Marie et son mi­ni...

Le Télégramme - Carhaix - - VOILE -

En 2012, dans le cadre de ses études, Marie Gen­dron a construit elle-même son pro­to, sur plan Verdier. Un pro­jet un peu fou mais me­né à bien et qui l’en­ver­ra, en sep­tembre pro­chain, sur la ligne de dé­part de la Mi­ni-Tran­sat. La Nan­taise, 27 ans, dis­pute cette se­maine la Mi­ni en mai à La Tri­ni­té­sur-Mer.

> Comment est né ce pro­jet de construire un mi­ni ?

Pen­dant mon IUT à Nantes (in­gé­nie­rie des struc­tures com­po­sites pour l'aé­ro­nau­tique), les professeurs nous ont de­man­dé de réa­li­ser un su­jet, en au­to­no­mie, sur une an­née mais, dans la liste pro­po­sée, je trou­vais que c'était « bof-bof ». Je leur ai dit que j'avais en­vie de construire un ba­teau. Ils m'ont dit OK à condi­tion que je trouve des plans, un moule et de l'ar­gent. Et j'ai trou­vé tout ce­la en deux se­maines.

> Comment avez-vous fait ?

J'ai mis de l'ar­gent per­so au dé­but, un billet de 5.000 € pour dé­mar­rer mais ce n'était pas grand-chose. Guillaume Verdier s'est mon­tré très ai­dant, il trou­vait chouette l'idée d'ai­der un pro­jet d'étu­diants. C'était un énorme coup de pouce de sa part. Sans lui, je n'au­rais pas pu lan­cer le pro­jet. Pour le reste, les ma­té­riaux no­tam­ment, j'ai frap­pé à toutes les portes de toutes les bou­tiques. Le pro­to a été construit à l'IUT à Nantes et mis à l'eau en sep­tembre 2017.

> Comment s'est pas­sée la sai­son 2018 ?

J'ai dis­pu­té pra­ti­que­ment toutes les courses du cir­cuit. J'ai ti­ré mes pre­miers bords en so­li­taire en jan­vier 2018 et j'ai cou­ru la tran­sat jus­qu'aux Açores l'été sui­vant. En pro­to, je ter­mine 11e mais, mal­heu­reu­se­ment, sur la 2e étape, je me suis cas­sé deux doigts à 500 milles des côtes. Je n'ai pas aban­don­né mais c'était rock'n'roll.

> Être au dé­part de la Mi­niT­ran­sat 2019, ce se­ra dé­jà une pre­mière vic­toire ?

J'ai dû mettre beau­coup d'éner­gie dans ce ba­teau. Quand j'ai lan­cé ce pro­jet, j'étais la seule à le me­ner et je me suis re­trou­vée avec 18 étu­diants à ma­na­ger, à gé­rer des plan­nings, à trou­ver des bud­gets, à faire de la com­mu­ni­ca­tion. J'étais dé­jà une au­to-en­tre­pre­neuse. J'ai aus­si mis les mains dans la colle, à tel point qu'au­jourd'hui, je suis al­ler­gique au com­po­site. Si on me de­mande de re­faire un ba­teau de­main, je ne pour­rai pas.

> Et vous fi­nan­cez tout ce­la comment ?

J'ai 18 par­te­naires sur ce pro­jet. Et tous ces spon­sors-là, je les ai trou­vés en fai­sant du porte à porte. J'ai réus­si à trou­ver 160.000 €, sans comp­ter l'ar­gent per­son­nel. Mais je tra­vaille à côté (ndlr : elle est pres­ta­taire chez Air­bus) car le fi­nan­ce­ment d'un ba­teau, ça coûte cher. Mais j'ai très en­vie de conti­nuer de l'uni­vers de la course au large.

Photo Phi­lippe Eliès

Marie Gen­dron : « J'ai dû mettre beau­coup d'éner­gie dans la construction de ce ba­teau ».

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