BREST, LE RE­TOUR !

Le Télégramme - Carhaix - - LA UNE - Pierre-Yves Hen­ry

Ça y est ! Après six sai­sons pas­sées en Ligue 2, le Stade Brestois va en­fin re­trou­ver l’élite du foot­ball fran­çais ! La vic­toire des Fi­nis­té­riens contre Niort (3-0), ven­dre­di soir, leur per­met, en ef­fet, d’as­su­rer dé­fi­ni­ti­ve­ment leur deuxième place en cham­pion­nat, sy­no­nyme de mon­tée en Ligue 1.

C’est fait ! Au terme d’un match en­tiè­re­ment maî­tri­sé et as­sez ra­pi­de­ment plié, le Stade Brestois, six ans après, re­trouve l’élite. Dans un stade à gui­chets fer­més et une am­biance de fo­lie, tout un stade a dit « Ke­na­vo la Ligue 2, on est en Ligue 1 ! ».

Pen­dant une se­maine, les se­condes ont sem­blé des mi­nutes, les mi­nutes des heures, les heures des jours. Pen­dant une se­maine, tout le monde y est al­lé de son avis après la dé­faite à Bé­ziers. Cer­tains avaient peur, cer­tains étaient confiants. Beau­coup ont éva­cué leur stress en se ral­liant au cor­tège d’un mil­lier de sup­por­ters qui a fon­du sur Le Blé vers 19 h 30, ven­dre­di soir. Pour éva­cuer la ten­sion, crier à se cas­ser la voix, mettre le feu avant la fo­lie. Dans une in­des­crip­tible am­biance, les Brestois avaient ren­dez-vous avec leur his­toire, leur des­tin, et ils n’ont pas lou­pé le train qui ar­ri­ve­ra of­fi­ciel­le­ment à des­ti­na­tion mi-août.

Ce qui est as­sez fou avec ce groupe com­po­sé de mecs bien, de vrais mecs bien, c’est qu’il est her­mé­tique à tout. Les quelques doutes sur leurs ca­pa­ci­tés à ré­pondre pré­sent et as­su­mer dans LE ren­dez-vous à ne pas man­quer ont été balayés d’un re­vers de main, sou­rire en coin, concen­tra­tion maxi­male. Brest est Brest et il le res­te­ra. En­core plus de­vant 15 000 per­sonnes en fu­sion, fu­mi­gènes à la main après l’ou­ver­ture du score de Char­bon­nier avant le quart d’heure de jeu, en­ta­mant en choeur un in­croyable « qui ne saute n’est pas brestois » après le break du Zi­dane lo­cal, la de­mi-heure pas­sée.

Il était 22 h 02

Pour le der­nier match de la sai­son à do­mi­cile qui sonne aus­si la fin d’un cycle, l’anxiété a ra­pi­de­ment lais­sé place à la consé­cra­tion. Une heure pour fê­ter, tous en­semble, la cin­quième mon­tée dans l’élite des Brestois. Un nou­veau grand cru après 1979, 1981, 1989 et 2010. Après une sai­son maî­tri­sée de bout en bout. Après un match que les Brestois ont abor­dé de la meilleure des ma­nières pour le conclure en apo­théose.

Une heure pour vi­brer. Une heure pour chan­ter, sauter, re­mer­cier. Une heure dans la­quelle Court a fait le­ver Le Blé comme un seul homme après une volée acro­ba­tique qui trou­vait les fi­lets pour le 3-0. Il était 22 h 02 et le Stade Brestois ve­nait dé­fi­ni­ti­ve­ment de va­li­der son ti­cket pour l’élite. Il était 22 h 02 quand l’in­té­gra­li­té du banc de touche ex­plo­sa. Il était 22 h 02 et les Brestois se per­mirent en­fin de crier des « on est en Ligue 1 » ef­fré­nés.

Tout un stade, toute une ville, au­ra pro­fi­té d’un mo­ment qui res­te­ra gra­vé dans les an­nales du club. Et per­sonne n’au­ra re­mar­qué que, dans le même temps, à Cler­mont, Troyes pre­nait en­core trois points dans un match as­sez fou. Les dé­mons d’hier, les pe­tites anec­dotes d’au­jourd’hui.

A Le Blé, qui n’avait plus ac­cueilli au­tant de monde… de­puis la Ligue 1, tout Brest a fu­sion­né ven­dre­di soir pour dire « Ke­na­vo la Ligue 2 ! », er­reur de com­mu­ni­ca­tion dé­jà aux ou­bliettes. L’af­fiche « De­mat la Ligue 1 ! » se­rait dé­jà dans les tuyaux… La fête pro­met­tait d’être belle, elle a atteint des som­mets !

Fur­lan au bord des larmes

Dans une fin de soi­rée à l’at­mo­sphère dé­ten­due mais ô com­bien par­ti­cu­lière en émo­tions, Edouard Bu­tin, in­car­na­tion de la vic­toire d’un groupe est sor­ti ova­tion­né, quand le nom de Jean-Marc Fur­lan, très ému et au bord des larmes, a été scan­dé par tout un pu­blic. Ce Stade Brestois ver­sion 2018-2019 ne se­ra pas cham­pion. Mais les noms de tous ceux qui ont par­ti­ci­pé à la re­mon­tée de Brest en Ligue 1 sont dé­jà mar­qués en lettres d’or dans les en­trailles de Le Blé. Le feu d’ar­ti­fice pou­vait être ti­ré, Brest pou­vait com­mu­nier avec ses hé­ros. Le Stade Brestois est en Ligue 1, et c’est dé­jà de­main !

Pho­to Jean-Mi­chel Louarn

Dans un stade Fran­cis-Le Blé en fu­sion, le Stade Brestois a va­li­dé sa mon­tée en Ligue 1 grâce, no­tam­ment, au dou­blé de Gaë­tan Char­bon­nier en pre­mière pé­riode.

Pho­to Jean-Mi­chel Louarn

Gaë­tan Char­bon­nier a ou­vert le score dès la 14e mi­nute d’une frappe croi­sée.

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