Gour­ven­nec ne lâche rien

Le Télégramme - Carhaix - - FOOTBALL - M. H.

Le sport se rit par­fois des pro­phé­ties, des sta­tis­tiques et des lo­giques faus­se­ment im­pla­cables. En dé­pit du re­tard comp­table et consé­quent qui grève son équipe et de pres­ta­tions, no­tam­ment sur le plan of­fen­sif, qui n’in­vitent pas à l’op­ti­misme, l’en­traî­neur de Guin­gamp, Jo­ce­lyn Gour­ven­nec, conti­nue de mobiliser ses troupes au­tour d’un dis­cours pug­nace. Les scé­na­rios de la se­maine en Ligue des cham­pions ont ap­por­té de l’eau à son mou­lin, for­ti­fiant ses convic­tions et ac­cré­di­tant se­lon lui l’hy­po­thèse d’un in­croyable ren­ver­se­ment de si­tua­tion. Une si­tua­tion qui s’est em­pi­rée sa­me­di soir, avec les vic­toires de ses ri­vaux caen­nais et di­jon­nais (lire page 3).

Ir­ra­tio­na­li­té

« Tout est pos­sible, il y a des exemples en per­ma­nence, as­sène l’en­traî­neur guin­gam­pais. C’est vrai dans tous les sports : le hand, le bas­ket, le rug­by, le ten­nis. Des joueurs qui, du jour au len­de­main, on ne sait pas trop pour­quoi, ac­cu­mu­laient les dé­faites et se re­mettent su­bi­te­ment à tout ga­gner. Il y a par­fois des élé­ments de ré­ponse, du concret. Et par­fois il y a une part d’ir­ra­tion­nel qui est liée au sport, qu’on a du mal à ex­pli­quer. Comment Bar­ce­lone peut perdre pied à ce point dans un match re­tour à Li­ver­pool ? Comment l’Ajax ar­rive à lais­ser échap­per la ren­contre à la der­nière se­conde face à Tot­ten­ham ? C’est par­fois in­com­pré­hen­sible mais c’est pour­tant bien réel ». Un dis­cours of­fen­sif au che­vet d’un groupe es­so­ré sur le plan men­tal et mar­ty­ri­sé par une sai­son des­truc­trice. Alors, l’an­cien Bor­de­lais s’ac­croche à la barre d’un na­vire que la mer conti­nue de se­couer, ten­tant de main­te­nir son équi­page à flot contre vents et ma­rées.

Sup­plé­ment d’âme

« Quand je suis ar­ri­vé mi-no­vembre, la si­tua­tion psy­cho­lo­gique de l’en­semble du groupe, et pas uni­que­ment celle des joueurs, était dé­sas­treuse, re­con­naît Gour­ven­nec. Parce que ça faisait dé­jà cinq mois qu’ils lut­taient. De­puis mon pre­mier jour ici, je me bats face à la fa­ta­li­té. C’est un tra­vail quo­ti­dien de faire sans ar­rêt le tam­pon entre le groupe et le né­ga­tif qu’il y a au­tour de lui. Je sa­vais que j’al­lais avoir cette mis­sion à me­ner ici dès mon pre­mier jour. Et j’y suis en­core, il reste trois matchs de cham­pion­nat et je l’es­père deux matchs de bar­rage. Il ne faut pas s’ar­rê­ter, c’est un tra­vail d’ab­né­ga­tion de ne pas lâ­cher là-des­sus, de ten­ter un maxi­mum de choses sur la ges­tion psy­cho­lo­gique du groupe ».

D’où l’ap­pel « au sup­plé­ment d’âme, à cette force, cet élé­ment sup­plé­men­taire pour al­ler cher­cher le main­tien ». Cette pe­tite chose ma­gni­fique qui leur a si sou­vent man­qué, jus­qu’ici, lors des prin­ci­paux tour­nants de la sai­son.

Ni­co­las Créach

« Tout est pos­sible, il y a des exemples en per­ma­nence », avance Jo­ce­lyn Gour­ven­nec, qui croit au re­vi­re­ment de si­tua­tion.Photo

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