Co­vid chez Bi­gard : « Sept cas po­si­tifs », se­lon la CGT

Le syn­di­cat CGT de chez Bi­gard est sor­ti de son si­lence pour « re­mettre les pen­dules à l’heure ! » S’il re­la­ti­vise le nombre de cas de Co­vid-19, il dé­plore l’ab­sence de masque adap­té, de­puis le dé­but de la pan­dé­mie.

Le Télégramme - Châteaulin - - QUIMPERLÉ - Pa­trick Her­not

Le si­lence (ha­bi­tuel) de la di­rec­tion et ce­lui (plus sur­pre­nant) des or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales ont fait le lit de la ru­meur fai­sant état de nom­breux cas de Co­vid-19 dans l’en­tre­prise Bi­gard, qui n’a ja­mais ces­sé sa pro­duc­tion de­puis le dé­but de la pan­dé­mie. Des fa­milles d’em­ployés de so­cié­tés pres­ta­taires, sou­hai­tant « bri­ser l’omer­ta » au sein du site, évo­quaient près de « 200 cas sus­pects » (Le Té­lé­gramme du 21 mai).

« Une qua­ran­taine de sus­pi­cions »

Cette alerte a pous­sé la CGT à sor­tir de son si­lence. « Ce sont des té­moi­gnages de sa­la­riés vic­times de stig­ma­ti­sa­tion dans leur en­tou­rage qui nous ont in­ci­tés à ré­agir. S’il y avait eu près de 200 cas, nous au­rions aler­té l’agence ré­gio­nale de san­té et ac­ti­vé le droit de re­trait », jus­ti­fie Mi­chel Le Goff, le dé­lé­gué du pre­mier syn­di­cat sur le site de Quim­per­lé, qui em­ploie 1 300 per­sonnes. « De­puis le 16 mars, sept cas po­si­tifs ont été dé­cla­rés chez Bi­gard, trois d’entre eux ont été hos­pi­ta­li­sés quelques jours. Au plus fort de la conta­mi­na­tion, il y a eu une qua­ran­taine de sus­pi­cions. Mais seuls ceux qui étaient ad­mis à l’hô­pi­tal étaient tes­tés ! Les autres, mal­gré les symp­tômes, n’étaient pas tes­tés et donc pas consi­dé­rés comme conta­mi­nés », pré­cise Mi­chel Le Goff. Il dé­nonce « un scan­dale sa­ni­taire », ajou­tant : « Quand vous ne cher­chez pas, vous ne trou­vez pas ! » Ce dé­compte sa­ni­taire n’in­tègre pas les éven­tuels cas consta­tés dans les rangs des 180 sa­la­riés des en­tre­prises pres­ta­taires, pré­sents sur le site. « La pro­duc­ti­vi­té pous­sée tou­jours plus, avec des marges de plus en plus ré­duites, dé­grade leurs condi­tions de tra­vail », dé­plore la CGT.

Des masques obli­ga­toires de­puis le 25 mai

Si la di­rec­tion a mis en place, dès le 16 mars, des me­sures bar­rières, avec des mo­di­fi­ca­tions d’ho­raires de tra­vail pour évi­ter des ras­sem­ble­ments lors des temps de pause, elle n’a im­po­sé le port du masque obli­ga­toire, dès l’en­trée sur le site, qu’à par­tir du 25 mai.

« Dès le dé­but du confi­ne­ment, nous avons de­man­dé des masques à la di­rec­tion. Mais elle s’en re­met­tait aux pré­co­ni­sa­tions gou­ver­ne­men­tales qui consi­dé­raient que les masques n’étaient pas obli­ga­toires ni même re­com­man­dés ! Ce­la a été une pé­riode an­xio­gène pour les sa­la­riés, qui n’avaient pas de pro­tec­tion in­di­vi­duelle à dis­po­si­tion. Le 30 avril, nous avons adres­sé un cour­rier à Jean-paul Bi­gard, avec co­pie à la Di­rec­tion dé­par­te­men­tale du tra­vail, pour lui de­man­der la dis­tri­bu­tion de masques. Trois jours plus tard, nous avons re­çu quatre masques en tis­sus par per­sonne », rap­pelle Mi­chel Le Goff, tout en re­gret­tant que le la­vage des masques soit à la charge des sa­la­riés.

Tra­vail sous 35° C à 40° C

Se­lon la CGT, ces masques ne sont pas adap­tés à la réa­li­té du tra­vail. No­tam­ment pour les em­ployés du sec­teur tue­rie-boyau­de­rie. « Ils tra­vaillent sous de fortes tem­pé­ra­tures pou­vant at­teindre 35° C voire 40° C. Ils peuvent perdre 3 kg à 4 kg en une jour­née de grande cha­leur et il leur est dif­fi­cile de sup­por­ter de tels masques », dé­noncent les re­pré­sen­tants du syn­di­cat ma­jo­ri­taire, qui ré­clament des masques chi­rur­gi­caux. « Les tra­vailleurs des abat­toirs ont été mo­bi­li­sés pour as­su­rer l’ap­pro­vi­sion­ne­ment en nour­ri­ture de la po­pu­la­tion. Mais à la dif­fé­rence d’autres pro­fes­sions, ils sont res­tés dans l’ombre. Pour­quoi les sa­la­riés de ce sec­teur consi­dé­ré comme vi­tal ne peuvent-ils pas bé­né­fi­cier de ce ma­té­riel de pro­tec­tion ? », in­ter­roge la CGT, qui ré­clame éga­le­ment la mise en place de tests sé­ro­lo­giques sur le site.

Les re­pré­sen­tants de la CGT ont fait le point, ce ven­dre­di ma­tin, sur les cas de Co­vid-19 chez Bi­gard et les me­sures sa­ni­taires prises dans l’en­tre­prise.

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