Bien­ve­nue dans la rue la plus pen­tue de Quim­per

C’est pro­ba­ble­ment la rue ha­bi­tée la plus pen­tue de Quim­per avec ses 14,53 % de dé­ni­ve­lé (*). Et elle se si­tue en plein cen­tre­ville ! La connais­sez­vous ? Em­bar­quez avec nous pour 185 mètres de mon­tée.

Le Télégramme - Châteaulin - - PAYS DE QUIMPER -

Une ram­barde sur un pi­gnon dès le pre­mier mètre. Voi­là qui ne manque pas d’ori­gi­na­li­té. Et donne un in­dice sur la dé­cli­nai­son de cet axe que l’on s’ap­prête à em­prun­ter. Si­tuée à l’angle de la rue Le Dean et la rue Aris­tide-briand, à quelques en­ca­blures du théâtre Max-ja­cob, la pe­tite en­trée de la rue du Co­teau du Fru­gy s’ap­pa­rente à un mur dres­sé. Et ne vous fiez pas aux quelques mètres vi­sibles, elle ser­pente ra­pi­de­ment à gauche pour mon­ter, en­core et en­core.

En mode des­cente, et un peu pres­sée, Fran­çoise ne re­grette pas l’achat de sa mai­son il y a trois ans. « Vous ver­rez, c’est une sorte de pe­tit vil­lage en ville, c’est gé­nial. On ne s’est pas vrai­ment ren­du compte que ce­la grim­pait au­tant quand on a ache­té, mais ce n’est pas grave. Pour mon­ter, on passe par la rue du Co­teau Saint-julien, moins pen­tue ».

« Une vraie ga­lère pour les tra­vaux »

« Vous ver­rez, on s’y fait », as­sure à son tour Paul, 13 ans, un ha­bi­tué qui y passe chaque fin de se­maine en re­ve­nant de l’in­ter­nat avec sa va­lise. De belles pa­roles qui s’ef­fritent à l’ap­proche du pre­mier vi­rage, loin de coïn­ci­der avec la fin du cal­vaire. La suite est toute aus­si pen­tue. De sa terrasse d’une des pre­mières bâ­tisses après le vi­rage, Matthieu nous voit souf­fler. « Ça fait le car­dio, on rentre es­souf­flé dans la mai­son mais on s’y fait vite », lâche ce­lui qui a seu­le­ment em­mé­na­gé en oc­tobre der­nier avec sa pe­tite fa­mille. « Nous n’étions ja­mais ve­nus ici

mais l’em­pla­ce­ment nous a plu, du vrai centre-ville, tout le monde se dit bon­jour si­tôt la rue Le Dean pas­sée. Je me dou­tais que c’était l’une des rues les plus pen­tues, mais de là à ima­gi­ner que c’était la pire ! En fai­sant la terrasse, j’ai bien com­pris qu’il y avait un sacré dé­ni­ve­lé. C’est une vraie ga­lère pour les tra­vaux et se faire li­vrer. Celle qui m’a ven­du a ache­té rue des Douves, c’est que ce­la ne doit pas être si han­di­ca­pant. On ne re­grette pas, re­gar­dez la vue ».

Une vue à cou­per le souffle

En quelques se­condes, le pa­no­ra­ma change en ef­fet du tout au tout. Ca­thé­drale à gauche, Ker­feun­teun en face, Er­gué-ga­bé­ric sur la droite… À cou­per le souffle, c’est le cas de le dire. Quelques mai­sons plus loin, Loïc nous ouvre ses portes pour faire ad­mi­rer le pay­sage. Voi­là neuf mois qu’il est ins­tal­lé avec sa fille Ma­lou, 13 ans, et son fils Alan, 10 ans.

