Pas­cal Bi­de­gor­ry ou l’oc­ca­sion « vo­lée »

Ce di­manche, Pas­cal Bi­de­gor­ry de­vait être au dé­part de The Tran­sat CIC à la barre d’un Ul­time. Fran­çois Ga­bart, qui vou­lait faire une pause, lui avait pro­po­sé la barre de son « Ma­cif ». Le Co­vid-19 est pas­sé par là et le Basque s’est fait une rai­son…

Le Télégramme - Châteaulin - - SPORTS - Aline Mer­ret

« Le cou­teau, il y a long­temps que je ne me le tourne plus dans la plaie. L’an­nonce d’an­nu­la­tion de The Tran­sat CIC par OC Sport date de la se­maine der­nière. Mais ça fait très long­temps que j’avais com­pris qu’il n’al­lait pas se pas­ser grand-chose. À cause de l’am­pleur du vi­rus. Mal­heu­reu­se­ment ça ne va pas s’ar­rê­ter d’un cla­que­ment de doigts », lance d’en­trée Pas­cal Bi­de­gor­ry qui s’était vu pro­po­ser la barre du maxi vo­lant « Ma­cif » pour cette course afin de per­mettre à Fran­çois Ga­bart de prendre un peu de re­cul et de se concen­trer sur la construc­tion de son nou­vel Ul­time qui se­ra mis à l’eau au prin­temps pro­chain. Ce­lui qui avait ter­mi­né 2e de la Route du Rhum en 2006 à la barre de l’or­ma « Banque Po­pu­laire » n’a pour­tant pas de re­grets.

« Il y a des trucs plus graves dans la vie »

Ce di­manche, il n’y au­ra pas dé­part au large de Brest. Et pas plus en 2021 : « C’était sûr que ça ne se fe­rait pas en 2021. Pour qu’oc Sport or­ga­nise cette épreuve, il faut toutes les classes. Mais en 2021, il y a les gars qui rentrent du Ven­dée Globe, qui ne se­ront pas là. "Ma­cif" va mettre à l’eau son nou­veau ba­teau, j’es­père prin­temps ou dé­but d’été 2021. Ce se­ra pa­reil pour "Banque Po­pu­laire". Ça veut dire que dans le meilleur des cas, il y avait trois Ul­times… ». Évi­dem­ment, il y a eu de la dé­cep­tion : « C’est sûr que ça ne tombe pas bien. Mais, ra­pi­de­ment, tu passes au-des­sus. Il y a des trucs vrai­ment plus graves dans la vie. Là, j’at­tends de voir ce qu’on va faire avec le ba­teau qu’on a dé­jà mis à l’eau ».

Don­ner du sens à ses fu­turs pro­jets voile

Mais ce­lui qui avoue ne pas avoir pas­sé beau­coup de temps chez lui ces der­nières an­nées a hâte d’al­ler na­vi­guer : « Je me suis ren­du compte que je suis dro­gué de mon mé­tier. Le seul truc que je ne veux pas : c’est ar­rê­ter de faire du ba­teau, ar­rê­ter de faire des courses ». Par contre, ce qu’il a aus­si réa­li­sé, c’est qu’il veut don­ner du sens à ses fu­turs pro­jets : «Je pense qu’à l’ave­nir, dans notre mé­tier, il faut qu’on change. Si j’ai la chance de pou­voir por­ter à nou­veau un pro­jet, ça me pa­raît in­dis­pen­sable au­près d’un an­non­ceur d’avoir une dé­marche éco­res­pon­sable mo­teur ». Même s’il re­fuse de re­gar­der de trop près l’ave­nir, Bi­de­gor­ry reste op­ti­miste : « On a de belles va­leurs dans notre sport et on peut per­mettre à une boîte de com­mu­ni­quer au­tre­ment. J’es­père qu’on au­ra un re­tour de bâ­ton po­si­tif ». Et que l’ho­ri­zon se dé­ga­ge­ra.

Pho­to Ni­co­las Créach

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