La for­ma­tion d’in­fir­mier a la cote sur Par­cour­sup

Le Télégramme - Carhaix - - LA UNE - Mar­tin Vau­goude

La pla­te­forme Par­cour­sup a li­vré mer­cre­di soir ses pre­mières ré­ponses. Et par­mi les de­mandes des can­di­dats, c’est la for­ma­tion d’in­fir­mier qui a été la plus sol­li­ci­tée. Un suc­cès qui a une ex­pli­ca­tion et qui, in­évi­ta­ble­ment, ne per­met­tra pas de sa­tis­faire tout le monde.

Le di­plôme d’in­fir­mier, ac­ces­sible pour la pre­mière fois via la pla­te­forme Par­cour­sup, a été plé­bis­ci­té. Un can­di­dat sur dix a fait ce choix. Tous les voeux ne pour­ront pas être exau­cés.

Cette an­née, les fu­turs étu­diants en soins in­fir­miers ne doivent plus pas­ser par la case concours pour in­té­grer un ins­ti­tut de for­ma­tion en soins in­fir­miers (If­si) mais par Par­cour­sup, la pla­te­forme na­tio­nale d’ad­mis­sion en pre­mière an­née de l’enseignement su­pé­rieur. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette nou­veau­té a pro­vo­qué un réel en­goue­ment chez les ly­céens et les étu­diants en ré­orien­ta­tion, qui ont re­çu mer­cre­di soir, les pre­mières ré­ponses à leurs voeux. D’après une note du mi­nis­tère de l’Enseignement su­pé­rieur, les If­si, avec 9,6 % des voeux confir­més, ont été la for­ma­tion la plus de­man­dée (*).

Sta­tis­tiques faus­sées

Ce sont les ly­céens tech­no­lo­giques et pro­fes­sion­nels qui se sont mon­trés pro­por­tion­nel­le­ment les plus de­man­deurs, le di­plôme d’in­fir­mier re­pré­sen­tant res­pec­ti­ve­ment 16,7 % et 15,5 % de leurs voeux, contre 5,4 % pour les ter­mi­nales gé­né­rales. Pour 13 % des ly­céens, la fi­lière sa­ni­taire so­ciale est la seule de­man­dée. Le suc­cès des If­si s’ex­plique en par­tie par la mé­thode uti­li­sée par le mi­nis­tère. Sur Par­cour­sup, 326 for­ma­tions étaient dis­po­nibles pour le di­plôme d’in­fir­mier, chaque voeu correspondant non pas à un éta­blis­se­ment mais à un re­grou­pe­ment de plu­sieurs ins­ti­tuts de for­ma­tion (entre 3 et 23). L’ana­lyse a comp­ta­bi­li­sé le nombre d’éta­blis­se­ments sé­lec­tion­nés et non le nombre de voeux, ce qui fausse évi­dem­ment les sta­tis­tiques par rap­port aux élèves sou­hai­tant, par exemple, s’ins­crire en li­cence.

Ce­la dit, avec un to­tal de 539 117 voeux pour 30 920 places en pre­mière an­née de for­ma­tion en If­si à la ren­trée 2019, l’em­bou­teillage est ma­ni­feste. Consé­quence : même sans concours, la for­ma­tion en soins in­fir­miers va res­ter sé­lec­tive.

Les jeunes de­vaient re­ce­voir, mer­cre­di, à par­tir de 19 h, les pre­mières ré­ponses à leurs voeux. Pour les fi­lières sé­lec­tives, trois ré­ponses étaient pos­sibles : « oui », « non » ou « en at­tente ». Pour les fi­lières non sé­lec­tiet ves (li­cences gé­né­rales), pas de « non », mais éga­le­ment trois ré­ponses : « oui », « en at­tente » ou « oui si », si l’uni­ver­si­té consi­dère que l’élève ne pos­sède pas toutes les com­pé­tences re­quises (il de­vra, dans ce cas, suivre un par­cours d’ac­com­pa­gne­ment pour être ac­cep­té).

Les ly­céens qui n’avaient de­man­dé que des fi­lières sé­lec­tives et n’ont re­çu que des « non » peuvent de­man­der un ren­dez-vous, à par­tir de ce jeu­di, avec un membre de l’équipe pé­da­go­gique de leur éta­blis­se­ment. Les étu­diants peuvent faire de même avec le ser­vice d’orien­ta­tion de leur uni­ver­si­té.

Tous peuvent for­mu­ler de nou­veaux voeux sur la phase com­plé­men­taire, qui dé­mar­re­ra le 25 juin. Il leur fau­dra, bien en­ten­du, choi­sir des for­ma­tions en­core dis­po­nibles.

30 % d’aban­don au bout de cinq ans

L’en­goue­ment pour la for­ma­tion d’in­fir­mier peut sur­prendre, sa­chant que 30 % des nou­veaux di­plô­més aban­donnent leur mé­tier au bout de cinq ans, en rai­son des condi­tions de tra­vail dif­fi­ciles. Le Monde a d’ailleurs ré­vé­lé, mer­cre­di, que les hô­pi­taux de plu­sieurs ré­gions « pei­naient à re­cru­ter des in­fir­miers en soins gé­né­raux ou des aides-soi­gnants ». Rien qu’en ré­gion pa­ri­sienne, les be­soins sont es­ti­més à 400 per­sonnes.

(*) De­vant la li­cence de droit, avec 4,6 % des voeux et la Paces (pre­mière an­née com­mune des études de san­té), avec 3,3 % des voeux. 14 500 for­ma­tions étaient dis­po­nibles sur Par­cour­sup, cette an­née, contre 13 000, en 2018. Au to­tal, 8,6 mil­lions de voeux ont été dé­po­sés par 884 973 can­di­dats, dont 627 000 élèves de ter­mi­nale.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.