De fu­turs can­di­dats dé­mar­chés dans la rue

Le Télégramme - Carhaix - - FRANCE -

Avec d’im­por­tants contin­gents de dé­parts à la retraite et la pro­messe de 7 500 créa­tions de postes d’ici à 2022, la Po­lice na­tio­nale doit faire face à un in­édit dé­fi de res­sources hu­maines et cherche à élar­gir son vi­vier de re­cru­te­ment en dé­mar­chant les jeunes jusque dans la rue.

« J’avais ja­mais eu l’idée. C’est pas mal mais ça a l’air un peu dan­ge­reux. » The­vaa­kas, 18 ans, qui étu­die la comp­ta­bi­li­té, et son ca­ma­rade An­ge­lo n’avaient pas spé­cia­le­ment pré­vu de pas­ser une par­tie de leur pause dé­jeu­ner à dé­cou­vrir les mé­rites du Raid ou de la po­lice tech­nique et scien­ti­fique (PTS). Ven­dre­di, la Po­lice na­tio­nale avait pris ses quar­tiers place de la Ré­pu­blique, à Paris, afin de pré­sen­ter ses mé­tiers et s’ou­vrir au pu­blic dans un contexte ac­tuel pas fran­che­ment évident pour l’ins­ti­tu­tion, sur fond de gilets jaunes et de crise des sui­cides. « On peut rê­ver mieux comme am­biance », concède le di­rec­teur gé­né­ral de la Po­lice na­tio­nale, Éric Mor­van. « Le main­tien de l’ordre au­quel est contrainte la Po­lice na­tio­nale de­puis plu­sieurs mois n’est pas un contexte par­ti­cu­liè­re­ment fa­vo­rable, mais la Po­lice na­tio­nale, ça n’est pas que le main­tien de l’ordre », ex­pose le pa­tron des po­li­ciers, convain­cu que son ins­ti­tu­tion conserve une image « po­si­tive » dans la po­pu­la­tion.

Ef­fec­tifs re­par­tis à la hausse

Ins­tal­lé pour la jour­née sur l’em­blé­ma­tique place pa­ri­sienne, « l’évé­nement », avec si­mu­la­tion vir­tuelle, scène de crime, en­quê­teurs et même bri­gade an­ti-cri­mi­na­li­té se dé­pla­ce­ra, dans le cou­rant du mois de mai, dans 13 autres grandes villes fran­çaises. L’en­jeu est de mettre en lu­mière les dif­fé­rentes fa­cettes des mé­tiers po­li­ciers et d’at­ti­rer un (jeune) pu­blic pas tou­jours au fait de ces réalités, à l’heure où la po­lice doit en­core re­cru­ter 3 500 nou­veaux gar­diens de la paix en 2019, après en avoir dé­jà re­cru­té quelque 6 000 en 2018. Des chiffres re­cords. De fait, après avoir connu une baisse dras­tique entre 2007 et 2014, les ef­fec­tifs des forces de sé­cu­ri­té sont re­par­tis à la hausse sous les quin­quen­nats Hol­lande et Ma­cron. Fin 2019, ils au­ront re­trou­vé leur ni­veau de 2007, se­lon la DGPN.

Si la po­lice, qui est en concur­rence avec d’autres gros re­cru­teurs de l’État sur les mé­tiers ré­ga­liens, comme les ar­mées ou la gen­dar­me­rie, es­time ne pas avoir de pro­blème de « quan­ti­té » avec entre 20 000 et 25 000 can­di­dats par concours, elle in­siste, en re­vanche, sur la qua­li­té des can­di­dats et pos­sibles fu­turs re­çus. « Il s’agit d’avoir de jeunes gar­diens de la paix qui soient mo­ti­vés, qui sachent exac­te­ment quels se­ront leurs engagements car de­ve­nir po­li­cier, ce n’est pas em­bras­ser n’im­porte quelle car­rière », ex­pose Éric Mor­van.

Photo d’ar­chives Fran­çois Des­toc

La po­lice doit en­core re­cru­ter 3 500 nou­veaux gar­diens de la paix en 2019, après en avoir dé­jà re­cru­té quelque 6 000 en 2018.

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