200 per­sonnes res­pirent pour George Floyd

Deux cents per­sonnes se sont réunies, sa­me­di 13 juin, place Saint­co­ren­tin, à Quim­per, à l’ap­pel de la Ligue des Droits de l’homme. Ils ont ren­du hom­mage à George Floyd, tué par des po­li­ciers, le 26 mai der­nier aux États-unis.

Le Télégramme - Châteaulin - - QUIMPER - Hé­lène Ca­roff

Onze heures, sa­me­di 13 juin, place Saint-co­ren­tin, à Quim­per. Une soixan­taine de per­sonnes sont pré­sentes, cer­taines portent le dra­peau du Par­ti com­mu­niste fran­çais (PCF), du Nou­veau par­ti an­ti­ca­pi­ta­liste (NPA). Il y a aus­si des mi­li­tants de syn­di­cats comme So­li­daires 29, la FSU et la CGT, fai­sant face aux bé­né­voles de la Ligue des Droits de l’homme, se te­nant près des marches. Quelques mi­nutes plus tard, près de la ils sont plus d’une cen­taine. Beau­coup sont là en leur nom propre, « en tant que ci­toyen or­di­naire ».

Dix mi­nutes plus tard, ils sont 200, à se te­nir sur les pa­vés, ré­pon­dant à l’ap­pel des cinq an­tennes fi­nis­té­riennes de la Ligue des Droits de l’homme, ap­pel re­layé par le Mou­ve­ment de la paix. Pré­sents pour rendre hom­mage à George Floyd, Afroa­mé­ri­cain mort étouf­fé sous le ge­nou d’un po­li­cier, le 26 mai der­nier, à Min­nea­po­lis, aux Étatsu­nis. Mais aus­si pour « dé­non­cer le ra­cisme qui sé­vit » et « condam­ner les pra­tiques po­li­cières d’in­ter­pel­la­tions in­ac­cep­tables et qui en­traînent la mort », pointe Do­mi­nique Bru­nel, pré­sident de l’an­tenne quim­pé­roise de la LDH.

Une mi­nute de si­lence, le poing le­vé et ge­nou à terre

Écharpe rouge au­tour du cou, sur les marches, Do­mi­nique Bru­nel ap­pelle les pré­sents à po­ser le ge­nou à terre, à le­ver le poing, pour une mi­nute de si­lence. Un hom­mage à George Floyd, qui dé­cla­rait avant de mou­rir : « Je ne peux pas res­pi­rer ». Une phrase pro­non­cée aus­si par l’amé­ri­cain « Éric Gar­ner, le 1er juillet 2014, par Ada­ma Troa­ré le 19 juillet 2016 », rap­pelle le pré­sident de la LDH de Quim­per, évo­quant aus­si « le dé­cès de Cé­dric Chou­viat, le 15 jan­vier, à la suite d’un pla­quage ven­tral ». « Les trois pre­miers ont en com­mun d’être noirs. Les quatre ont en com­mun d’être dé­cé­dés à la suite de pra­tiques po­li­cières d’im­mo­bi­li­sa­tion, ayant en­traî­né la mort mal­gré les sup­pliques et les cris de dé­tresse », conti­nue Do­mi­nique Bru­nel. Qui tem­père : « La LDH ne dit pas que l’ins­ti­tu­ca­thé­drale, tion de la po­lice et de la gen­dar­me­rie na­tio­nale est ra­ciste. La LDH ne dit pas que les forces de l’ordre sont des adeptes in­con­di­tion­nels de la vio­lence dite lé­gi­time. Pour au­tant, on ne peut pas pas­ser sous si­lence les com­por­te­ments ra­cistes qui sé­vissent en leur sein ». Il rap­pelle la mise au jour d’un groupe Facebook au conte­nu ra­ciste au­quel 8 000 membres des forces de l’ordre adhèrent, liste les conclu­sions du dé­fen­seur des droits, poin­tant des contrôles au fa­ciès. Le re­pré­sen­tant de la LDH de Quim­per évoque les dé­ci­sions qui « pour­raient être prises ra­pi­de­ment », comme le res­pect de la loi contre les com­por­te­ments ra­cistes, la sup­pres­sion des tech­niques d’im­mo­bi­li­sa­tion dan­ge­reuses et des armes lé­tales, le ren­for­ce­ment de la for­ma­tion, la mise en place de ca­mé­ras pié­ton pour fil­mer toutes les in­ter­ven­tions. Il in­vite tout le monde à « se mettre en alerte », à « dé­non­cer ».

« La LDH ne dit pas que l’ins­ti­tu­tion de la po­lice et de la gen­dar­me­rie na­tio­nale est ra­ciste ». DO­MI­NIQUE BRU­NEL, PRÉ­SIDENT DE LA LDH à QUIM­PER

Masques sur le vi­sage, deux cents per­sonnes ont te­nu à rendre hom­mage à George Floyd, sa­me­di, place Saint-co­ren­tin.

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