut de ses vingt ans.

« La fi­nale rê­vée »

C’est ain­si que, jouis­sant d’une so­lide ré­pu­ta­tion dans le mi­lieu, le Fi­nis­té­rien a été ap­pro­ché par la pro­duc­tion de Top Chef. S’il ne s’est « ja­mais fixé d’ob­jec­tif » de ré­sul­tat, le jeune homme n’en sa­voure pas moins son par­cours, ses ren­contres « avec les chefs Sar­ran et Et­che­best », mais aus­si avec Sa­muel Al­bert, l’autre fi­na­liste. « Un type en or, avec qui on a for­mé le bi­nôme par­fait », es­time Guillaume Pape. « Moi, je ta­bas­sais à la mise en place, lui dé­fon­çait tout der­rière. On se com­plé­tait très bien ». Son op­po­si­tion de ce mer­cre­di face à son nou­vel ami ? « C’est la fi­nale rê­vée ! ».

S’il ne ré­vé­le­ra bien sûr pas l’is­sue de celle-ci, le Fi­nis­té­rien peut re­gar­der l’ave­nir se­rei­ne­ment, des étoiles plein les yeux. L’éta­blis­se­ment qu’il a ou­vert à Brest (« L’Em­brun », rue de Lyon) ne désem­plit pas. Il faut même dé­jà comp­ter plus d’un mois d’at­tente pour es­pé­rer y man­ger le week-end ou en soi­rée. « Au dé­but, les gens ve­naient par cu­rio­si­té. Ils ve­naient aus­si voir s’ils al­laient trou­ver un " pin­pin " de la té­lé en cui­sine ou un mec qui bosse », plai­sante l’in­té­res­sé. Le bouche-à-oreille parle dé­sor­mais de lui-même. Pour Bel­lin, chef en conva­les­cence mais plus dé­ter­mi­né que ja­mais à al­ler dé­cro­cher sa 3e étoile (« je suis là, et bien là ! »), il ne fait au­cun doute que « L’Em­brun est ap­pe­lé à de­ve­nir l’une des belles tables de Bre­tagne. Guillaume fait par­tie de la belle gé­né­ra­tion à ve­nir, il a tout pour lui ». Bien plus qu’une simple pro­messe.

« Guillaume fait par­tie de la belle gé­né­ra­tion à ve­nir, il a tout pour lui ».

Sur le­te­le­gramme.fr

La vi­déo

Pho­to T. D.

Après qua­torze se­maines d’émis­sion, Guillaume Pape est l’un des deux seuls can­di­dats, sur quinze au dé­part, à pou­voir en­core ga­gner Top Chef.

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