Le ci­né­ma fran­çais à l’hon­neur

Le Télégramme - Carhaix - - LA UNE - Claire Stein­len

Au 72e fes­ti­val de Cannes, le ci­né­ma fran­çais sort le grand jeu avec pas moins de cinq films en lice pour la palme d’or. Dont « Les Mi­sé­rables », pré­sen­té mer­cre­di (ci-des­sus, une par­tie des ac­teurs), vé­ri­table cri d’alarme lan­cé par le réa­li­sa­teur Ladj Ly sur la si­tua­tion ex­plo­sive dans les ban­lieues.

Avec cinq films fran­çais dans la sé­lec­tion of­fi­cielle, voire six avec les films bi­na­tio­naux, le ci­né­ma hexa­go­nal n’a ja­mais été au­tant à l’hon­neur. Et sert même de mo­dèle avec « Les Mi­sé­rables », pre­mier film coup de poing de Ladj Ly, trois femmes, dont Cé­line Sciam­ma et Jus­tine Ti­ret, et Ar­naud Des­ple­chin et Ab­de­la­tif Ke­chiche, dé­jà pal­mé, il y a six ans, avec « La vie d’Adèle ».

Ladj Ly, la sen­sa­tion can­noise. Pre­mier long-mé­trage de fic­tion, pre­mière sé­lec­tion à Cannes, « Les Mi­sé­rables », le film de Ladj Ly bé­né­fi­ciait d’un bouche-à-oreille ex­cep­tion­nel. Plus de vingt ans après « La haine », on sort ef­fec­ti­ve­ment bou­le­ver­sé de cette his­toire de flics sous ten­sion, qui se re­trouvent à cour­ser des gosses dans la ci­té de Mont­fer­meil. Avec les émeutes des ban­lieues, et les gi­lets jaunes, cette his­toire forte va, c’est sûr, taper dans le mille. Une Palme d’or ?

Des­ple­chin, la cau­tion in­tel­lo. C’est un ha­bi­tué du ta­pis rouge, peut-être pas au­tant que Ken Loach, qui pré­sente, cette an­née, son 16e film, mais pas loin. Avec sept no­mi­na­tions, Des­ple­chin est l’un des hommes qui comptent. Il re­tourne, cette fois, dans sa ville na­tale avec « Rou­baix, une lu­mière », avec Roschdy Zem dans la peau d’un flic qui en­quête sur un meurtre, le soir de Noël, et Léa Sey­doux, toxi­co­mane…

Jus­tine Triet, la (jeune) ma­tu­ri­té. Après « Vic­to­ria », sé­lec­tion­né à La Se­maine de la Cri­tique, en 2016, Jus­tine Triet pour­suit son sans-faute. Avec « Sy­bil », elle offre un nou­veau pré­nom à son ac­trice, Vir­gi­nie Efi­ra. Et passe en sé­lec­tion of­fi­cielle à 41 ans. Une belle per­for­mance. Elle narre cette fois le par­cours de Si­byl, une psy­cha­na­lyste qui arrête son mé­tier pour écrire un ro­man.

Cé­line Sciam­ma, tout ter­rain et touche bre­tonne. Quatre ans après « Bande de Filles », qui avait fait l’ou­ver­ture de La Quin­zaine des Réa­li­sa­teurs, une chro­nique d’époque sur des jeunes filles de ban­lieue, Cé­line Sciam­ma, à qui l’on doit aus­si l’ex­cellent « Tom­boy », re­vient avec « Por­trait d’une jeune fille en feu », un drame d’époque du XVIIe siècle qui se passe dans une île iso­lée de Bre­tagne. Une peintre char­gée de réa­li­ser le por­trait de mariage d’Hé­loïse (divine Adèle Hae­nel, dans la peau d’une jeune fille qui vient de quitter le couvent). In­at­ten­du.

Ab­del­la­tif Ké­chiche, ce­lui que l’on n’at­ten­dait plus. Le réa­li­sa­teur de « La vie d’Adèle » n’était pas dans la pre­mière sé­lec­tion. Re­pê­ché en der­nier, juste après Tarantino, il re­vient avec « Mek­toub my love ». Il croi­se­ra sur le ta­pis rouge Léa Sey­doux et Adèle Ex­chiar­cho­pou­los, les deux ac­trices de « La vie d’Adèle » qui avaient dé­non­cé les condi­tions de tour­nage avec lui… et se­ront toutes les deux à Cannes ! Ambiance…

Ma­ti Diop, pour le Sé­nal. En­fin, Ma­ti Diop, 37 ans, est fran­co-sé­né­ga­laise mais concourt sous la ban­nière sé­né­ga­laise pour son film « At­lan­tique ». Plas­ti­cienne de for­ma­tion, cette an­cienne ac­trice de Claire De­nis (« 35 rhums ») a tour­né son film dans son pays d’ori­gine, une his­toire d’ou­vriers de la ban­lieue de Dakar qui dé­cident de quitter leur pays après avoir construit la tour At­lan­tique.

Pho­to An­dré Hé­liou

Les ac­teurs prin­ci­paux du film « Les mi­sé­rables », sur les marches du pa­lais des fes­ti­vals.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.