Les mé­tiers à l’heure du nu­mé­rique

Avec l’avè­ne­ment du ecom­merce et l’ar­ri­vée d’ou­tils tou­jours plus poin­tus pour pi­lo­ter les flux d’in­for­ma­tion et de mar­chan­dises en temps réel, les mé­tiers de la lo­gis­tique et du trans­port sont en ré­vo­lu­tion per­ma­nente.

Le Télégramme - Carhaix - - EMPLOI - Jean-Marc Le Droff

« La mon­tée en puis­sance du e-commerce change ra­di­ca­le­ment tous les pro­ces­sus de distribution », in­dique Ju­lien Raud, le res­pon­sable de l’an­tenne bre­tonne de l’AETL, une as­so­cia­tion qui réunit les ac­teurs pro­fes­sion­nels, élèves et étu­diants des trans­ports et de la lo­gis­tique. « Au­jourd’hui, les clients veulent tout, tout de suite, et sa­voir en temps réel où en est leur com­mande. De­puis l’usine de pro­duc­tion jus­qu’au client fi­nal, en pas­sant par les dif­fé­rentes pla­te­formes lo­gis­tiques, le be­soin d’in­for­ma­tion est de­ve­nu co­los­sal ! ».

Double-cas­quette ap­pré­ciée

Une ré­vo­lu­tion nu­mé­rique se dé­roule aus­si dans le domaine du trans­port rou­tier, un sec­teur dont la ren­ta­bi­li­té reste faible, mais où l’ar­ri­vée de nou­veaux ou­tils de géo­lo­ca­li­sa­tion ou de sui­vi de consom­ma­tion de car­bu­rant per­met de mi­ni­mi­ser les charges. Au point qu’au­jourd’hui, « la plu­part des so­cié­tés de trans­port ou de lo­gis­tique in­tègrent des dé­ve­lop­peurs in­for­ma­tiques et des chefs de pro­jets pour conce­voir de nou­veaux ou­tils et gé­rer les don­nées. Et à l’heure où les en­tre­pôts sont de plus en plus au­to­ma­ti­sés, les res­pon­sables lo­gis­tique doivent eux aus­si être poin­tus en in­for­ma­tique », re­prend Ju­lien Raud. « Au­jourd’hui, les en­tre­prises re­crutent à tous les ni­veaux, du pré­pa­ra­teur de com­mande au ma­na­ger de la sup­ply chain en pas­sant par des res­pon­sables lo­gis­tique ou des fonc­tions trans­verses comme chef de pro­jet. Et elles sont évi­dem­ment friandes de pro­fils qui ont une sen­si­bi­li­té pour les nou­velles tech­no­lo­gies ou dis­posent d’une double com­pé­tence, qu’ils aient sui­vi un cur­sus in­for­ma­tique avant de se spé­cia­li­ser dans les mé­tiers de la lo­gis­tique ou qu’ils aient com­men­cé par se for­mer aux mé­tiers de la lo­gis­tique pour en­suite se spé­cia­li­ser en in­for­ma­tique. »

Nou­veaux usages nou­veaux be­soins

Un avis par­ta­gé par Ca­ro­line Le Bo­zec, res­pon­sable pé­da­go­gique de la li­cence pro Lo­gis­tique et Pi­lo­tage des Flux, à l’IUT de Quim­per. « Au­jourd’hui, les flux d’in­for­ma­tion de­viennent aus­si cri­tiques que les flux de mar­chan­dises », es­time-t-elle. « Ce­la ne veut pas for­cé­ment dire qu’on a uni­que­ment be­soin de lo­gis­ti­ciens-in­for­ma­ti­ciens, mais que les lo­gis­ti­ciens doivent être au fait des nou­veaux ou­tils. Plu­tôt que de nou­veaux mé­tiers, je par­le­rais d’ailleurs de nou­veaux usages. Par exemple, des pro­fes­sions comme celle de pla­ni­fi­ca­teur, qui ont tou­jours existé, sont au­jourd’hui de­ve­nues es­sen­tielles pour adap­ter en temps réel les flux de pro­duc­tion et les stocks aux de­mandes des clients. Pour y par­ve­nir, ils ont be­soin de tout un flot d’in­for­ma­tions qui né­ces­sitent bien évi­dem­ment une bonne maî­trise des ou­tils in­for­ma­tiques. »

Autre exemple : « De nos jours, les pré­pa­ra­teurs de com­mande, sur les pla­te­formes no­tam­ment, ont ten­dance à de­ve­nir des pi­lotes de ro­bots car les ac­ti­vi­tés de pi­cking, qui ont une faible va­leur ajou­tée, sont for­te­ment au­to­ma­ti­sées… Et bien en­ten­du, toute cette trans­for­ma­tion nu­mé­rique crée éga­le­ment de nou­veaux be­soins, no­tam­ment en ma­tière de sé­cu­ri­sa­tion des flux d’in­for­ma­tion », conclut Ca­ro­line Le Bo­zec

Photo Claude Prigent

Ci-des­sus la so­cié­té C-Log, fi­liale lo­gis­tique du groupe de distribution Beau­ma­noir.

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