LES FÊTES BRE­TONNES GARDENT LE MO­RAL !

Le Télégramme - Châteaulin - - LA UNE - Her­vé Queillé

Beau­coup ont dû être an­nu­lées mais de grands ren­dez-vous sont pro­gram­més dès sep­tembre.

Si les trois-quarts des fes­ti­vals et fêtes liés à la culture bre­tonne ont dû être an­nu­lés, il reste tout de même de beaux évé­ne­ments à ve­nir, cet au­tomne. « On garde le mo­ral et la pêche. La culture bre­tonne va conti­nuer d’exis­ter », as­sure Émilie Ruche, ani­ma­trice co­or­di­na­trice de Gouelioù Breizh. Émilie Ruche, pou­vez-vous nous dé­crire le rôle du Gouelioù Breizh ?

Notre fé­dé­ra­tion re­groupe 38 as­so­cia­tions or­ga­ni­sant des fes­ti­vals et fêtes liés à la culture bre­tonne dans les cinq dé­par­te­ments bre­tons (NDLR : avec la Loire-at­lan­tique). Elle compte éga­le­ment quatre fé­dé­ra­tions dans ses rangs : Ken­dalc’h et War ‘l Leur (danse), So­ne­rion (ba­ga­doù) et Ka­nomp Breizh (chant cho­ral).

Quelles sont les consé­quences de la crise sa­ni­taire sur votre pro­gram­ma­tion ?

52 ma­ni­fes­ta­tions - celles qui étaient ins­crites de mars à la fin août - sur les 73 qui sont or­ga­ni­sées chaque an­née ont été, après longue ré­flexion, an­nu­lées ou re­por­tées à l’au­tomne ou à l’an pro­chain. Il n’y au­ra donc pas de Fes­ti­val in­ter­cel­tique ni de Kann al Loar, de Saint-loup ou de Mon­dial du Folk, cet été. Ce ne furent pas des dé­ci­sions fa­ciles à prendre mais les or­ga­ni­sa­teurs ont fait preuve de res­pon­sa­bi­li­té, pri­vi­lé­giant la sé­cu­ri­té, compte te­nu des in­cer­ti­tudes sur le plan sa­ni­taire. La prise en compte des bud­gets en jeu a éga­le­ment pe­sé dans la ba­lance.

Quelles sont les ré­per­cus­sions de ces an­nu­la­tions et re­ports ?

On es­time à 10 à 12 mil­lions d’eu­ros l’im­pact éco­no­mique di­rect et in­di­rect des fes­ti­vals de Gouelioù Breizh. Ce qui dé­montre, si be­soin en était, le poids de nos fes­ti­vals sur le ter­ri­toire bre­ton, qui drainent des cen­taines de mil­liers de spec­ta­teurs et que la culture, en gé­né­ral, c’est de l’em­ploi et de l’éco­no­mie. Ce­la concerne des sa­la­riés et des bé­né­voles mais aus­si de très nom­breux in­ter­mit­tents, ar­tistes et tech­ni­ciens, à qui nous vou­lons adres­ser un mes­sage d’es­poir et de sou­tien en ces temps dif­fi­ciles. Nous sommes une chaîne où chaque maillon a son rôle et son im­por­tance. Les fêtes et fes­ti­vals ne pour­raient pas exis­ter sans les in­ter­mit­tents et ces der­niers ont be­soin de ces ani­ma­tions pour exer­cer leur mé­tier. Qu’ils sachent, en tout cas, que nous al­lons tout faire pour que les fes­ti­vals re­por­tés aient bien lieu en 2021 et que des évé­ne­ments soient pro­gram­més dès sep­tembre.

Quelles sont ces ma­ni­fes­ta­tions ?

Le Yaouank à Rennes, le concours des son­neurs de Gou­rin (56), dé­but sep­tembre, ou en­core Cel­to­ma­nia, qui se dé­roule dans plu­sieurs com­munes de Loire-at­lan­tique, sont main­te­nus, pour l’ins­tant. De même que les ma­ni­fes­ta­tions pré­vues par So­ne­rion 29, en dé­cembre. Par ailleurs, le fes­ti­val de Cor­nouaille a re­por­té son tra­di­tion­nel cy­ber fest-noz au 19 dé­cembre - d’autres dates vont suivre - tout comme les Fêtes d’ar­vor, à Vannes, dé­but oc­tobre, ou L’OV­NI de Ken­dalc’h, les 28 et 29 no­vembre à Nantes. Par ailleurs, cer­tains fes­ti­vals ré­flé­chissent, non pas sur une pro­gram­ma­tion com­plète, mais sur des évé­ne­ments ponc­tuels, concert ou fest-noz, par exemple.

Pho­to Fran­çois Des­toc

Le Triomphe des Son­neurs, lors du Fes­ti­val in­ter­cel­tique de Lo­rient 2019.

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