Michel Des­joyeaux : « Je vais vite et je m’amuse »

Le Télégramme - Carhaix - - VOILE - Re­cueilli par Aline Mer­ret

Ils étaient 16 sur la ligne de dé­part de la So­lo Con­car­neau, di­manche, dont un cer­tain Michel Des­joyeaux qui par­fait sa pré­pa­ra­tion à la So­li­taire Ur­go - Le Fi­ga­ro. Cette course est « une nou­velle oc­ca­sion de plus de na­vi­guer et de se confron­ter ». Le skip­per de « Lu­mi­bird » a aus­si bien l’in­ten­tion de se faire plai­sir. > Vous ve­nez de ter­mi­ner 35e de la So­lo Maître Coq, comment avez-vous vé­cu cette pre­mière en Fi­ga­ro 3 ?

(Sou­rire) Il y a plein de gens qui pensent que j’étais très très dé­çu. Et ils ont rai­son. J’étais très très très dé­çu. Mais la bonne nou­velle, c’est qu’il y a un su­per ni­veau et même des gens qui viennent d’autres cir­cuits et qui se dé­brouillent su­per bien. Ce n’est pas ras­su­rant pour les « de­mi-an­ciens », parce que ça veut dire qu’on n’a peu­têtre pas très bien tra­vaillé pen­dant quelque temps. Ou au contraire que c’est gé­nial parce que le ni­veau est ho­mo­gène et que quel­qu’un qui vient jouer, s’il n’est pas trop nouille, peut s’en sor­tir. Il n’y a pas que de la quan­ti­té mais il y a aus­si de la qua­li­té. Et les places sont chères. Je n’avais pas as­sez bos­sé. Je com­mence à trou­ver mes marques au ni­veau de la vi­tesse du ba­teau. Mais je ne suis en­core pas très as­si­du sur la pré­pa mé­téo et la « nav’» et j’étais à l’ouest complet. J’ai été trop gour­mand par né­gli­gence. Mais je vais vite et je m’amuse.

> Avez-vous en­core ap­pris sur cette So­lo Maître Coq ?

Oui, évi­dem­ment, j’ai ap­pris que les places étaient chères, que je pouvais al­ler vite. Parce qu’il y a cer­taines al­lures où je vais vite par rap­port à la flotte.

> Votre der­nière confron­ta­tion en so­li­taire en Fi­ga­ro re­monte à 2013. Qu’est-ce qui a chan­gé en plus du ba­teau ?

Je n’ai pas cou­ru de­puis 2015, il y a cer­tains ré­flexes qui s’éva­porent as­sez vite. Plus les nou­velles tech­no­lo­gies qui sont ap­pa­rues. J’aimais bien ça, mais avec les ou­tils de l’époque. Main­te­nant, si tu n’es pas de­vant ton or­di­na­teur à sur­veiller l’AIS, tu es un ri­go­lo. Dans toute évo­lu­tion, il y a du bon et du moins bon. Si tu passes ton temps à faire ça, ça te rend ser­vice mais tu te perds un peu de ton ba­teau. Je suis un peu d’une an­cienne école par rap­port à cer­tains jeunes qui sont férus de ça. Je trie et je gère mes prio­ri­tés. Ce qui est la force d’un so­li­taire, qui est un su­per artisan. Il gère plein de choses en même temps.

> Ça en­chaîne sur la So­lo Con­car­neau à moins de trois se­maines du dé­part de la So­li­taire Ur­go - Le Fi­ga­ro. Pour­quoi ve­nir sur cette épreuve ?

La ques­tion, c’est plu­tôt : pour­quoi les autres ne viennent pas ? C’est une oc­ca­sion de plus de na­vi­guer et de se confron­ter. Tout seul, tu es tou­jours cham­pion du monde. Tu peux t’en­traî­ner avec les autres, fussent-ils très bons, c’est le cas au centre d’en­traî­ne­ment. C’est en course que tu te confrontes, c’est en course que les ba­teaux sont en confi­gu­ra­tion avec les bonnes voiles, avec les gars qui se donnent pour ma­tos­ser au plus juste. Et c’est là que tu sais si tu es dans le coup ou pas. Je n’ai pas pu al­ler faire la Sar­din­ha Cup, je viens ici. Je m’en sors pas trop mal parce qu’il y a suf­fi­sam­ment de bons. Et c’est un ter­rain de jeu que je connais.

> Vous êtes-vous po­sé des ob­jec­tifs sur cette So­lo Con­car­neau ?

J’y vais sans pres­sion. Mais ça n’em­pêche que je suis en­thou­siaste, j’étais là à bri­co­ler jus­qu’à 20 h 30. J’ai en­core deux-trois pe­tites choses à amé­lio­rer sur le ba­teau. Je ne suis pas si mal que ça au ni­veau pré­pa tech­nique. Il y a des choses que j’ai faites dès le dé­but et qui ne sont pas ré­glées chez cer­tains. Comme quoi l’ex­pé­rience, dans un sport mé­ca­nique, même sur des ba­teaux mo­no­types, reste un truc utile qui te fait ga­gner du temps et qui te per­met d’al­ler na­vi­guer plus vite.

Photo Aline Mer­ret

Michel Des­joyeaux est sur cette So­lo Con­car­neau avec l’idée de conti­nuer à prendre en mains son Fi­ga­ro.

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