Et sou­dain, Brest cha­vi­ra

Le Télégramme - Carhaix - - BREST. LA MONTÉE -

22 h 30, ven­dre­di soir. À peine le coup de sif­flet fi­nal a-t-il re­ten­ti, que la foule en­va­hit la pe­louse du stade Francis-Le Blé. Une image forte dans une nuit de rêve, où Brest a fê­té comme il se doit son grand re­tour en Ligue 1.

« Tous en tribune. Vous res­tez bien sa­ge­ment en tri­bunes, mer­ci ». Le spea­ker du Stade Bres­tois a beau y mettre les formes, c’est trop tard : des cen­taines de sup­por­ters viennent de quit­ter leur siège pour fondre sur la pe­louse. La soi­rée bas­cule dans la folie, le n’im­porte quoi. Est-ce grave ? Non, c’est beau. Car, ici, l’en­va­his­se­ment de ter­rain est un dé­bor­de­ment de joie, une com­mu­nion entre les sup­por­ters et leurs joueurs, ce groupe qui a su don­ner en­vie de l’ai­mer, de le porter toute une sai­son. Et oui, au bout de quelques mi­nutes, les spec­ta­teurs se rangent bien sa­ge­ment pour lais­ser le staff dé­plier les bâches qui pro­té­ge­ront la pe­louse, et per­mettre la cé­lé­bra­tion of­fi­cielle. Ici, c’est Brest. On fait ce qu’on veut, mais on res­pecte la fête.

Cette scène res­te­ra comme l’une des plus folles, des plus belles de la soi­rée. Très vite, le feu d’ar­ti­fice et la mu­sique ac­com­pa­gne­ront les em­bras­sades, les cris de joie, les chants de vic­toire. Ceux de l’équipe, fière d’un par­cours de roi. Et ceux des sup­por­ters, telle cette femme en larmes aux cô­tés de joueurs qu’elle n’en fi­nit pas de re­mer­cier. Le Blé, à cette heure-là, comme l’Are­na à l’autre bout de la ville, est une bulle ar­ra­chée à la réa­li­té, qui rap­pelle pour­quoi le foot, mal­gré toutes ses dé­rives, reste le sport po­pu­laire par ex­cel­lence, avec sa co­horte d’émo­tions fortes.

Ils chantent sous la pluie

Alors qu’on ima­gi­nait un ras­sem­ble­ment spon­ta­né du cô­té de la place de la Li­ber­té, le coeur de la fête ne quitte pas la route de Quim­per. Au Pe­nal­ty, ga­gner le comp­toir de­vient un geste plus in­croyable qu’un ci­seau de Yoann Court qui fi­nit au fond des fi­lets. Les fu­mi­gènes n’en fi­nissent plus de cra­quer, les Guin­gam­pais d’être raillés. Denis Le Saint tente une per­cée vers le bar, fi­nit par renoncer. Qu’im­porte, il a gagné sa tour­née de chants à sa gloire, au rythme des « Pré­sident, pré­sident, pré­sident ». Bien­tôt, c’est au tour des joueurs Gau­tier Lar­son­neur, en ca­le­çon, et Ha­ris Bel­ke­bla, fu­mi­gène en main, de grim­per sur des pou­belles pour chan­ter avec la foule, re­joints par Pa­ki­to, pa­tron des Ul­tras bres­tois sur le dé­part. Le match est fi­ni de­puis près de trois heures, la pluie conti­nue de tom­ber, mais per­sonne ne veut en­core quit­ter ce bout de trot­toir…

« Mon­sieur Jean-Marc… »

À quelques di­zaines de mètres de là, le club, ses par­te­naires, les in­vi­tés et ceux qui ont réus­si à se fau­fi­ler pro­longent la fête au gym­nase Fou­cault, trans­for­mé en bis­trot géant. Fur­lan est le plus re­cher­ché par les sup­por­ters. Tel ce qua­dra qui tente le coup : « Mon­sieur Jean-Marc, qu’est-ce qu’on peut faire pour vous re­te­nir à Brest ? ». « Rien », ré­pon­dra le coach. « On a vé­cu une fu­sion ex­tra­or­di­naire ici, avec la ville, le pu­blic. Mais pas avec mes di­ri­geants ». Cer­tains joueurs choi­sissent main­te­nant de par­tir en dis­co­thèque toute la nuit pour pro­lon­ger la fête, qui dé­sor­mais ré­sonne aux quatre coins de la ville. En boîte, par mo­ments, la mu­sique s’éteint pour lais­ser chan­ter les dan­seurs. « On est en Ligue1 ». Ça fait peut-être un peu mal au crâne, mais, oui, on y est !

Le Té­lé­gramme / Thierry Di­las­ser

La folie s'est em­pa­rée du stade Francis-Le Blé, dès le coup de sif­flet fi­nal.

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