Plus de 500 per­sonnes der­rière les soi­gnants

Plus de 500 per­sonnes se sont ras­sem­blées ce mar­di 16 juin en soi­rée à Ca­rhaix en sou­tien au per­son­nel soi­gnant.

Le Télégramme - Châteaulin - - CARHAIX - Na­tha­lie Com

Peu avant 20 h ce mar­di 16 juin. Ras­sem­blées de­vant la mai­rie de Ca­rhaix, plus de 500 de per­sonnes ap­plau­dissent à tout rompre pen­dant une mi­nute les per­son­nels soi­gnants et, plus lar­ge­ment, tous ceux qui ont été en pre­mière ligne du­rant la crise du co­ro­na­vi­rus. Les ma­ni­fes­tants ont été ac­cueillis par Ch­ris­tian Troa­dec.

« On a l’im­pres­sion de re­ve­nir douze ans plus tôt lorsque le Ca­rhaix po­pu­laire s’était le­vé pour dé­fendre son hô­pi­tal. Comme nous avions rai­son à l’époque… », glisse, ému, le maire. Avant de pro­mettre aux soi­gnants « d’être tou­jours à leurs cô­tés », tan­dis que des ma­ni­fes­tants scandent le fa­meux « Ca­rhaix Ré­sis­tance », slo­gan des com­bats de 2008.

« Les dis­cours ne suf­fisent plus »

À l’ap­pel des or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales, ces ma­ni­fes­tants de tous âges s’étaient ras­sem­blés à 18 h 30 de­vant l’hô­pi­tal, avant de for­mer une chaîne hu­maine pour se rendre à la mai­rie, dans le cadre d’une jour­née d’ac­tion na­tio­nale. Éprou­vés par le Co­vid-19 et in­quiets de l’ave­nir de leurs condi­tions de tra­vail après ce mo­ment his­to­rique, les per­son­nels hos­pi­ta­liers sou­hai­taient in­ter­pel­ler le gou­ver­ne­ment et se faire en­tendre en plein « Sé­gur de la San­té ». Cette vaste concer­ta­tion, qui doit dé­bou­cher d’ici la mi-juillet sur des pro­po­si­tions concrètes pour amé­lio­rer leur quo­ti­dien, est pour l’heure, loin de ré­pondre à leurs at­tentes.

« C’est une en­tour­loupe, une vraie mas­ca­rade », ba­laie Ma­rie, aide-soignante en Eh­pad. Sa col­lègue Ch­ris­telle est tout aus­si du­bi­ta­tive. « On es­pé­rait qu’il y ait un après mais, pour l’ins­tant, on est loin du compte ».

Pour ces trois in­fir­mières, les « belles pa­roles de notre pré­sident » ne de­vront pas res­ter des lettres mortes : « Quoi qu’il en coûte ».

Les soi­gnants veulent battre le fer tant qu’il est chaud et trans­for­mer les ap­plau­dis­se­ments du soir en sou­tien po­pu­laire dans leur lutte pour ob­te­nir de meilleures condi­tions de tra­vail. « On a be­soin de la po­pu­la­tion. Sans elle, notre voix ne por­te­ra pas as­sez haut », sou­lignent-ils.

« Plus de moyens et de re­con­nais­sance »

Re­va­lo­ri­sa­tion gé­né­rale des sa­laires, plans de re­cru­te­ment et de for­ma­tion, ar­rêt des fer­me­tures d’éta­blis­se­ments, de ser­vices et de lits… tour à tour, Ch­ris­tine Cor­vel­lec pour la CGT et So­phie Lé­né­nez pour la CFDT égrènent les re­ven­di­ca­tions des per­son­nels, qui de­puis des mois prônent une nou­velle or­ga­ni­sa­tion du sys­tème de san­té qui met­trait les soi­gnants au coeur du dis­po­si­tif et des dé­ci­sions.

« Le Co­vid-19 a dé­mon­tré les ca­rences du sys­tème hos­pi­ta­lier. La po­li­tique de casse de la san­té doit ces­ser. Il faut sau­ver l’hô­pi­tal pu­blic. Ce­la ne doit pas être qu’un slo­gan. Notre sys­tème de san­té doit, à nou­veau, être ac­ces­sible à tous », lance la dé­lé­guée CGT.

Pour sa col­lègue de la CFDT, il est temps que les « hé­ros » de la crise sa­ni­taire, « qui tra­vaillent dans des condi­tions éprou­vantes et qui se sont sen­tis an­gois­sés et frus­trés » du­rant cette pé­riode si par­ti­cu­lière aient en­fin la re­con­nais­sance qu’ils mé­ritent.

« Et no­tam­ment une re­con­nais­sance sa­la­riale qui passe par une re­va­lo­ri­sa­tion des primes de nuit, de week-end et des jours fé­riés », pré­cise So­phie Lé­né­nez.

La po­pu­la­tion so­li­daire

Des re­ven­di­ca­tions qui trouvent écho dans la po­pu­la­tion ve­nue té­moi­gner de sa so­li­da­ri­té avec ceux qui se sont re­trou­vés en pre­mière ligne pen­dant la crise, à l’ins­tar de Mau­rice.

« C’est nor­mal d’être là. Je suis un usa­ger po­ten­tiel de l’hô­pi­tal », sou­ligne le re­trai­té. « On est tous concer­nés. On voit bien le manque de moyens quand il faut at­tendre des heures aux ur­gences », opine Sa­bine, 65 ans.

Pour Er­wan, la qua­ran­taine, les « me­su­rettes ne suf­fisent plus ». « Il faut des dé­ci­sions po­li­tiques fortes, comme « l’an­nu­la­tion de la dette des hô­pi­taux », et une « forte hausse du bud­get gé­né­ral de la san­té, qui soit ré­éva­lué en fonc­tion des be­soins de san­té », in­voque l’en­sei­gnant. En somme, d’en fi­nir avec la lo­gique mar­chande.

Le cor­tège, par­ti de l'hô­pi­tal, s'est ren­du place de la Mai­rie où les ma­ni­fes­tants ont ap­plau­di pen­dant une mi­nute les hé­ros de la crise sa­ni­taire.

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