Le chô­mage par­tiel à un tour­nant

Avec 12,4 mil­lions de sa­la­riés concer­nés, contre 11,3 le 29 avril, le dis­po­si­tif de chô­mage par­tiel a at­teint « un pa­lier », se­lon Mu­riel Pé­ni­caud, alors que l’ac­ti­vi­té com­mence à re­prendre. Le gou­ver­ne­ment en­vi­sage une évo­lu­tion ra­pide du dis­po­si­tif de p

Le Télégramme - Châteaulin - - ÉCONOMIE -

T Les de­mandes de chô­mage par­tiel ont at­teint « un pa­lier » avec 12,4 mil­lions de sa­la­riés concer­nés, a es­ti­mé, mer­cre­di, la mi­nistre du Tra­vail, Mu­riel Pé­ni­caud, qui confirme une ré­duc­tion pro­gres­sive de la prise en charge à par­tir de juin, à la­quelle s’op­pose le Me­def.

« On a at­teint le pa­lier »

Se­lon la Dares (le ser­vice sta­tis­tiques du mi­nis­tère), au 11 mai, un mil­lion d’en­tre­prises avaient dé­po­sé des de­mandes d’ac­ti­vi­té par­tielle pour 12,3 mil­lions de sa­la­riés, soit 300 000 sa­la­riés de plus en une se­maine (voir in­fo­gra­phie), une hausse qui se ra­len­tit net­te­ment par rap­port aux se­maines pré­cé­dentes. « On a at­teint le pa­lier », a es­ti­mé, sur France 2, Mu­riel Pé­ni­caud, pour qui « ça com­mence un tout pe­tit peu à sen­tir la re­prise ». Ce­la ne si­gni­fie pas que tous ces sa­la­riés se­ront ef­fec­ti­ve­ment mis en chô­mage par­tiel. L’em­ployeur de­mande d’abord une au­to­ri­sa­tion large pour un cer­tain vo­lume de sa­la­riés, et ul­té­rieu­re­ment une de­mande d’in­dem­ni­sa­tion pour les heures réel­le­ment chô­mées. Pour le mois de mars, seuls 48 % des sa­la­riés cou­verts par une de­mande « Ça com­mence un tout pe­tit peu à sen­tir la re­prise », a confié Mu­riel Pé­ni­caud , ici lors d’une vi­site d’un chan­tier de cons­truc­tion à Mon­té­vrain, en Seine-et-marne, mar­di.

d’au­to­ri­sa­tion ont ain­si pour l’ins­tant été pla­cés en ac­ti­vi­té par­tielle ce mois-là. La Dares sou­ligne que toutes les de­mandes d’in­dem­ni­sa­tion pour mars n’ont tou­te­fois pas en­core été dé­po­sées, les en­tre­prises ayant un an pour le faire.

« On est sur la voie de la re­prise »

Se­lon la mi­nistre, 400 000 com­merces rouvrent cette se­maine, 50 % des chan­tiers ont re­pris et l’in­dus­trie tourne à 60 %. « On est sur la voie de la re­prise, il faut l’en­cou­ra­ger et l’ac­cé­lé­rer », a-t-elle ju­gé. Afin d’en­cou­ra­ger le sys­tème à re­par­tir, elle a confir­mé que d’ici « la fin de la se­maine », le gou­ver­ne­ment dé­ci­de­rait de faire « évo­luer de fa­çon pro­gres­sive » le dis­po­si­tif de chô­mage par­tiel à par­tir de juin, en « bais­sant un peu » la part de rem­bour­se­ment aux en­tre­prises. Les sa­la­riés du pri­vé mis au chô­mage par­tiel par leur en­tre­prise bé­né­fi­cient ac­tuel­le­ment d’une ga­ran­tie de 84 % du sa­laire net (100 % au ni­veau du Smic), que l’état et l’as­su­rance chô­mage rem­boursent aux em­ployeurs dans la li­mite de 4,5 Smic.

L’op­po­si­tion du Me­def

Se­lon des éco­no­mistes, ce rem­bour­se­ment in­té­gral aux em­ployeurs

pour­rait frei­ner la re­prise en in­ci­tant ceux-ci à ne pas re­prendre leur ac­ti­vi­té tant que celle-ci ne se­rait pas ju­gée as­sez ren­table.

Mais le Me­def juge une mo­di­fi­ca­tion du dis­po­si­tif pré­ma­tu­rée. « Com­men­cer à di­mi­nuer le ni­veau de prise en charge le 1er juin se­rait une er­reur ma­jeure parce que, dans une quin­zaine de jours, les en­tre­prises tour­ne­ront en­core à un rythme faible. Il faut main­te­nir en l’état le dis­po­si­tif de chô­mage par­tiel jus­qu’à l’été », juge son pré­sident Geof­froy Roux de Bé­zieux dans Le Monde. « Car si on ar­rête le chô­mage par­tiel, le risque, c’est le chô­mage tout court », pré­vient-il.

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