Chou­chou­tez votre mi­cro­biote

Le ren­for­ce­ment de notre sys­tème im­mu­ni­taire passe aus­si par ce­lui de notre mi­cro­biote in­tes­ti­nal. Coup de pro­jec­teur sur cet éco­sys­tème fra­gile.

Le Télégramme - Carhaix - - SENIORS -

Bac­té­ries, vi­rus, pa­ra­sites, cham­pi­gnons… Un mi­cro­biote cor­res­pond à l’en­semble des mi­cro-or­ga­nismes qui vivent dans un en­vi­ron­ne­ment spé­ci­fique. Dans notre corps, il existe ain­si dif­fé­rents mi­cro­biotes : ce­lui de la peau, de la bouche, du va­gin. Le plus connu et le plus im­por­tant reste le mi­cro­biote in­tes­ti­nal, aus­si ap­pe­lé flore in­tes­ti­nale. Lo­ca­li­sé prin­ci­pa­le­ment dans l’in­tes­tin grêle et le co­lon, il est com­po­sé de plus de 1 000 va­rié­tés de mi­cro-or­ga­nismes et pè­se­rait en­vi­ron 2 kg !

S’il a mis long­temps avant de se dé­voi­ler, le mi­cro­biote in­tes­ti­nal est au­jourd’hui de mieux en mieux connu. Il joue un rôle ma­jeur dans les fonc­tions di­ges­tive, mé­ta­bo­lique, im­mu­ni­taire et neu­ro­lo­gique.

C’est pour­quoi, comme le sou­ligne l’In­serm, « l’al­té­ra­tion qua­li­ta­tive et fonc­tion­nelle de la flore in­tes­ti­nale, est une piste sé­rieuse pour com­prendre l’ori­gine de cer­taines ma­la­dies, no­tam­ment celles sous-ten­dues par des mé­ca­nismes au­to-im­muns ou in­flam­ma­toires ». D’où l’im­por­tance de prendre soin de cet or­gane for­mé dès la nais­sance et qui évo­lue en­suite sous l’in­fluence de dif­fé­rents fac­teurs : ali­men­ta­tion, hy­giène de vie, en­vi­ron­ne­ment, trai­te­ments mé­di­caux… C’est ain­si qu’un trai­te­ment an­ti­bio­tique va ré­duire la qua­li­té et la quan­ti­té du mi­cro­biote pen­dant plu­sieurs jours, voire plu­sieurs se­maines.

Rôle de l’ali­men­ta­tion

Notre ali­men­ta­tion joue un rôle de pre­mier ordre dans la pré­ser­va­tion de ce mi­cro­biote in­tes­ti­nal. Mi­sez pour ce­la sur les fibres, pré­sentes dans les lé­gumes frais ou secs, les fruits et les cé­réales. D’après des tra­vaux réa­li­sés à l’Ins­ti­tut na­tio­nal de la re­cherche agro­no­mique (In­ra), « plus l’ap­port en fibres est grand et plus la di­ver­si­té et le nombre d’es­pèces de bac­té­ries sont im­por­tants. Le mi­cro­biote en est d’au­tant plus stable et équi­li­bré ». Les pro­bio­tiques contri­buent aus­si à pré­ser­ver et/ou à ré­ta­blir l’équi­libre de cet éco­sys­tème fra­gile. En pra­tique, il s’agit de bac­té­ries ou de le­vures, qui vont en quelque sorte ve­nir prê­ter main forte aux bac­té­ries du mi­cro­biote in­tes­ti­nal, dans le but no­tam­ment d’em­pê­cher la pro­li­fé­ra­tion des germes in­dé­si­rables. Les souches de pro­bio­tiques les plus ac­tives ap­par­tiennent aux genres Lac­to­ba­cil­lus ou Bi­fi­do­bac­te­rium. Le cas échéant, de­man­dez conseil à votre phar­ma­cien ou consul­tez un mé­de­cin spé­cia­li­sé en mi­cro­nu­tri­tion.

De­po­sit­pho­tos

La flore in­tes­ti­nale nous pro­tège : son équi­libre est es­sen­tiel.

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