Ivre, il avait sac­ca­gé deux voi­tures avant de mettre le feu : six mois ferme

Ivre, un qua­dra­gé­naire de Plo­meur avait pris à par­tie sa femme avant de dé­fon­cer leurs deux vé­hi­cules au mar­teau et à la masse puis de mettre le feu. Il a éco­pé, ce mar­di, au tri­bu­nal de Quim­per, de six mois de pri­son ferme.

Le Télégramme - Châteaulin - - QUIMPER - Hélène Ca­roff

« Vous trou­vez ça nor­mal de trai­ter votre femme de "sale pute" car elle a suspendu de­hors son sou­tien-gorge pour le faire sé­cher ? De quel droit vous par­lez comme ça à un être hu­main ? On est en 2020, votre femme n’est pas votre es­clave ! Vous avez faim, vous faites à man­ger. Elle n’a pas à vous ser­vir ! ». La pro­cu­reure Ma­rie-noëlle Col­lo­bert ful­mine sous son masque. Il est 14 h 40, ce 26 mai, au tri­bu­nal de Quim­per.

« Ma­cho et ja­loux »

Le vi­sage en gros plan sur le mur, en vi­sio­con­fé­rence, le qua­dra­gé­naire, qua­li­fié de « ma­cho et ja­loux par sa femme et ayant un « com­por­te­ment de su­diste » par sa belle-fille, tente de cal­mer le jeu : « Oh, je fais le mé­nage, la bouffe, la vais­selle et je ba­laye quand je sa­lis ». La ma­gis­trate du par­quet as­sène : « On ne va pas vous don­ner une mé­daille ! Ma­dame dit qu’elle est à votre service, elle évoque des vio­lences phy­siques et psy­cho­lo­giques au quo­ti­dien ». Sur­tout quand il a bu. Comme en ce 22 mai, où ce ma­rin­pê­cheur en ar­rêt, ivre d’avoir vi­dé un cu­bi de cinq litres de vin rouge, a « tout sac­ca­gé », dans leur mai­son de Plo­meur, à la masse et au mar­teau. Com­men­çant par le

Le tri­bu­nal de Quim­per a condam­né un Plo­meu­rois à dix mois de pri­son ferme et à la même pé­riode de sur­sis.

mo­bi­lier, après avoir pous­sé sa femme dans les toi­lettes, puis s’en pre­nant aux vé­hi­cules, une Peu­geot 206 et une ca­mion­nette, ga­rées dans le jar­din, avant d’y mettre le feu. Feu qui s’est pro­pa­gé à la haie mi­toyenne, fai­sant sor­tir le couple d’à-cô­té, avec leur bam­bin. Couple qui a ten­té, tant bien que mal, d’éteindre les flammes à l’aide d’un tuyau d’ar­ro­sage, en at­ten­dant que les se­cours et les gen­darmes n’ar­rivent. « Vous, vous ri­go­liez du spec­tacle », pré­cise la ma­gis­trate.

« Il peut pas­ser cinq jours sans dé­cui­ter »

« J’étais stres­sé du mois avec ma femme, avec la vi­site de la mai­son », ex­plique le pré­ve­nu, 2,2 g d’al­cool dans le sang, deux heures après les faits. C’est que, en­semble de­puis 2012, ma­rié en 2015, le couple bat de l’aile et a mis en vente la mai­son fa­mi­liale. Lasse qu’il « ne me­sure pas sa force » quand il l’agrippe, lasse aus­si « de ses pro­blèmes d’al­cool » pour les­quels

elle lui avait po­sé un ul­ti­ma­tum en 2017, sa femme a an­non­cé son en­vie de di­vor­cer, en plein confi­ne­ment. « Il peut pas­ser quinze jours sans boire d’al­cool mais aus­si pas­ser cinq jours sans dé­cui­ter », a-t-elle dit aux en­quê­teurs. Le qua­dra­gé­naire ac­quiesce : « Quand je suis sur les nerfs, je de­viens brut et je bois… Oui, j’ai un sou­ci avec l’al­cool… Je suis éton­né d’avoir fait un truc comme ça, j’ai be­soin d’aide ». De l’aide, des soins, c’est aus­si ce que plaide son con­seil, Me Ronan Ga­ret, face aux 18 mois dont six de sur­sis pro­ba­toire, obli­ga­tions de soins, de tra­vail et aux in­ter­dic­tions de sé­jour dans le Fi­nis­tère et de por­ter une arme pen­dant trois ans, outre le main­tien en dé­ten­tion, re­quis par le par­quet. Il se­ra par­tiel­le­ment écou­té. Son client res­te­ra en dé­ten­tion, pour six mois, avec six autres mois de sur­sis. Il de­vra par­ti­ci­per à un stage de lutte contre le sexisme et de sen­si­bi­li­sa­tion aux in­éga­li­tés femmes-hommes à sa sor­tie.

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