VA­CANCES D’ÉTÉ EN FRANCE : LE FEU VERT

Les Fran­çais pour­ront par­tir en va­cances, au moins en France, en juillet et août, en dé­pit du Co­vid-19, a an­non­cé jeu­di le Pre­mier mi­nistre, Édouard Phi­lippe, en dé­voi­lant un plan de re­lance du tou­risme.

Le Télégramme - Châteaulin - - LA UNE -

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T « Le tou­risme fait pro­ba­ble­ment face à la pire épreuve de son his­toire mo­derne, alors même que c’est un des fleu­rons de l’éco­no­mie fran­çaise. Son sau­ve­tage est donc une prio­ri­té na­tio­nale », a dé­cla­ré, jeu­di, le Pre­mier mi­nistre, au sor­tir d’un co­mi­té in­ter­mi­nis­té­riel dé­dié au sec­teur. Hô­tels, res­tau­rants, voya­gistes : toute la fi­lière fran­çaise est à l’ar­rêt de­puis mi-mars, avec 90 % des éta­blis­se­ments fer­més. Plus de 62 000 de ses en­tre­prises ont d’ores et dé­jà bé­né­fi­cié de 6,2 mil­liards d’eu­ros de prêts ga­ran­tis par l’état. Mais « les Fran­çais pour­ront par­tir en va­cances en France au mois de juillet et au mois d’août », en « mé­tro­pole et en Outre-mer », a an­non­cé Édouard Phi­lippe, sous ré­serve tou­te­fois « de pos­sibles res­tric­tions très lo­ca­li­sées » en fonc­tion de l’évo­lu­tion de l’épi­dé­mie de co­ro­na­vi­rus.

Ils « peuvent prendre leurs ré­ser­va­tions », a-t-il af­fir­mé, en sou­li­gnant que « les ac­teurs du tou­risme, de l’hô­tel­le­rie,se sont en­ga­gés à faire en sorte qu’ils soient in­té­gra­le­ment rem­bour­sés dans l’hy­po­thèse où l’évo­lu­tion de l’épi­dé­mie ne ren­drait pas pos­sible le dé­part en va­cances ».

« C’est sans pré­cé­dent c’est mas­sif, c’est né­ces­saire »

Après avoir dé­blo­qué une aide d’ur­gence, le gou­ver­ne­ment dit vou­loir à pré­sent « ac­com­pa­gner à la fois la re­prise, puis la re­lance d’un sec­teur » mis à terre par l’épi­dé­mie de Co­vid-19 et qui re­pré­sente 7 % du PIB fran­çais, ain­si que deux mil­lions d’em­plois.

« L’ef­fort d’in­ves­tis­se­ment » de l’état se­ra por­té par la Banque des Ter­ri­toires et Bpi­france, « qui ont for­ma­li­sé un plan de re­lance Tou­risme com­mun de plus de trois mil­liards d’eu­ros de fi­nan­ce­ments entre au­jourd’hui et 2023 », sous forme de prêts et d’in­ves­tis­se­ments en fonds propres, se­lon les dé­tails du plan. Au to­tal, l’en­semble des me­sures gou­ver­ne­men­tales re­pré­sente « un en­ga­ge­ment de plus de 18 mil­liards d’eu­ros pour les fi­nances pu­bliques : c’est sans pré­cé­dent, c’est mas­sif, c’est né­ces­saire », a dé­cla­ré le Pre­mier mi­nistre. Ce­la en­globe les me­sures de chô­mage par­tiel, les prêts ga­ran­tis par l’état, les exo­né­ra­tions so­ciales ou en­core les re­ports d’im­pôts.

Ac­ti­vi­té par­tielle : pos­sible jus­qu’à fin sep­tembre

« Cette an­nonce des va­cances est un sou­la­ge­ment pour nos en­tre­prises », a ré­agi Di­dier Chenet, pré­sident du syn­di­cat patronal GNI Synhorcat (in­dé­pen­dants) sur BFMTV, « mais les mil­liards an­non­cés par le gou­ver­ne­ment, c’est beau­coup, beau­coup de dettes, ce qui est an­gois­sant pour nos en­tre­prises ».

De son cô­té, Ro­land Hé­guy, pré­sident de l’umih, prin­ci­pal syn­di­cat de l’hô­tel­le­rie-res­tau­ra­tion, s’est fé­li­ci­té d’avoir « en­fin une date pour les zones vertes : les res­tau­rants pour­ront rou­vrir dé­but juin ». Mais les dettes re­por­tées de­vront être rem­bour­sées, au terme d’une an­née 2020 où « le chiffre d’af­faires au­ra été au mieux la moi­tié de ce­lui de l’an der­nier ».

L’« ob­jec­tif » du gou­ver­ne­ment est en ef­fet que ca­fés et res­tau­rants rouvrent « dès le 2 juin » - mais la date se­ra « fixée au cours de la se­maine du 25 mai » - dans les dé­par­te­ments clas­sés verts, sous ré­serve que la « ca­pa­ci­té à conte­nir l’épi­dé­mie soit dé­mon­trée » jus­qu’à cette date.

« Les mil­liards an­non­cés par le gou­ver­ne­ment c’est beau­coup, beau­coup de dettes, ce qui est an­gois­sant pour nos en­tre­prises. »

DI­DIER CHENET, PRÉ­SIDENT

DU SYN­DI­CAT PATRONAL

GNI SYNHORCAT

« Pas de vi­si­bi­li­té sur l’ou­ver­ture des fron­tières »

Sa­luant des « me­sures po­si­tives (…), même si on ne peut pas fi­nan­cer avec des prêts des pertes d’ex­ploi­ta­tion », Jean-pierre Mas, pré­sident des En­tre­prises du Voyage, a re­gret­té l’ab­sence de « vi­si­bi­li­té sur l’ou­ver­ture des fron­tières » au sein de l’eu­rope.

Deux re­ven­di­ca­tions du sec­teur ont

été par­tiel­le­ment en­ten­dues : le re­cours à l’ac­ti­vi­té par­tielle se­ra pos­sible jus­qu’à fin sep­tembre pour les en­tre­prises du tou­risme et de l’évè­ne­men­tiel, et « res­te­ra ou­vert si les ac­ti­vi­tés re­prennent trop len­te­ment », tan­dis que l’ac­cès au fonds de so­li­da­ri­té, pour les en­tre­prises du sec­teur des ca­fés-hô­tels-res­tau­rants, du tou­risme, de l’évé­ne­men­tiel, du sport et de la culture, se­ra pro­lon­gé jus­qu’à fin dé­cembre. En re­vanche, le gou­ver­ne­ment n’a pas fait de geste sur la TVA, qu’un col­lec­tif de res­tau­ra­teurs, em­me­né par Oli­vier Ber­trand, pa­tron du groupe Ber­trand (Quick, Bur­ger King, Hip­po­po­ta­mus…), sou­hai­tait voir abais­sée à 5,5 %.

Pour « sou­te­nir la de­mande » et in­ci­ter les Fran­çais à re­tour­ner dans les res­tau­rants lors­qu’ils pour­ront rou­vrir, le pla­fond jour­na­lier des ti­ckets­res­tau­rants se­ra dou­blé, à 38 eu­ros, et leur uti­li­sa­tion se­ra au­to­ri­sée les week-ends et jours fé­riés, jus­qu’à fin 2020.

Aus­si un plan en fa­veur du « tou­risme so­cial », pour ai­der les Fran­çais aux moyens mo­destes à par­tir en va­cances, se­ra an­non­cé « dans les pro­chains jours ».

Pho­to Ch­ris­tine Pan­ne­tier

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