Com­battre la dou­leur par le froid

Le Télégramme - Carhaix - - SENIORS - Des­ti­na­tion San­té

C’est la tech­nique an­ti­dou­leur ten­dance. De nom­breux centres pro­posent des séances de cryo­thé­ra­pie, au cours des­quelles le corps en­tier est ex­po­sé au froid. Quels sont les réels bé­né­fices de cette mé­thode ?

Et pour quel coût ? Existe-t-il des risques, des contre-in­di­ca­tions ?

Long­temps, la cryo­thé­ra­pie corps en­tier a été ré­ser­vée aux spor­tifs de haut ni­veau. Au­jourd’hui, sauf contrein­di­ca­tion mé­di­cale, tout le monde peut bé­né­fi­cier des ef­fets an­tal­giques et ré­cu­pé­ra­teurs du froid ex­trême. En 2009, l’In­sep (Ins­ti­tut na­tio­nal du sport, de l’ex­per­tise et de la per­for­mance) était la seule struc­ture per­met­tant au grand pu­blic de pro­fi­ter des bien­faits de la « cryo­thé­ra­pie corps en­tier » (CCE). Au­jourd’hui, on compte en France plu­sieurs di­zaines de centres équi­pés de cette tech­no­lo­gie, no­tam­ment des cli­niques et des tha­las­so­thé­ra­pies.

Une sen­sa­tion ex­trême

La mé­thode consiste à ex­po­ser le corps à une tem­pé­ra­ture com­prise entre -110 °C et -196 °C pen­dant 2 à 3 mi­nutes : c’est le temps né­ces­saire à l’or­ga­nisme pour déclencher des ré­ac­tions phy­sio­lo­giques de dé­fense. Le cer­veau com­mande la sé­cré­tion de mo­lé­cules an­ti-in­flam­ma­toires et d’en­dor­phines, le flux san­guin se mo­di­fie. Ré­sul­tats : les toxines s’éva­cuent plus vite et l’in­flam­ma­tion est at­té­nuée. D’où l’in­té­rêt de la cryo­thé­ra­pie corps en­tier pour les spor­tifs mais aus­si pour les per­sonnes stres­sées ou souf­frant de fi­bro­my­al­gies, de ma­la­dies rhu­ma­tis­males…

Ras­su­rez-vous : même si la sen­sa­tion de froid est in­dis­cu­table et les ex­tré­mi­tés re­froi­dies, la tem­pé­ra­ture cen­trale du corps reste stable. D’ailleurs, la séance doit res­ter confor­table, elle ne doit ja­mais être dou­lou­reuse. Le pa­tient peut de­man­der à l’opé­ra­teur su­per­vi­sant le pro­cé­dé de l’in­ter­rompre à tout mo­ment.

Des contre-in­di­ca­tions

Vous vou­lez tester ? Il vous fau­dra au préa­lable rem­plir un for­mu­laire at­tes­tant qu’il n’y a pas de contre-in­di­ca­tion. De­man­dez son aval à votre mé­de­cin pour une sé­cu­ri­té op­ti­male. Il existe en ef­fet de nom­breuses contre-in­di­ca­tions : des an­té­cé­dents car­dio­vas­cu­laires (ma­la­die de Ray­naud, hy­per­ten­sion, phlé­bite, in­farc­tus du myo­carde, port d’un pa­ce­ma­ker…), des an­té­cé­dents de pa­tho­lo­gie res­pi­ra­toire (bron­cho-pneu­mo­pa­thie, asthme), une hos­pi­ta­li­sa­tion ré­cente, l’épi­lep­sie, la gros­sesse, un ter­rain ato­pique au froid (al­ler­gie), un état fé­brile…

À no­ter : une séance coûte en moyenne 50 €. Ce n’est pas pris en charge par l’As­su­rance-ma­la­die, mais cer­taines mu­tuelles en rem­boursent une par­tie. Vous pou­vez retrouver la liste des lieux pro­po­sant des séances de cryo­thé­ra­pie sur www.cryo­me­di­ca.fr et sur www.cryo­jet­sys­tem-france.fr.

L’abla­tion par cryo­thé­ra­pie

Cer­taines ma­la­dies im­posent une abla­tion des zones at­teintes. C’est le cas par­fois dans la prise en charge de la fi­bril­la­tion atriale (un trouble du rythme car­diaque). Une abla­tion par cryo­thé­ra­pie peut être pro­po­sée. Cette tech­nique, ef­fi­cace dans 80 % des cas, est dite « mi­ni-invasive » et né­ces­site une courte hos­pi­ta­li­sa­tion.

En­fin dans la prise en charge du can­cer, si la chi­rur­gie reste le trai­te­ment de pre­mière in­ten­tion, la cryo­thé­ra­pie est de plus en plus uti­li­sée pour « conge­ler » la tu­meur. Se­lon le ré­seau CHU, « la cryo­thé­ra­pie per­met de trai­ter des tu­meurs plus vo­lu­mi­neuses avec moins de risques pour les struc­tures ana­to­miques avoi­si­nantes ». Par rap­port à la chi­rur­gie, ses bé­né­fices sont mul­tiples : temps d’hos­pi­ta­li­sa­tion ré­duit, di­mi­nu­tion des risques anes­thé­siques, amé­lio­ra­tion du confort du pa­tient.

De­po­sit­pho­tos

Avec des « bains » de froid ex­trême, la cryo­thé­ra­pie pro­met de ve­nir à bout des in­flam­ma­tions et de cer­taines dou­leurs chro­niques.

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