Fran­çois-Xavier Bel­la­my. L’atout fraî­cheur des Ré­pu­bli­cains

Le Télégramme - Carhaix - - FRANCE - An­na Ca­ba­na

Chef de file des Ré­pu­bli­cains pour les élec­tions eu­ro­péennes, Fran­çois-Xavier Bel­la­my a pro­gres­si­ve­ment éteint les doutes et fait taire les cri­tiques à son en­droit dans son camp. Il fait même fi­gure de nou­vel es­poir de la droite fran­çaise, face à un Laurent Wau­quiez tou­jours en mal de cré­di­bi­li­té.

Même le très mo­dé­ré Gé­rard Lar­cher, qui s’était op­po­sé à sa dé­si­gna­tion comme tête de liste des Ré­pu­bli­cains aux eu­ro­péennes, as­sure dé­sor­mais que Fran­çois-Xavier Bel­la­my le « sé­duit ». La « fraî­cheur », ajoute le pré­sident du Sé­nat, en guise d’ex­pli­ca­tion.

Fraî­cheur, c’est le mot qui re­vient sur toutes les lèvres, s’agis­sant du jeune nor­ma­lien. Ce n’est pas seu­le­ment son âge - 33 ans -, ses yeux bleu can­deur et son air de Pe­tit Prince tom­bé sur la planète po­li­tique. Non, c’est pire - ou mieux - que ce­la : Fran­çois-Xavier Bel­la­my ne ressemble à per­sonne dans ce monde po­li­tique sur le­quel il pro­mène fort phi­lo­so­phi­que­ment son « éton­ne­ment » - sin­cère, s’il vous plaît. Oui, sin­cère.

Apôtre de la « bien­veillance »

C’est l’étran­ge­té et la force de cet in­tel­lec­tuel-ca­tho­lique-con­ser­va­teur qui se pré­sente comme un apôtre de la « bien­veillance ». De­puis le pre­mier jour de son en­trée en cam­pagne, il re­fuse de s’abais­ser à ré­pondre aux at­taques de ses ad­ver­saires. Au point que ces der­niers fi­nissent par se las­ser de le pré­sen­ter comme un Ver­saillais aux convictions rances. Et si, d’aven­ture, il leur prend l’en­vie de le faire en­core, Fran­çois-Xavier Bel­la­my sou­rit. Tou­jours il sou­rit, a for­tio­ri lors­qu’il dit des choses qui ne sont pas for­cé­ment com­modes. Les fos­settes sont ses armes. Les concepts aus­si ! Voi­là un gar­çon qui am­bi­tionne rien moins que de « ti­rer vers le haut » les Fran­çais et les idées po­li­tiques. Parce qu’il ne s’est lan­cé dans le com­bat po­li­tique « que pour être utile », comme il dit. Certes, tous les po­li­tiques disent vou­loir être « utiles », mais ce­la sonne dif­fé­rem­ment quand il s’agit de Bel­la­my. Pour une rai­son simple - et es­sen­tielle : lors­qu’il ouvre la bouche, vous pou­vez être en désac­cord avec lui sur tout, à com­men­cer par sa po­si­tion sur l’avor­te­ment, mais vous ne sau­riez le soup­çon­ner de man­quer d’au­then­ti­ci­té. « De ce point de vue, il est l’in­verse de Laurent Wau­quiez, et l’ef­fet contraste ne joue pas en fa­veur de Laurent », re­lève, non sans ar­riè­re­pen­sée, un té­nor des Ré­pu­bli­cains.

« Ma­cron de droite » ?

Ils sont de moins en moins rares, par­mi les émi­nences de la droite, à s’amu­ser à pré­dire que, si « l’ef­fet Bel­la­my » me­su­ré dans les son­dages s’am­pli­fiait et se confir­mait dans les urnes, le di­manche 26 mai, ce « Ma­cron de droite » - ain­si le por­trai­turent ceux qui lui prêtent un ave­nir in­at­ten­du et ful­gu­rant - po­se­rait « un pro­blème à Wau­quiez ». D’ailleurs, le chef de l’État lui-même a ré­cem­ment in­ter­ro­gé en ce sens un de ses vi­si­teurs : « Tu crois, toi, que Bel­la­my peut sup­plan­ter Wau­quiez ? »

Pho­to AFP

F.-X. Bel­la­my am­bi­tionne rien moins que de « ti­rer vers le haut » les Fran­çais et les idées po­li­tiques.

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