Et si vous vous le­viez une heure plus tôt ?

Le Télégramme - Carhaix - - LA UNE -

Le concept de se le­ver une heure plus tôt que d’ha­bi­tude fait de plus en plus d’adeptes. Il y a ceux qui vont al­ler cou­rir, faire du yo­ga, seuls ou à plu­sieurs, pour at­ta­quer la jour­née de fa­çon dy­na­mique. D’autres, au contraire, vont re­gar­der le so­leil se le­ver, lire, mé­di­ter… Décryptage.

La mode du « le­ver tôt » re­pose sou­vent sur la no­tion que cha­cun peut de­ve­nir ma­ti­nal en dé­ci­dant de se cou­cher avec les poules. C’est en ef­fet une chose fa­cile pour les per­sonnes na­tu­rel­le­ment ma­ti­nales que des cher­cheurs de l’uni­ver­si­té du Texas, aux États-Unis, ont ap­pe­lé les « alouettes ». Ce­la n’est pas trop com­pli­qué pour les « co­li­bris » dont le som­meil oc­cupe le mi­lieu de la nuit. Mais c’est mis­sion impossible pour les « hi­boux », ces couche-tard qui ne par­viennent à trou­ver le som­meil que vers 1 h du ma­tin. Ces noms d’oi­seaux (mais il existe aus­si des clas­si­fi­ca­tions en « loups », « dau­phins » et « ours » se­lon d’autres tra­vaux qui s’in­té­ressent à la qua­li­té du som­meil) dé­si­gnent bien une réa­li­té scien­ti­fique.

Notre chro­no­type, ma­ti­nal ou tar­dif, est dé­ter­mi­né par la gé­né­tique, tout comme nos be­soins de som­meil, d’ailleurs. On ne choi­sit pas d’être un gros ou pe­tit dor­meur, du ma­tin ou du soir. Ch­ro­no­types et be­soins peuvent évo­luer se­lon les âges de la vie, de l’en­fance à la vieillesse, mais ils ne peuvent pas être igno­rés. Un oi­seau de nuit qui se lève tous les jours à 5 h 30 le ma­tin pour chan­ger sa vie prend sur­tout le risque de ne plus dor­mir suf­fi­sam­ment et de se créer une dette de som­meil.

Gare à la dette, né­faste pour la san­té

Pour les spé­cia­listes du som­meil, la prio­ri­té ac­tuelle n’est pas tant de se le­ver tôt ou tard que de nous re­con­nec­ter à notre rythme et à nos be­soins per­son­nels. Les Fran­çais ont per­du entre une heure et 1 heure 30 de som­meil en cin­quante ans se­lon le ba­ro­mètre de San­té Pu­blique France, pu­blié en mars der­nier. Même en in­cluant les jours de repos, le temps moyen que les adultes consacrent au som­meil est pas­sé en des­sous de sept heures par nuit. Cette dette de som­meil pèse sur le fonc­tion­ne­ment cé­ré­bral et les ap­pren­tis­sages, sur la san­té car­dio­vas­cu­laire, sur le risque d’ap­pa­ri­tion d’un dia­bète de type 2 ou d’un surpoids…

Le vrai pro­blème, c’est sur­tout que nos rythmes de vie, faits de longs trans­ports, de contraintes so­ciales ou fa­mi­liales, nous im­posent d’être du ma­tin et du soir. Et là, ça coince.

De­po­sit­pho­tos/Ele­na Elis­see­va

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