Ha­tem Ben Ar­fa, rock star sur le dé­part

Le Télégramme - Carhaix - - FOOTBALL - David Thomas

Comme avec Nice, l’aven­ture d’Ha­tem Ben Ar­fa en Rouge et Noir n’au­ra, sans doute, du­ré qu’un an à Rennes. Sans an­non­cer clai­re­ment son dé­part, le me­neur a fait pas­ser son mes­sage, di­manche après le nul face à Guin­gamp (1-1). Après ne pas avoir pris de plai­sir et avoir été hué à sa sor­tie.

Ha­tem Ben Ar­fa a, sans doute, dis­pu­té di­manche face à l’En Avant Guin­gamp (1-1) son an­té­pénul­tième match avec le Stade Ren­nais. Au­teur d’une sor­tie très moyenne face au der­nier de L1, le me­neur de jeu est sor­ti sous les sif­flets (86’). Avant de se pré­sen­ter de­vant les mé­dias.

Et, à l’ins­tar de sa pres­ta­tion, il n’a pas drib­blé ses in­ter­lo­cu­teurs, ta­pant d’en­trée sur les consignes de son… coach, Ju­lien Ste­phan.

« Les sif­flets ? Je ne peux que leur dire : Mer­ci »

« Si tu veux pas­ser un cap et conti­nuer à pro­gres­ser, tu ne peux pas te per­mettre d’avoir cet état d’es­prit pour al­ler jouer les matchs. Ça ne sert à rien de ren­trer dans les dé­tails… Mais il faut se re­gar­der droit dans les yeux… On n’est pas 13e pour rien. La qua­li­té des joueurs, on l’a mon­trée sur des matchs, l’état d’es­prit était là sur les matchs eu­ro­péens, sur la Coupe de France. Mais, en cham­pion­nat… », livre l’ex-Lyon­nais. Avant de com­men­ter, avec iro­nie et amer­tume, les sif­flets qui ont ac­com­pa­gné son re­tour vers le banc. « Après tout ce qu’on a fait, je ne peux que leur dire : Mer­ci… Le groupe, tout comme moi, on a mon­tré beau­coup de choses cette an­née. Ça faisait 48 ans qu’ils n’avaient pas gagné une coupe. Ils n’avaient ja­mais vé­cu d’aven­ture eu­ro­péenne comme ça, alors, je ne peux que leur dire mer­ci… », livre ce­lui qui a été pré­sen­té le 2 sep­tembre der­nier en rock star dans un Roaz­hon Park en fu­sion, ce­lui qui a en­suite été ova­tion­né après son but le 20 sep­tembre en Ligue Eu­ro­pa face à Ja­blo­nec (2-1) et en­core por­té aux nues après ses pres­ta­tions vi­re­vol­tantes en­core face à Séville et Ar­se­nal.

Vo­lon­té d’ailleurs

Avec un tel res­sen­ti af­fi­ché, l’évo­ca­tion de son ave­nir a été du même aca­bit. Sans dribbles. « Ces matchs-là per­mettent d’avan­cer dans mon che­mi­ne­ment : je suis orien­té par le jeu et ce qu’on nous pro­pose ici, c’est li­mi­té quand même ni­veau jeu… Et quand on se fait sif­fler, ça joue aus­si. Une dé­ci­sion, c’est tout un contexte. Mon che­mi­ne­ment avance de jour en jour. Je n’ai pas pris de plai­sir au­jourd’hui et quand vous êtes gui­dés par ça… J’en ai dit beau­coup je pense… », avance le par­tant (9 buts, 5 passes), qui avait dé­jà in­for­mé le ves­tiaire de sa vo­lon­té d’ailleurs il y a quelques temps. Ar­ri­vé libre, après une cour de plu­sieurs mois du pré­sident Oli­vier Lé­tang, Ben Ar­fa ne se­ra plus Ren­nais la sai­son pro­chaine. Il dis­po­sait d’une an­née op­tion­nelle… Le club s’y at­ten­dait…

Les larmes du Stade de France après la vic­toire en Coupe de France, pa­raissent dé­jà très loin. Mais an­crés dans les livres d’his­toire du Stade Ren­nais. Ben Ar­fa était ve­nu pour faire gran­dir Rennes. Per­sonne ne pour­ra dire qu’il n’y a pas contribué alors qu’une deuxième sai­son au­rait peut-être terni l’idole. Il a pré­fé­ré mettre lui-même fin à l’his­toire. Par un dribble de rock star.

AFP

Peu en vue face à Guin­gamp, Ha­tem Ben Ar­fa a frap­pé fort… contre son propre club face aux mé­dias après le match.Photo

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.