Des élus bre­tons plu­tôt du­bi­ta­tifs

Le Télégramme - Carhaix - - LE FAIT DU JOUR - Pro­pos re­cueillis par Hervé Queillé

Jean-Luc Che­nut, pré­sident du conseil dé­par­te­men­tal d’Ille-et-Vi­laine. « Je suis cir­cons­pect face à un dis­po­si­tif de ré­gle­men­ta­tion de vi­tesse qui va­rie d’un dé­par­te­ment à l’autre et d’une route dé­par­te­men­tale à une autre et in­duit un risque de confu­sion consi­dé­rable… Dès le dé­part, il y avait moyen de faire au­tre­ment, en or­ga­ni­sant une large concer­ta­tion pour par­ve­nir à des me­sures adap­tées à chaque ter­ri­toire. Se de­man­der s’il se trouve sur une route li­mi­tée à 80 km/h ou à 90 km/h in­duit de l’in­sé­cu­ri­té chez l’au­to­mo­bi­liste. Sans par­ler du fait qu’il va fal­loir mul­ti­plier les pan­neaux. »

Na­tha­lie Sar­ra­be­zolles, pré­si­dente du conseil dé­par­te­men­tal du Fi­nis­tère. « Que de temps et d’ar­gent per­dus ! Soit les 80 km/h sont la so­lu­tion pour sau­ver des vies et on ne re­vient pas des­sus. Soit il fal­lait ac­cep­ter les propositions de l’As­sem­blée des dé­par­te­ments de France en lais­sant les pré­si­dents des conseils dé­par­te­men­taux ajus­ter la vi­tesse en se ba­sant sur l’ex­per­tise des agents des routes et des ser­vices de l’État… Dans le Fi­nis­tère, on va at­tendre la pro­mul­ga­tion de la loi d’orien­ta­tion sur les mo­bi­li­tés pour ajus­ter le tir. Mais on n’a pas at­ten­du le gou­ver­ne­ment pour conci­lier les im­pé­ra­tifs de sé­cu­ri­té et ceux de flui­di­té du tra­fic. »

Alain Ca­dec, pré­sident du conseil dé­par­te­men­tal des Côtes-d’Ar­mor. « Un bel exemple de ma­chia­vé­lisme… En­core une fois, on mé­prise les élus dé­par­te­men­taux. J’imaginais que les routes na­tio­nales se­raient éga­le­ment concer­nées. Mais là, on va se retrouver avec des na­tio­nales li­mi­tées à 80 km/h as­su­més par des élus qui se consi­dèrent comme res­pon­sables, et des axes se­con­daires où les 90 km/h se­raient dé­ci­dés par des élus que l’on veut faire pas­ser pour ir­res­pon­sables… Je pen­sais que tout ce­ci al­lait dé­bou­cher sur un tra­vail en com­mun entre les ser­vices de l’État et des dé­par­te­ments sur l’op­por­tu­ni­té de pas­ser à 90 km/h ou de des­cendre, si be­soin, à 70 km/h sur telle ou telle por­tion dan­ge­reuse. Nous at­ten­dons des pré­ci­sions mais, sans cette col­la­bo­ra­tion, ce ne se­rait pas­rai­son­nable. »

Fran­çois Gou­lard, pré­sident du conseil dé­par­te­men­tal du Mor­bi­han. « Un pou­voir de mo­du­la­tion ? Pour­quoi pas. Si le gou­ver­ne­ment dé­ci­dait de nous don­ner cette com­pé­tence, nous l’exer­ce­rions en pro­cé­dant à une étude très at­ten­tive de chaque por­tion de route, en ayant à l’es­prit que la lutte pour la sé­cu­ri­té rou­tière est une prio­ri­té ab­so­lue. »

Pho­tos d’ar­chives Claude Prigent et Laurent Marc

Na­tha­lie Sar­ra­be­zolles (PS, Fi­nis­tère) dé­plore « le temps et l’ar­gent per­dus », tan­dis qu’Alain Ca­dec (LR, Côtes-d’Ar­mor) dé­nonce « un bel exemple de ma­chia­vé­lisme».

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