Ven­dée Globe : entre doutes et ré­flexions

Le Ven­dée Globe, tour du monde en so­li­taire et sans es­cale, de­vrait par­tir le 8 no­vembre des Sables-d’olonne. Mais la crise du co­ro­na­vi­rus a mis les or­ga­ni­sa­teurs, skip­pers et par­te­naires à rude épreuve et les a plon­gés dans le doute.

Le Télégramme - Châteaulin - - SPORTS - Aline Mer­ret

1 Avoir des ba­teaux prêts

Le Ven­dée Globe ne re­vient que tous les quatre ans. Les skip­pers (il y a 35 places pour cette 9e édi­tion) mettent tout en oeuvre pour être prêts à LA date pré­vue, le 8 no­vembre. Les pro­jets sont lourds à mon­ter et prennent plu­sieurs an­nées (au­tour des 8 à 12 M€ pour une cam­pagne com­plète avec un ba­teau neuf). Le confi­ne­ment de deux mois a cham­bou­lé les pré­pa­ra­tions, les chan­tiers et les courses qui ont été an­nu­lés (The Tran­sat CIC) ou trans­for­mée (Tran­sat New York Ven­dée).

Mais, de­puis le dé­con­fi­ne­ment, les 60 pieds re­trouvent un à un la mer. Les sor­ties tech­niques se suc­cèdent pour ceux qui ont fait des mo­di­fi­ca­tions ou qui ont des ba­teaux neufs, comme Ar­mel Tri­pon ou Ni­co­las Trous­sel. Et si tout se passe bien, les Imo­ca de­vraient être prêts pour leur ob­jec­tif de l’an­née.

2 Une course pour se re­mettre dans le bain

Que les équipes va­lident avec leurs skip­pers les di­verses mo­di­fi­ca­tions (chan­ge­ments de foils…) c’est une chose. Mais un tour du monde sur ces ma­chines très com­plexes et phy­siques de­mande de la pra­tique, les deux mois de confi­ne­ment ayant re­tar­dé les prises en main. La classe Imo­ca, as­so­ciée à la Ven­dée et aux Sables-d’olonne, a ima­gi­né une nou­velle course (Ven­dée-arc­tique-les Sables-d’olonne) au dé­part des

Sables le 4 juillet via l’ouest de l’is­lande et les Açores (3600 milles).

Les ma­rins ont be­soin d’en­gran­ger des milles. « C’est in­dis­pen­sable cette course », dit Ke­vin Es­cof­fier. Quatre skip­pers (*) doivent cou­rir et ter­mi­ner l’équi­valent d’une tran­sat en so­li­taire pour va­li­der leur qua­li­fi­ca­tion. Pas ques­tion pour la di­rec­tion de course d’en­voyer des ma­rins tour­ner au­tour de la pla­nète sans ga­ran­ties.

3 Village ou pas : quid du pu­blic ?

Nul ne sait en­core com­ment va évo­luer la pan­dé­mie. Mais pour le mo­ment, dif­fi­cile d’ima­gi­ner le 1,5 mil­lion de spec­ta­teurs qui s’étaient dé­pla­cés en no­vembre 2016 sur les quais au dé­part ou lors du pas­sage dans le che­nal. Le 5 mai, Yves Au­vi­net, pré­sident de la SAEM Ven­dée or­ga­ni­sa­trice, avait lais­sé en­tendre qu’il n’ima­gi­nait « pas de Ven­dée Globe 2020 sans village dé­part et sans pré­sence du pu­blic ».

De­puis, ses pro­pos ont été nuan­cés en af­fir­mant que « l’or­ga­ni­sa­tion étu­die l’en­semble des scé­na­rios ren­dant pos­sible la pré­sence du pu­blic dans un contexte sa­ni­taire et éco­no­mique dont per­sonne ne connaît l’évo­lu­tion ».

4 Et si le vi­rus re­ve­nait alors que les ma­rins sont en mer

Un dé­part peut peut-être être en­vi­sa­gé dif­fé­rem­ment avec moins de pu­blic ou plus éta­lé . Il est aus­si ima­gi­nable que les skip­pers soient tes­tés et confi­nés huit ou dix jours avant le dé­part. Une fois en mer, les so­li­taires ont peu de risques de ren­con­trer le vi­rus. Mais un Ven­dée Globe n’est pas un long fleuve tran­quille, avec 50 % d’aban­dons en moyenne. Et si le Co­ro­na­vi­rus re­fer­mait fron­tières et aé­ro­ports em­pê­chant ou com­pli­quant les aides et se­cours…

Il est, pour le mo­ment, im­pos­sible de sa­voir com­ment évo­lue­ra la si­tua­tion mais la di­rec­tion de course tra­vaille pour mettre tous les « pro­cesses » au point et en­voyer les ma­rins en mer dans des condi­tions de sé­cu­ri­té op­ti­males.

5 Des par­te­naires tou­chés par la crise

Si, a prio­ri, il n’est pas (ou plus) ques­tion de re­port du Ven­dée Globe. C’est plu­tôt une bonne chose sur­tout pour les pe­tits pro­jets qui réus­si­raient à sau­ver leur par­ti­ci­pa­tion. Car il était ac­quis que s’il était dé­ca­lé d’un an, près d’un tiers de la flotte ne se­rait alors pas au dé­part.

La crise du co­ro­na­vi­rus au­ra for­cé­ment mal­me­né cer­tains par­te­naires : com­bien se­ront-ils au dé­part ? Il en­core faut at­tendre pour le sa­voir.

(*) Isa­belle Jo­schke, Ar­mel Tri­pon, Ko­ji­ro Shi­rai­shi et Clé­ment Gi­raud. Et sept autres skip­pers doivent ef­fec­tuer un par­cours en so­li­taire de 2 000 milles, va­li­dé par la di­rec­tion de course (Alex Thom­son, Ni­co­las Trous­sel, Sé­bas­tien Si­mon, Sé­bas­tien Des­tre­mau, Di­dac Cos­ta, Con­rad Col­man et Louis Bur­ton).

Pho­to Yvan Zed­da

Le dé­part du Ven­dée Globe est, pour le mo­ment, pré­vu le 8 no­vembre.

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