Un confi­ne­ment plus fa­cile à vivre en Nou­velle-zé­lande

Sa li­cence de droit en poche, Killian Le Pape, ori­gi­naire de Pontl’ab­bé, a dé­ci­dé de faire une an­née de cé­sure à l’étran­ger. Après six mois en Aus­tra­lie, il a re­joint la Nou­vel­le­zé­lande dé­but mars. Ré­cit.

Le Télégramme - Châteaulin - - PAYS BIGOUDEN - Delphine Tan­guy

« À mon ar­ri­vée en Nou­velle-zé­lande, le co­ro­na­vi­rus s’était dé­jà bien pro­pa­gé en Asie et en Eu­rope. Plu­sieurs cas étaient aus­si re­cen­sés ici. Quand le gou­ver­ne­ment a an­non­cé le confi­ne­ment en France à la mi-mars, tout était nor­mal en Nou­velle-zé­lande. Je pen­sais alors évi­ter ce genre de me­sures », dé­crit Killian Le Pape, qui avait pré­vu de voya­ger avec un ami fran­çais dans le pays. Le 26 mars, l’an­nonce de la mise en place d’un confi­ne­ment strict d’une du­rée d’un mois a contre­car­ré leurs plans. « Nous n’étions pas pré­pa­rés à une telle an­nonce. Le pays comp­tait alors 140 cas et cinq morts. La ré­ac­tion du gou­ver­ne­ment a donc été très ra­pide. Beau­coup de Fran­çais se sont re­trou­vés sans so­lu­tions puisque les hô­tels, les cam­pings et les au­berges de jeu­nesse ont fer­mé après l’an­nonce du gou­ver­ne­ment », pour­suit-il.

« Cer­tains se mé­fiaient de nous, ça fait bi­zarre ! »

« Ce­pen­dant, il y a eu un élan de so­li­da­ri­té entre Fran­çais et Néo-zé­lan­dais qui ont pro­po­sé de l’aide. Mal­gré tout, une mi­no­ri­té de Néo­zé­lan­dais se mé­fiaient des Fran­çais et autres Eu­ro­péens et nous ac­cu­saient d’avoir pro­pa­gé le vi­rus en voya­geant dans le pays. Ça fait bi­zarre ! »

Avec d’autres Fran­çais dans la

même si­tua­tion, contac­tés via un groupe Fa­ce­book, ils ont loué une mai­son dans la ville de Du­ne­din. « Le loueur nous a fait un prix du fait de la si­tua­tion. Le confi­ne­ment s’est vrai­ment bien pas­sé puisque nous avions droit de nous pro­me­ner li­bre­ment sur les plages et les che­mins de ran­don­née à condi­tion de res­pec­ter les règles de dis­tan­cia­tion so­ciale », in­dique le jeune glo­be­trot­ter. Et il constate que confi­ne­ment a été très bien ap­pli­qué et res­pec­té par la po­pu­la­tion néo-zé­lan­daise. « Il n’y a eu au­cune contes­ta­tion des me­sures. Le gou­ver­ne­ment a même ou­vert un site de dé­la­tion pour les per­sonnes qui ne res­pec­taient pas le confi­ne­ment, il a été très uti­li­sé par la po­pu­la­tion ! », s’étonne Killian, qui se dit im­pres­sion­né par la ges­tion ef­fi­cace de cette crise sa­ni­taire en Nou­vel­le­zé­lande, même si le pays est ai­dé par sa géo­gra­phie et une den­si­té hu­maine moins im­por­tante.

Fron­tières fer­mées et vols sus­pen­dus

« L’am­bas­sade fran­çaise a or­ga­ni­sé quelques vols de ra­pa­trie­ment mais ce­la n’a pas été suf­fi­sant pour ra­me­ner tous les Fran­çais. Il existe un groupe Fa­ce­book nom­mé "Fran­çais blo­qués en Nou­velle-zé­lande" qui re­groupe 1 200 per­sonnes. Au­jourd’hui, les fron­tières du pays sont fer­mées aux nou­veaux ar­ri­vants et les vols in­ter­na­tio­naux ont été sus­pen­dus », re­grette Killian. Il es­père ren­trer en France en juillet pour pou­voir re­prendre ses études en sep­tembre.

Il se ré­jouit néan­moins qu’après quatre se­maines de confi­ne­ment strict, le gou­ver­ne­ment l’ait as­sou­pli pour deux se­maines. « Nous pou­vons pra­ti­quer cer­taines ac­ti­vi­tés de plein air et avons la pos­si­bi­li­té de nous dé­pla­cer dans la ré­gion. Les ma­ga­sins rouvrent se­lon des me­sures strictes comme le "click and col­lect" où il faut com­man­der sur in­ter­net les pro­duits puis ve­nir les cher­cher sur place, un peu comme un drive ». Si les choses doivent donc re­ve­nir à la nor­male dans les pro­chaines se­maines, il in­dique qu’en Nou­velle-zé­lande les écoles ne rou­vri­ront pas avant sep­tembre.

En Nou­velle-zé­lande, pen­dant le confi­ne­ment strict d’un mois, il était pos­sible de se pro­me­ner sur les plages et les sen­tiers de ran­don­née en gar­dant ses dis­tances.

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