En Is­raël, re­tour au bon­heur des plages après le confi­ne­ment

Le Télégramme - Châteaulin - - LA CRISE DU CORONAVIRU­S -

T Si, dé­but avril, lorsque les pre­mières me­sures de confi­ne­ment ont été édic­tées en Is­raël pour li­mi­ter la pro­pa­ga­tion du co­ro­na­vi­rus, la fer­me­ture des plages n’avait ni cho­qué ni dé­çu outre me­sure, c’est que les tem­pé­ra­tures de l’eau comme de l’air res­taient fraîches. Mais, avec le dé­but du dé­con­fi­ne­ment ces der­nières se­maines, et la cha­leur ca­ni­cu­laire des der­niers jours, cer­tains Is­raé­liens n’ont pas at­ten­du le feu vert des au­to­ri­tés pour pi­quer une tête. Sa­me­di der­nier, lors de shab­bat, des mil­liers de per­sonnes ont dé­fié les règles sur les plages de Tel-aviv pour se faire do­rer la pi­lule et se ra­fraî­chir dans la Mé­di­ter­ra­née sur des plages sans sau­ve­teurs. L’ou­ver­ture au pu­blic, mer­cre­di, de 124 plages sur­veillées à tra­vers le pays marque le dé­but of­fi­ciel de la sai­son bal­néaire. Celle-ci de­vait s’ou­vrir le 1er avril mais a été re­pous­sée au 1er juin en rai­son de la pan­dé­mie de Co­vid-19, avant d’être fi­na­le­ment avan­cée au 20 mai. Vê­tus de t-shirts orange fluo, les pla­gistes de Tel-aviv se sont af­fai­rés à dis­po­ser tran­sats et pa­ra­sols sur le sable en veillant à res­pec­ter les di­rec­tives, sous le re­gard in­qui­si­teur des ré­si­dents qui af­fluent et n’as­pirent qu’à une bouf­fée de li­ber­té au so­leil.

Deux mètres ou deuxième vague

En théo­rie, une dis­tance de deux mètres entre les per­sonnes reste re­quise sur les plages et les groupes ne doivent pas dé­pas­ser six per­sonnes, a dé­taillé le gou­ver­ne­ment qui cherche à dé­con­fi­ner tout en crai­gnant une deuxième vague de conta­mi­na­tions.

Pays d’en­vi­ron neuf mil­lions d’ha­bi­tants, Is­raël a of­fi­ciel­le­ment en­re­gis­tré en­vi­ron 16 600 cas de Co­vid-19, dont 278 dé­cès, ce qui reste en-de­çà des bi­lans de nombre de pays en Eu­rope et sur le con­tinent amé­ri­cain. L’épi­dé­mie s’est concen­trée chez les juifs or­tho­doxes, par­fois ap­pe­lés « ha­re­dim » (les « crai­gnants » Dieu en hé­breu), ce qui a contri­bué à l’idée que les quar­tiers ou villes non-or­tho­doxes étaient moins pro­pices à la pro­pa­ga­tion du vi­rus. « Tel-aviv est dif­fé­rente car il n’y a pas de ha­re­dims, mais nous avons eu beau­coup de tou­ristes qui ont aus­si ame­né le vi­rus », note Teah Ha­rel, 29 ans, qui, avant l’ou­ver­ture des plages, af­fir­mait ne pas se sen­tir en dan­ger. Avec le so­leil, et main­te­nant la mer, plu­sieurs n’at­tendent dé­sor­mais qu’une chose : la ré­ou­ver­ture des bars. À moins d’une nou­velle vague de conta­mi­na­tion ra­pide, leur sou­hait de­vrait être exau­cé dans une se­maine, le 27 mai, ce qui de­vrait don­ner à la li­bé­rale Tel-aviv son vé­ri­table air d’été.

Pho­to XINHUA/MAXPPP

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