LES VENTES ONT BON­DI DANS LE FI­NIS­TÈRE EN 2018

Alors qu’un pre­mier ob­jec­tif de ré­duc­tion de l’usage de cet her­bi­cide est fixé pour cette an­née, les don­nées d’achats et de ventes de pes­ti­cides montrent qu’en 2018, l’heure n’était tou­jours pas à la baisse.

Le Télégramme - Châteaulin - - LA UNE - Blan­dine Le Cain

L’aug­men­ta­tion de 9,7 % est in­ter­ve­nue avant une hausse de la taxe pour les pro­fes­sion­nels . Les chiffres sont plus stables dans les autres dé­par­te­ments bre­tons.

T Se pas­ser de cer­tains pes­ti­cides, et en par­ti­cu­lier du gly­pho­sate : voi­là l’en­jeu du plan Éco­phy­to, qui vise « une ré­duc­tion des uti­li­sa­tions, risques et im­pacts des pro­duits phy­to­phar­ma­ceu­tiques ». L’her­bi­cide, as­so­cié au Roun­dup de Mon­san­to, est cen­sé être dé­fi­ni­ti­ve­ment aban­don­né à par­tir de 2022. Mais dans les faits ? Les quan­ti­tés ache­tées sont loin de di­mi­nuer, d’après un état des lieux pu­blié par le mi­nis­tère de la Tran­si­tion éco­lo­gique.

20 % de hausse des ventes en dix ans

En 2018, la quan­ti­té to­tale de sub­stances ac­tives ven­dues en France s’élève à 85 900 tonnes, contre 71 200 en 2017. La sub­stance ac­tive cor­res­pond au pro­duit pes­ti­cide « pur », sans te­nir compte des autres élé­ments qui le com­posent. Cette hausse im­por­tante (+20 %) s’ex­plique prin­ci­pa­le­ment par des achats ef­fec­tués à la fin 2018 et an­ti­ci­pant la hausse, en 2019, de la re­de­vance due pour uti­li­ser ces pro­duits. Pour lis­ser ces va­ria­tions, les ser­vices du gou­ver­ne­ment ont com­pa­ré la moyenne sur trois an­nées. D’après ce dé­compte, la quan­ti­té ven­due a aug­men­té de 22 % entre les pé­riodes 2009-2011 et 2016-2018. Sur la même pé­riode, pour­tant, la sur­face agri­cole uti­li­sée en France a di­mi­nué.

Le plus ven­du en France

De­puis 2015, le code pos­tal des ache­teurs fi­naux du pro­duit est ren­sei­gné dans la base uti­li­sée. Sur la pé­riode 2016-2018, vingt dé­par­te­ments to­ta­lisent plus de la moi­tié des quan­ti­tés ache­tées.

Sur la pé­riode 2009-2018, le gly­pho­sate consti­tue l’her­bi­cide le plus ven­du au ni­veau na­tio­nal par­mi les 122 sub­stances du genre. Plus de la moi­tié des achats de gly­pho­sate ob­ser­vés entre 2016 et 2018 sont concen­trés dans un quart des dé­par­te­ments. Rap­por­tés à la sur­face agri­cole, c’est en Gi­ronde que les achats sont les plus im­por­tants, ain­si que sur le pour­tour mé­di­ter­ra­néen. En Bre­tagne, les quan­ti­tés de gly­pho­sate ven­dues sont stables en 2017 et 2018. C’est dans le dé­par­te­ment du Fi­nis­tère que le ra­tio entre la sur­face agri­cole et la quan­ti­té ache­tée est le plus im­por­tant. L’in­for­ma­tion du code pos­tal ne cor­res­pond pas for­cé­ment à l’usage ef­fec­tif, de même qu’il est im­pos­sible de sa­voir quand se­ra con­crè­te­ment uti­li­sé le pro­duit. Mal­gré tout, ces don­nées ré­vèlent que l’agri­cul­ture fran­çaise, alors qu’elle est cen­sée avoir aban­don­né le gly­pho­sate dans deux ans, est loin, pour le mo­ment, de se pas­ser de cet her­bi­cide.

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