Plus de 350 par­tants ce lun­di

Le Télégramme - Carhaix - - QUIMPER - Ro­nan Lar­vor

Une cin­quan­taine d’équipes ins­crites, plus de 350 par­ti­ci­pants : les comp­teurs de Ker­na­ve­lo pour le deuxième chal­lenge « À vé­lo au bou­lot » sont dé­jà au vert. L’en­goue­ment quim­pé­rois pour l’opé­ra­tion est illus­tré par trois té­moi­gnages qui montrent la route à suivre, de ce lun­di au 14 juin pro­chain.

« Quand on par­tait de bon ma­tin. Quand on par­tait sur les che­mins. À bi­cy­clette. Nous étions quelques bons co­pains. Y avait Fer­nand y avait Fir­min. Y avait Francis et Sé­bas­tien. Et puis Pau­lette… ». Qui ne s’est pas sen­ti trans­por­té par la ri­tour­nelle im­mor­ta­li­sée par Yves Mon­tand ? Une chan­son qui vaut au­tant pour sa poé­sie que pour les images lé­gères qu’elle sug­gère. C’est un des ar­gu­ments du chal­lenge « À vé­lo au bou­lot », re­pris par une des cin­quante équipes en­ga­gées. Elle s’ap­pelle « Et puis Pau­lette ». On peut re­joindre le groupe à une seule condi­tion : connaître les pa­roles de la chan­son « À bi­cy­clette », que l’on de­vrait donc en­tendre lors de la re­mise des prix du chal­lenge qui ouvre ce lun­di.

L’idée en re­vient à Isabelle La­noë, moteur (élec­trique) du groupe. « J’ai tou­jours fait du vé­lo, dit cette avo­cate de mé­tier. Peu à peu, je me suis ha­bi­tuée à prendre le vé­lo pour al­ler au tra­vail. C’était as­sez fa­cile. J’ha­bite au et je tra­vaille à Créac’h-Gwen. Quand le chal­lenge a été créé l’an pas­sé, j’ai réuni des co­pines pour créer le groupe “Les filles à vé­lo”. Nous étions une di­zaine, dont cer­taines qui s’étaient ins­crites sans que nous les connais­sions. Nous nous sommes prises au jeu du dé­fi. En­suite, j’ai conti­nué à prendre le vé­lo de temps en temps, en sep­tembre, oc­tobre, en hi­ver quand la mé­téo le per­met­tait. Cette an­née, nous avons créé une nou­velle équipe, qui est mixte cette fois. Nous sommes dé­jà une di­zaine. Nous es­pé­rons faire le maxi­mum de ki­lo­mètres et on peut tou­jours nous re­joindre ».

« On a chan­gé nos ha­bi­tudes »

Tony Jou­bert est chef de pro­jet chez He­ma, so­cié­té de fa­bri­ca­tion de ma­chines de condi­tion­ne­ment pour l’in­dus­trie agroa­li­men­taire, si­tuée entre Ke­ra­den­nec et Ty Douar à Quim­per. L’an pas­sé, il a créé une équipe dans l’en­tre­prise. « Sur la cen­taine une quin­zaine se sont ins­crits, ex­plique-t-il. La moi­tié du groupe a pris son vé­lo qua­si­ment tous les jours pour ve­nir au tra­vail. Un seul uti­li­sait le vé­lo pour ve­nir au tra­vail jus­qu’alors. Il y a eu un grand bras­sage de par­ti­ci­pants : au­tant d’hommes que de femmes, des ou­vriers, des cadres, des com­mer­ciaux. Cha­cun ve­nait tout seul de son cô­té, sans contrainte. Cer­tains ont loué des vé­los élec­triques de la ville. Moi-même j’ha­bite à 2,3 km du site. Mais comme je rentre à mi­di, ce­la faisait une di­zaine de ki­lo­mètres par jour. Pen­dant le dé­fi, cer­tains col­lègues ve­naient de Pont-l’Ab­bé deux ou trois fois par se­maine. Ils devaient se dou­cher et se chan­ger à l’ar­ri­vée. Suite à ce chal­lenge, des gens ont vrai­ment chan­gé leurs ha­bi­tudes. Cer­tains ont ache­té un vé­lo élec­trique pour leur dé­pla­ce­ment quo­ti­dien. Il y a eu un dé­clic. C’est de­ve­nu une évi­dence. Alors qu’il y a deux ans, il y avait un seul vé­lo sur le par­king, on en voit au­jourd’hui qua­centre-ville tre ou cinq quelle que soit la sai­son ». L’an pas­sé, l’équipe He­ma avait ter­mi­né deuxième du chal­lenge avec 291 points der­rière le Centre hos­pi­ta­lier (445) et de­vant le con­seil dé­par­te­men­tal (290). « Nous re­par­tons pour le chal­lenge ce lun­di avec en­core une quin­zaine de par­ti­ci­pants ».

« Le vé­lo élec­trique c’est l’ave­nir »

Pa­trick Tro­glia est lui un cy­cliste as­si­du. « J’ai dé­cou­vert le vé­lo à Paris où j’ai vé­cu 17 ans, dit-il. Je me suis ins­tal­lé à Quim­per il y a deux ans. J’ai été agréa­ble­ment sur­pris. Le com­por­te­ment des gens est beau­coup plus res­pec­tueux qu’à Paris. La co­ha­bi­ta­tion est plus fa­cile ».

Pa­trick Tro­glia, en­sei­gnant au ly­cée Chap­tal, re­ven­dique un usage « uti­li­taire » du vé­lo. « Je viens tous les jours au tra­vail quel que soit le temps. Avant j’ha­bi­tais Plu­guf­fan, au­jourd’hui près de l’hô­pi­tal. Il y a juste la côte du Fru­gy à gé­rer ». À son ar­rid’em­ployés, vée à Quim­per, l’en­sei­gnant a adhé­ré à l’as­so­cia­tion Ker­na­ve­lo et a com­men­cé à porter la bonne pa­role au ly­cée Chap­tal. « Il n’y avait pas de par­king à vé­lo à mon ar­ri­vée. La di­rec­tion en a créé un et il va bien­tôt être agran­di car il est sou­vent plein, se fé­li­cite-til. Le chal­lenge “À vé­lo au bou­lot” a été une oc­ca­sion de par­ler du vé­lo au­tre­ment. J’ai sen­ti qu’il y avait beau­coup d’en­vie de fran­chir le pas. Il y a dé­jà quelques col­lègues qui viennent deux ou trois fois par se­maine de Pont-l’Ab­bé. L’an pas­sé, une pe­tite di­zaine de per­sonnes ont par­ti­ci­pé au chal­lenge dans l’équipe, dont deux étu­diants. Cette an­née, nous se­rons plus nom­breux. Au dé­but je ne croyais pas au vé­lo élec­trique, au­jourd’hui je me dis que c’est l’ave­nir. Au Pays-Bas, un pays pour­tant plat, 80 % des vé­los ven­dus en 2018 étaient élec­triques. C’est une pra­tique qui est plus bé­né­fique que le vé­lo simple no­tam­ment pour les per­sonnes âgées ».

Pa­trick Tro­glia, en­sei­gnant à Chap­tal, et Jus­tine Pe­tit, une de ses étu­diantes par­tantes pour « À vé­lo au bou­lot ». Le chal­lenge, or­ga­ni­sé pour la deuxième an­née, vise à faire tes­ter le vé­lo comme mode de dé­pla­ce­ment pour se rendre au tra­vail au plus grand nombre de per­sonnes de l’ag­glo­mé­ra­tion.

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