« La côte ne m’a pas du tout in­quié­té, au contraire, je pense que

ça joue sur le prix, es­time le pa­pa. Ici, avec cette pe­tite rue, j’ai l’im­pres­sion d’être à Douar­ne­nez, ma ville d’ori­gine. On n’en­tend ja­mais la ville ». Dans son dos, Ma­lou et Alan re­con­naissent qu’ils sont par­fois es­souf­flés en ar­ri­vant. Mais le leit­mo­tiv re­vient : « On s’y fait ».

« Un vil­lage de mon­tagne »

Un peu plus haut, Guillaume ne se lasse tou­jours pas de cette vue im­pre­nable de sa su­perbe de­meure en pierre, do­tée, une ra­re­té dans le sec­teur, d’un jar­din plat. Dix ans que ça dure. « Ce n’est pas la côte qui nous a re­bu­tés au dé­but, mais les ou­ver­tures de la mai­son. Pour la ré­no­va­tion, ce­la a été in­fer­nal. Les ma­té­riaux étaient sou­vent bloqués, il fal­lait blo­quer la rue. Le sta­tion­ne­ment, la cir­cu­la­tion, c’est dur ici. Mais nous sommes main­te­nant très heu­reux. J’ai l’im­pres­sion d’être dans un vil­lage de mon­tagne, on en­tend juste un peu la gare, les an­nonces des trains, le mur­mure de la ville. Et un peu le Cei­li par­fois.

Mais ce n’est pas une nui­sance ».

Au fil de la mon­tée, quelques mai­sons in­ha­bi­tées ap­pa­raissent. « Le quar­tier se re­peuple peu à peu après une gé­né­ra­tion d’an­ciens qui sont res­tés très long­temps », com­mente Gilles, ri­ve­rain de­puis 21 ans et peu sur­pris d’ap­prendre que sa rue fi­gure par­mi les plus pen­tues, si ce n’est la plus pen­tue, de la ville. « À Quim­per, ça monte. Et ce­la ne joue pas sur les achats. Au dé­but, j’ai trou­vé dur aus­si, mais ma grand-tante, à qui j’ai re­pris la mai­son, a per­du la tête avant de perdre les jambes. C’est bon pour le coeur. Moi je l’em­prunte deux à trois fois par jour. Après, c’est vrai que ce n’est pas fa­cile pour se ga­rer. Il n’y a pas beau­coup de cir­cu­la­tion. Et la pente coupe de la ville. Pen­dant le confi­ne­ment, beau­coup ont dé­cou­vert cette rue, je voyais des vi­sages in­con­nus ».

au­tre­fois sur­nom­mée « la mon­tagne »

À l’écou­ter, cette rue, à sens unique de­puis des dé­cen­nies, était au­tre­fois sur­nom­mée « la mon­tagne » par les an­ciens. Et elle se si­tuait à la fron­tière entre Er­gué-ar­mel et le Quim­per his­to­rique. Pro­prié­taire de­puis 33 ans d’une belle mai­son en pierre sur la pe­tite par­tie plate, oui il y en a une, ce couple re­grette l’époque où ils avaient en­core de bonnes jambes. « Main­te­nant, c’est dur, on sent bien qu’elle est pen­tue ». At­ta­chés à leur rue, ils dé­plorent ces quelques mai­sons voi­sines qui n’ont pas en­core trou­vé pre­neurs et cette vé­gé­ta­tion pas as­sez maî­tri­sée par la Ville. Ils évoquent éga­le­ment une vieille re­ven­di­ca­tion, celle de don­ner un nom bre­ton à cette rue. « Parce que nous ne sommes pas vrai­ment sur le Fru­gy ».

Notre clas­se­ment des 30 rues les plus pen­tues de Quim­per

* Nous avons fait le choix de ne prendre que les rues de Quim­per dont la mon­tée dé­passe les 100 mètres.

Voi­là neuf mois que Loïc s’est ins­tal­lé dans cette rue avec sa fille Ma­lou, 13 ans, et son fils Alan, 10 ans. Et ils s’y plaisent beau­coup.

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