Les pa­rents doivent-ils adop­ter l’ami ima­gi­naire ?

Le Télégramme - Châteaulin - - MIEUX VIVRE -

« Tout ce qui re­lève de l’ima­gi­naire chez l’en­fant est tou­jours bien­ve­nu », note Lise Bar­to­li qui a créé un jeu des Cartes Créa­tives jo­li­ment illus­trées, pour s’amu­ser en fa­mille à in­ven­ter des contes (édi­té par le Cour­rier du Livre, dis­po­nible en li­brai­rie). « Si l’en­fant laisse fil­trer l’exis­tence de cet ami, c’est qu’il veut qu’on l’écoute. Il faut donc se mon­trer at­ten­tif, sans s’im­mis­cer dans le monde de l’en­fant ou pire, se l’ap­pro­prier. » Le pa­rent doit donc l’ac­cep­ter - ne pas lui dire : « Ar­rête avec tes in­ven­tions » - mais sans al­ler jus­qu’à le trai­ter comme un per­son­nage à part en­tière.

Le prendre en compte oui, mais de ma­nière ponc­tuelle

Ac­cep­ter un jour de mettre une as­siette à table ? Pour­quoi pas ? Après tout, on ne re­fuse ja­mais de goû­ter une jo­lie tarte aux cailloux et mar­gue­rites pré­sen­tée par un bam­bin tout fier de lui, mais la prise en compte de l’ami ima­gi­naire doit res­ter ponc­tuelle. Il faut sa­voir dire à l’en­fant que c’est son ami à lui, que nous ne le voyons pas et ne pas cé­der notre place à Pi­lou sur le ca­na­pé. L’en­fant qui in­voque un ami ima­gi­naire n’est pas dupe, au fond ; ce­la pour­rait aus­si le per­tur­ber si l’adulte se met à par­ler à son gen­til fan­tôme. Et si Pi­lou sert d’ali­bi pour cou­vrir les bê­tises - « C’est lui qui a mar­ché par­tout avec ses chaus­sures sales » -, il ne faut sur­tout pas ac­cu­ser l’en­fant de men­songe. Il cherche à di­mi­nuer sa culpa­bi­li­té et à évi­ter les consé­quences. Dites-lui plu­tôt de net­toyer avec Pi­lou, et peu à peu, ce der­nier de­vien­dra beau­coup plus sage puisque l’en­fant au­ra ap­pris à éva­luer les consé­quences de ses gestes et à les ré­pa­rer si be­soin.

C.B.

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Si l’en­fant laisse fil­trer l’exis­tence de cet ami, c’est qu’il veut qu’on l’écoute.

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