Po­li­ti­co-ro­man­tique

Belle sur­prise de voir Char­lize The­ron, la très chic égé­rie de Dior, s’im­po­ser aus­si ai­sé­ment dans la co­mé­die, un genre dans le­quel elle ne s’était pas vrai­ment in­ves­tie jus­qu’à au­jourd’hui…

Le Télégramme - Carhaix - - CINÉMA - Pas­cal Le Duff

Co­mé­die de Jo­na­than Le­vine, avec Char­lize The­ron, Seth Ro­gen, Bob Oden­kirk et Alexan­der Skarsgård.

Quand un jour­na­liste d’in­ves­ti­ga­tion, au chô­mage après un re­por­tage qui a fâ­ché le nou­veau pro­prié­taire de son jour­nal, ren­contre la plus jeune se­cré­taire d’État de l’His­toire des États-Unis, ce­la fait des étin­celles. En réa­li­té, il s’agit de re­trou­vailles pour le be­don­nant Fred Flars­ky et la su­blime Char­lotte Field, qui fut sa ba­by-sit­ter vingt­cinq ans plus tôt et pour la­quelle il avait le bé­guin. Bien­tôt can­di­date à l’élec­tion pré­si­den­tielle, elle lui pro­pose de tra­vailler pour elle et d’écrire ses dis­cours.

L’équipe de cam­pagne s’in­quiète de leur rap­pro­che­ment et ne mé­nage pas ce pré­ten­dant dé­braillé au franc-par­ler po­ten­tiel­le­ment em­bar­ras­sant. La com­pli­ci­té du couple nais­sant va se heur­ter à la pres­sion de la course à la Mai­son Blanche.

Op­po­si­tion de ca­rac­tère

Mal­gré le cadre ri­gide de sa fonc­tion et la force de ses propres convictions, Char­lotte est mon­trée comme fra­gile et ma­la­droite, ce qui per­met à l’hu­mour de s’im­po­ser ai­sé­ment. L’ac­trice vole ai­sé­ment la ve­dette au pour­tant ex­cellent Seth Ro­gen car elle nous sur­prend, dans un re­gistre loin de la guer­rière Fu­rio­sa de « Mad Max Fu­ry Road », alors que son par­te­naire (« Nos pires voi­sins ») est dans son élé­ment na­tu­rel.

Les gags s’en­chaînent as­sez promp­te­ment et re­posent sur leur op­po­si­tion de ca­rac­tère et leurs phy­siques contras­tés, même s’ils se re­joignent sur leur en­vie de re­gar­der le monde avec une vi­sion noble. De hautes as­pi­ra­tions qui n’em­pêchent pas les ins­tants in­con­grus, comme lorsque Fred se re­trouve à dé­grin­go­ler un es­ca­lier ou lorsque Char­lotte s’en­dort les yeux ou­verts.

Hu­mour un peu gra­ve­leux

Au-de­là de l’hu­mour et du ro­man­tisme cro­qui­gno­let dignes des meilleures co­mé­dies ro­man­tiques, ce qui dis­tingue celle-ci est sa di­men­sion adulte et po­li­tique. Pas seule­ment le com­bat éco­lo­gique de la can­di­date au bu­reau ovale mais sur­tout le pro­pos féministe met­tant en va­leur une femme qui ne sa­cri­fie en rien ses am­bi­tions pro­fes­sion­nelles à sa quête d’af­fec­tion.

Aux cô­tés de ce jo­li duo, on re­marque Bob Oden­kirk en ac­tuel lo­ca­taire de la Mai­son Blanche, qui pré­fère re­ve­nir à son an­cien mé­tier d’ac­teur (il est de­ve­nu po­pu­laire en pré­sident de sé­rie té­lé) que de bri­guer un nou­veau man­dat. Le sé­dui­sant Alexan­der Skarsgård est le Pre­mier mi­nistre ca­na­dien dra­gueur aux faux airs de Jus­tin Tru­deau, trop par­fait pour plaire à l’ico­no­claste Char­lotte.

L’hu­mour est par­fois un peu gra­ve­leux, avec quelques gags à conno­ta­tion ou­ver­te­ment sexuelle, mais le scé­na­rio s’in­té­resse sur­tout à mettre en va­leur une re­la­tion in­time adulte. Alors que le Fes­ti­val de Cannes vient de s’ou­vrir avec la co­mé­die de zom­bies « The Dead don’t die » et que l’at­ten­tion des ci­né­philes est dé­jà bra­quée sur la Croi­sette, il se­rait dom­mage de né­gli­ger un di­ver­tis­se­ment aus­si sym­pa­thique, qui tente sa chance cette se­maine sur nos écrans.

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