à PAR­TIR DE COM­BIEN IN­TÈGRE-T-ON CE « CLUB » ?

En Bretagne, le seuil de ri­chesse s’éta­blit à 3 457 eu­ros men­suels

Le Télégramme - Châteaulin - - LA UNE - Blan­dine Le Cain

T La phrase de Sartre, « l’en­fer, c’est les autres », a son pen­dant éco­no­mique : les riches, ce sont (sou­vent) les autres. Mais fi­na­le­ment, c’est quoi, être riche ? La ques­tion agite les com­men­taires et ana­lyses éco­no­miques de longue date. Loin des ques­tions phi­lo­so­phiques, l’ob­ser­va­toire des in­éga­li­tés pro­pose d’y ap­por­ter une nou­velle ré­ponse ba­sée sur un cal­cul simple. Puisque l’on es­time le taux de pauvreté, en France, à par­tir du ni­veau de vie mé­dian, pour­quoi ne pas faire de même de l’autre cô­té de l’échelle ?

À quoi cor­res­pond le ni­veau de vie mé­dian ?

Pour bien com­prendre, il faut d’abord éclair­cir ce qu’est le ni­veau de vie. Cet in­di­ca­teur ne cor­res­pond pas au seul sa­laire. Le ni­veau de vie est cal­cu­lé à par­tir des res­sources dis­po­nibles dans un mé­nage après paie­ment des im­pôts, en te­nant compte du nombre de per­sonnes qui le com­posent. Ce cal­cul per­met d’es­ti­mer le ni­veau de vie de chaque in­di­vi­du adulte, y com­pris au sein d’une même fa­mille.

La mé­diane, quant à elle, di­vise la po­pu­la­tion en deux. Concrè­te­ment, la moi­tié des per­sonnes vi­vant en France vit avec moins que le ni­veau de vie mé­dian, quand l’autre moi­tié vit avec da­van­tage.

Où se si­tue la ri­chesse ?

En France métropolit­aine, d’après les der­nières don­nées dis­po­nibles de l’in­see, le ni­veau de vie mé­dian cor­res­pond à 20 820 eu­ros par an, soit 1 735 eu­ros par mois. Dans son rap­port, l’ob­ser­va­toire des in­éga­li­tés pro­pose de si­tuer le seuil de ri­chesse au double du ni­veau de vie mé­dian, soit 3 470 eu­ros par mois après im­pôts. Avec ce seuil, 8,6 % de la po­pu­la­tion passe dans la ca­té­go­rie des plus ai­sés, soit 5 mil­lions de Fran­çais.

Si on rap­porte ce seuil au seul ter­ri­toire de la Bretagne, il s’éta­blit presque au même ni­veau, à 3 457 eu­ros men­suels. De fortes dis­pa­ri­tés existent au sein de la ré­gion. À Brest, ce seuil cor­res­pond à 3 220 eu­ros, lors­qu’il est de 3 155 eu­ros à Saint-brieuc, 3 415 eu­ros à Rennes ou 3 553 à Vannes. Les don­nées dis­po­nibles ne per­mettent pas d’es­ti­mer le nombre de per­sonnes concer­nées à l’échelle de la ré­gion.

Cet in­di­ca­teur est-il le seul dis­po­nible ?

L’ob­ser­va­toire des in­éga­li­tés pro­pose que ce mon­tant consti­tue le seuil de ri­chesse, en lien avec le seuil de pauvreté, fixé à la moi­tié du re­ve­nu mé­dian. D’autres in­di­ca­teurs chif­frés sont tou­te­fois dé­jà uti­li­sés pour iden­ti­fier les écarts de re­ve­nu et la part de la po­pu­la­tion la plus fa­vo­ri­sée.

L’in­see dis­tingue les 10 % des re­ve­nus les plus pauvres et les 10 % les plus riches. Il s’agit, en France, des per­sonnes dont le ni­veau de vie est de 3 184 eu­ros. En Bretagne, ce seuil est plus bas, à 2 880 eu­ros de ni­veau de vie, la Bretagne af­fi­chant des écarts de re­ve­nus moins im­por­tants que d’autres ré­gions. L’ins­ti­tut consi­dère éga­le­ment que les mé­nages à très haut re­ve­nu cor­res­pondent aux 1 % des per­sonnes les plus ai­sées. En France, ce­la cor­res­pond à au moins 9 000 eu­ros de re­ve­nu par mois pour une per­sonne seule. En Bretagne, on en compte 17 100, soit 2,7 % de cette ca­té­go­rie. En­fin, les per­sonnes « très ai­sées » cor­res­pondent aux 0,1 % les plus riches, soit un re­ve­nu men­suel su­pé­rieur à 22 360 eu­ros pour une per­sonne seule. C’est le cas pour 1 300 per­sonnes ré­si­dant dans la ré­gion.

Pho­to Claude Prigent

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