Ils dé­barquent en 913 !

Le Télégramme - Carhaix - - CHÂTEAULIN - Sté­phane Jézéquel

Une plon­gée au Xe siècle, au temps des Vi­kings dé­fer­lant sur Lan­dé­ven­nec ! La ba­lade et la ren­contre valent plus que le dé­tour, au­jourd’hui, de 10 h 30 à 18 h, sur le site de l’an­cienne ab­baye.

At­ten­tion : dans les ruines de l’ab­baye en par­tie pillée en 913, on ne fait pas sem­blant. On vit, on dort et mange au temps des Ca­ro­lin­giens. Au me­nu, choux-sau­cisse cuit au feu de bois cô­té Vi­kings. Pois­son aux poi­reaux lon­gue­ment mi­jo­tés sur la table des Bre­tons prêts à dé­fendre chè­re­ment leur peau face aux bar­bares scan­di­naves.

Au plus près de l’his­toire

Une troupe ori­gi­naire de la ré­gion du Mans (Dre­kar) et un col­lec­tif bre­ton com­po­sé de Le­ta­via, Ar Sou­dar­ded et Mi­lites Pa­genses as­surent le spec­tacle en cos­tume, avec des ob­jets fi­dèles aux ori­gi­naux re­trou­vés lors des fouilles ar­chéo­lo­giques. Par­mi ces fi­gu­rants plus vrais que na­ture, des pas­sion­nés d’his­toire, d’ar­chéo­lo­gie et de re­cons­ti­tu­tion his­to­rique au plus proche de ce qu’ont pu ré­vé­ler les dé­cou­vertes de site en Bre­tagne. « On conti­nue à dé­cou­vrir des élé­ments sur cette pé­riode », rap­porte le pré­sident de Le­ta­via, Ben­ja­min Fran­ckaert. « Nous réa­li­sons cer­taines armes et ob­jets ou nous nous adres­sons à des ar­ti­sans spé­cia­li­sés, pour les vê­te­ments par exemple. Tous les ob­jets que vous voyez là, on s’en sert tout au long du week-end ».

De simples toiles de tente pour le moins aé­rées, leur per­mettent de dor­mir sur place. pra­ti­que­ment à même le sol, avec une peau de bête ou une cou­ver­ture en laine pour sup­por­ter la fraî­cheur du pe­tit ma­tin. Pour col­ler à la thé­ma­tique de l’ex­po­si­tion ac­tuelle de l’Ab­baye sur les rois bre­tons du haut Moyen Âge, les deux col­lec­tifs ont dé­ci­dé d’évo­quer le rap­port sou­vent am­bi­gu qu’ont en­tre­te­nu Vi­kings et Bre­tons à cette époque.

Com­mer­çants à la base

Les Scan­di­naves ar­rivent en Bre­tagne, de très loin, à bord de leur na­vire agile et à faible ti­rant d’eau. S’aven­tu­rer au fond des es­tuaires, char­gés d’hommes et de mar­chan­dises, ne leur pose au­cun pro­blème. Ex­cel­lents ma­rins et re­mar­quables com­mer­çants, ce sont sur­tout de re­dou­tables stra­tèges.

À pre­mière vue, ils viennent com­mer­cer, échan­ger leurs mar­chan­dises avec les po­pu­la­tions lo­cales. Sauf que lorsque les dé­fenses sont faibles et les op­por­tu­ni­tés bien réelles, il n’est plus ques­tion de com­merce ! Ils sortent leurs armes pour s’em­pa­rer de toutes les ri­chesses ac­ces­sibles. D’après les textes, l’ab­baye de Lan­dé­ven­nec en fait les frais en 913, alors que les moines de l’époque ont dé­jà quit­té les lieux et éva­cué une bonne par­tie du tré­sor.

En rade à plu­sieurs re­prises

La re­cons­ti­tu­tion pro­po­sée ce wee­kend à l’ab­baye per­met de po­ser des images et du concret sur ces raids que l’on a rap­por­té dans dif­fé­rents en­droits de Bre­tagne, jusque dans le fond de la rade de Brest. Et lorsque les Vi­kings tra­ver­saient le gou­let, il ne va­lait mieux pas cher­cher à comprendre leurs in­ten­tions…

▼ Pra­tique

Les Ren­dez-vous de l’his­toire, ce di­manche, de 10 h 30 à 18 h, à l’An­cienne ab­baye de Lan­dé­ven­nec. Plein ta­rif : 6 €. Ta­rif ré­duit : 5 € (16-25 ans, de­man­deurs d’em­ploi, cartes de ré­duc­tion). For­fait fa­mille : 16 € (deux adultes et deux en­fants, ou plus, de moins de 16 ans). En­fants de 8 à 15 ans et per­sonnes en si­tua­tion de han­di­cap : 3 €. Gra­tuit pour les ha­bi­tants de Lan­dé­ven­nec.

Jézéquel

Les Vi­kings prennent des forces avant de fondre vers l’ab­baye et son tré­sor.Sté­phane

Les Bre­tons du Xe siècle s’or­ga­ni­saient par­fois pour contrer les raids vi­kings. Pois­son mi­jo­té au poi­reau pour le re­pas d’époque entre les vieux murs de l’ab­baye.

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