30 CLI­NIQUES BRE­TONNES ONT DIS­PA­RU EN 20 ANS

Le Télégramme - Carhaix - - LA UNE - Jacques Chan­teau

Alors qu’il y avait en­core une soixan­taine de cli­niques en Bre­tagne à la fin des an­nées 90, il n’en reste plus que trente au­jourd’hui. Une di­mi­nu­tion due à des fu­sions d’éta­blis­se­ments, sou­vent ef­fec­tuées par des groupes de san­té pri­vés ou mu­tua­listes. Mais ce phé­no­mène de concen­tra­tion touche à sa fin.

À Lan­der­neau, l’ins­ti­tut de ré­adap­ta­tion du Cap Horn ac­cueille ses pre­miers pa­tients. Un éta­blis­se­ment is­su de la fu­sion de deux cli­niques : Ker­lé­na, à Ros­coff, et L’Elorn, à Lan­der­neau. Ce genre de fu­sion s’est mul­ti­plié dans notre ré­gion, tout comme le ra­chat des cli­niques par des groupes de san­té pri­vés ou mu­tua­listes. Consé­quence : le nombre de cli­niques a été, de­puis une ving­taine d’an­nées, di­vi­sé par deux en Bre­tagne. Un phé­no­mène qui touche dé­sor­mais à sa fin.

Au­jourd’hui, la Bre­tagne ne compte plus que 30 éta­blis­se­ments de san­té pri­vés à but lu­cra­tif (cli­niques et hô­pi­taux pri­vés), alors qu’il y en avait une soixan­taine dans les an­nées 19801990. À ce jour, il reste une seule cli­nique in­dé­pen­dante dans la ré­gion : celle de l’Océan à Quim­per.

À Ros­coff, la cli­nique de Ker­lé­na vient donc de fer­mer ses portes. Ses ac­ti­vi­tés sont dé­sor­mais re­grou­pées avec celles de la cli­nique lan­der­néenne de L’Elorn. Un re­grou­pe­ment ef­fec­tif dans un bâ­ti­ment flam­bant neuf de 200 lits et bap­ti­sé le Cap Horn. Mon­tant du chan­tier : 25 mil­lions d’eu­ros.

« Évi­ter un plan so­cial »

Ces der­nières an­nées, bon nombre de cli­niques bre­tonnes ont ain­si fu­sion­né, tan­dis que d’autres ont été ra­che­comme à Mor­laix, où le centre mé­di­co-chi­rur­gi­cal (CMC) de la Baie a re­joint, il y a deux ans, Vi­val­to San­té, troi­sième groupe de l’hos­pi­ta­li­sa­tion pri­vée en France. Les pro­prié­taires du CMC avaient ain­si cé­dé leur éta­blis­se­ment pour plu­sieurs rai­sons : des ac­tion­naires vieillis­sants, des jeunes pra­ti­ciens moins in­té­res­sés pour in­ves­tir dans les parts so­ciales et des contraintes tech­niques de plus en plus lourdes.

D’autres exemples de re­grou­pe­ments sont lé­gion en Bre­tagne. À Ploe­meur, près de Lo­rient, la cli­nique du Ter (160 sa­la­riés), confron­tée à des dif­fi­cul­tés fi­nan­cières, vient d’être re­prise par le Groupe hos­pi­ta­lier Bre­tagne sud (GHBS).

Au mois de jan­vier 2016, à Plérin (22), près de Saint-Brieuc, l’hô­pi­tal pri­vé des Côtes-d’Ar­mor a ou­vert ses portes à la suite du re­grou­pe­ment de quatre éta­blis­se­ments brio­chins : La Po­ly­cli­nique du lit­to­ral, la cli­nique Sainte-Jeanne d’Arc, la Cli­nique Ar­mo­ri­caine de Ra­dio­lo­gie et la cli­nique de la Gare. À Brest, le centre hos­pi­ta­lier pri­vé bres­tois (CHPB) re­groupe dé­sor­mais les cli­niques de Ké­rau­dren, de Pas­teur et du Grand Large.

« Des éta­blis­se­ments de taille im­por­tante »

« Des cli­niques ont dis­pa­ru là où il y avait dé­jà une offre pu­blique et pri­vée sur un ter­ri­toire où la po­pu­la­tion di­mi­nuait et où la pré­sence d’éta­blis­se­ments pri­vés ne se jus­ti­fiait pas comme à Fou­gères (35) ou à Guin­gamp (22) », ex­plique Ni­co­las Biou­lou, pré­sident de la Fé­dé­ra­tion de l’hos­pi­ta­li­sa­tées tion pri­vée (FHP) de Bre­tagne. « Il faut aus­si sa­voir, pré­cise-t-il, que le mi­nis­tère de la San­té oblige dé­sor­mais les éta­blis­se­ments à avoir une taille im­por­tante ».

« Pu­re­ment éco­no­mique »

Pour ex­pli­quer ces fu­sions, Ni­co­las Biou­lou évoque éga­le­ment « une rai­son pu­re­ment éco­no­mique ». « Ces six der­nières an­nées, dit-il, les ta­rifs ont bais­sé de 6 à 9 % dans cer­tains sec­teurs d’ac­ti­vi­té et 46 % des éta­blis­se­ments se sont re­trou­vés dé­fi­ci­taires. Il y a donc eu un be­soin de se re­grou­per et de mu­tua­li­ser les équi­pe­ments pour ré­duire les coûts et re­trou­ver un équi­libre fi­nan­cier. La di­mi­nu­tion du nombre de mé­de­cins a aus­si en­traî­né un re­grou­pe­ment des éta­blis­se­ments pri­vés ». Au­jourd’hui, à l’ex­cep­tion de la cli­nique de l’Océan, à Quim­per, l’en­semble des cli­niques bre­tonnes ap­par­tiennent donc à des groupes pri­vés et mu­tua­listes.

« Le phé­no­mène de concen­tra­tion touche à sa fin »

Tou­jours à Quim­per, c’est en 2021 que de­vrait ou­vrir la fu­ture cli­nique du groupe mutualiste Hos­pi Grand Ouest (HGO). Un éta­blis­se­ment de 25 000 m² is­su, lui aus­si d’une fu­sion, celle de deux autres cli­niques pri­vées quim­pé­roises (370 sa­la­riés). Le pro­jet quim­pé­rois consti­tue sans doute le der­nier exemple de re­grou­pe­ment en Bre­tagne. « L’en­semble des grou­pe­ments a été fait, confirme le pré­sident de la FHP de Bre­tagne. Le phé­no­mène de concen­tra­tion touche à sa fin ».

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