Nom­breuses et dy­na­miques, elles peinent à gran­dir...

Le Télégramme - Carhaix - - ÉCONOMIE -

Le sa­lon des start-up Vi­va­Tech, qui s’est ou­vert jeu­di, à Pa­ris, in­carne le dy­na­misme in­con­tes­table des jeunes pousses en France, dont tous les in­di­ca­teurs sont au vert… sauf un, ce­lui de la ca­pa­ci­té à de­ve­nir des poids lourds in­ter­na­tio­naux.

« Les start-up fran­çaises sont sou­vent mar­quées par un très bon ni­veau de ma­tu­ri­té tech­no­lo­gique », sou­ligne ain­si An­toine Ba­schei­ra, le pa­tron d’Ear­ly Me­trics, une agence de no­ta­tion de start-up qui tra­vaille pour les fonds d’in­ves­tis­se­ment et les grands groupes. Elles ont ten­dance à « être des so­cié­tés re­la­ti­ve­ment avan­cées, avec des pro­duits stables as­sez tôt dans leur his­toire, avec un bon ni­veau d’in­no­va­tion, sur beau­coup de sec­teurs d’ac­ti­vi­té », ajoute-t-il en no­tant aus­si que « les ponts entre la re­cherche pu­blique et les start-up fonc­tionnent plu­tôt bien ».

À cô­té d’un ca­pi­tal tech­no­lo­gique évident, la France offre aus­si aux start-up, cou­vées par le pou­voir po­li­tique de­puis Fran­çois Hol­lande, un en­vi­ron­ne­ment fa­vo­rable pour leurs pre­mières an­nées d’exis­tence. « Pôle Em­ploi per­met à beau­coup d’en­tre­pre­neurs de se lan­cer tout en ayant des in­dem­ni­tés s’ils ont tra­vaillé avant », rap­pelle An­toine Ba­schei­ra : « le fi­nan­ce­ment des phases ini­tiales fonc­tionne très bien ».

Au­cun grand cham­pion in­ter­na­tio­nal

Les ré­gions mul­ti­plient les dis­po­si­tifs d’aide aux start-up et Bpi­france, la fi­liale de la Caisse des dé­pôts char­gée du fi­nan­ce­ment de l’in­no­va­tion, joue un rôle consi­dé­rable pour leur ap­por­ter les pre­miers fonds. En 2018, elle a in­ves­ti 328 mil­lions d’eu­ros dans le ca­pi­tal de jeunes pousses. Pour­tant, mal­gré ce dy­na­misme, la France ne compte en­core au­cun grand cham­pion in­ter­na­tio­nal du nu­mé­rique. « Sur les trois pi­liers des ta­lents, du fi­nan­ce­ment, et des par­te­naires (grands groupes puis­sants), la France est un mar­ché as­sez com­plet », ce qui n’in­cite pas vrai­ment les start-up à s’in­ter­na­tio­na­li­ser ra­pi­de­ment, ex­plique An­toine Ba­schei­ra. « La France a peut-être en­core une vi­sion trop conser­va­trice des af­faires pour per­cer dans le nu­mé­rique, sou­ligne de son cô­té Da­vid Gur­lé, fon­da­teur et pa­tron de Sym­pho­ny, qui com­mer­cia­lise un ou­til de mes­sa­ge­rie cryp­tée pour pro­fes­sion­nels. « Il y a des phases de crois­sance mas­sive qui re­quièrent des ca­pi­taux bien au-de­là des condi­tions d’équi­libre fi­nan­cier », sou­ligne-t-il.

AFP

Em­ma­nuel Ma­cron a as­sis­té, jeu­di, à l’ou­ver­ture de Vi­va­Tech, le sa­lon des start-up, porte de Ver­sailles, à Pa­ris.Pho­to

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