« CHEZ NOUS C’EST LA ST-VA­LEN­TIN TOUS LES JOURS »

« Chez nous, à Clé­der, c’est la Saint-va­len­tin tous les jours », as­surent Mar­gue­rite (90 ans) et Lu­cien (94 ans) Berthevas, qui cé­lèbrent, ce ven­dre­di et de­puis 75 ans, la fête des amou­reux.

Le Télégramme - Concarneau - - LA UNE - Jacques Chan­teau

À Clé­der, Mar­gue­rite (90 ans) et Lu­cien (94 ans) Berthevas nous ra­content leur très belle his­toire d’amour qui dure de­puis 75 ans !

1 La toute pre­mière fois

Pre­mière rencontre de Mar­gue­rite et Lu­cien, au cours de l’été 1945, à Clé­der (29), d’où ils sont ori­gi­naires et où ils ré­sident de­puis tou­jours. « Nous étions une bande de jeunes et on se re­trou­vait dans le bourg de Clé­der. On al­lait en­suite à la plage en chan­tant », se sou­vient le couple. Lui a alors 19 ans et elle, 16 ans, « C’est elle qui, en pre­mier, est ve­nue vers moi, car elle m’avait dé­jà re­pé­ré. Moi, je n’ai rien fait », sou­rit Lu­cien. « C’est vrai qu’il était beau et qu’il l’est tou­jours. J’ai­mais aus­si son sé­rieux », confirme Mar­gue­rite.

« Avec ses che­veux blonds, elle re­pré­sen­tait, pour moi, la beau­té », confie Lu­cien. Et un beau jour de l’été 1945, ils ont ef­fec­tué le pre­mier pas. « Sur le même vé­lo, on re­ve­nait du bal de Si­bi­ril (29) et c’est là, sur le che­min du re­tour, que nous nous sommes don­né le pre­mier bai­ser ».

2 Pas de tex­tos mais des cour­riers

Les va­cances es­ti­vales pas­sées, re­tour à la vie sco­laire : la jeune fille est pen­sion­naire à l’école des filles d’huel­goat (29) et son pré­ten­dant suit les cours de l’école mi­li­taire de Saint-cyr Coët­qui­dan (56). Il lui écrit ré­gu­liè­re­ment des lettres. « C’était des très belles lettres em­preintes d’amour, com­mente-t-elle. « On s’écri­vait des lettres, car nous, nous n’avions pas de té­lé­phone et en­core moins de smart­phones pour s’en­voyer des tex­tos », ex­pli­quen­tils. « En pas­sant trop de temps avec leur té­lé­phone et de­vant leur or­di­na­teur, les jeunes ne savent plus com­mu­ni­quer. Ils passent à cô­té de pe­tits plai­sirs avec les­quels on ar­rive à être fu­sion­nels. Nous, nous sommes al­ler­giques à in­ter­net ».

3 Ma­riage le 19 avril 1949

« On a tou­jours su qu’on al­lait se ma­rier car on était vrai­ment bien en­semble et on avait tel­le­ment be­soin l’un de l’autre », se re­mé­more le couple.

Le jour du ma­riage, le 19 avril 1949, 120 in­vi­tés ont pris part au re­pas de noce qui s’est te­nu dans le dé­pôt de lé­gumes Qué­gui­ner, à Clé­der. « Nous étions sur un pe­tit nuage et on vi­vait un rêve. On n’a pas fait de voyage de noces mais on en a pro­fi­té pour conce­voir notre aî­né ». Et Mar­gue­rite d’ajou­ter : « Même si Lu­cien, ce jour-là, m’a ren­ver­sé sa tasse de ca­fé sur ma robe de ma­riée, ce ma­riage fut un réel bon­heur ».

4 Une lettre par jour

Au cours de sa car­rière mi­li­taire, Lu­cien a no­tam­ment été of­fi­cier lors des guerres d’in­do­chine et d’al­gé­rie. « J’écri­vais beau­coup, par­fois une lettre par jour », pré­cise le ma­ri.

« Nous nous sommes tou­jours écrits, en­chaîne le couple. C’était l’oc­ca­sion de ré­vé­ler nos sen­ti­ments et ain­si de mieux se connaître. On se dé­cou­vrait ain­si de plus en plus au fil de nos re­la­tions épis­to­laires. Celles-ci étaient né­ces­saires, voire vi­tales. « On n’a plus 20 ans mais l’amour est tou­jours là. On a été heu­reux jus­qu’à pré­sent et on le se­ra jus­qu’au bout », té­moignent Mar­gue­rite et Lu­cien.

À tra­vers ces lettres, nous avions l’im­pres­sion de vivre phy­si­que­ment en­semble ».

« J’ai­me­rais d’ailleurs qu’un jour, tu me ré­écrives une lettre », glisse Mar­gue­rite en po­sant un re­gard at­ten­dri sur son ma­ri.

5 Le se­cret de leur union

« Notre meilleur sou­ve­nir de­meure la nais­sance de nos sept en­fants, ra­content Lu­cien et Mar­gue­rite. Nous avons eu beau­coup de chance d’être au­tant en­tou­rés par eux mais aus­si par nos 16 pe­tits-en­fants et 16 ar­rière pe­tits-en­fants. La cha­leur de cette vie de fa­mille a conso­li­dé notre union ».

6 Des dis­putes ?

« Au cours de notre vie, in­dique le couple, nous n’avons pas vrai­ment vé­cu de réelles dis­putes, mais des

cha­maille­ries pour des brou­tilles, comme pour des his­toires de jar­di­nage et d‘em­pla­ce­ment de plantes. Mais ce­la ne du­rait ja­mais trop long­temps. Il n’y a d’ailleurs pas eu trop de nuits où l’on s’est tour­né le dos »…

7 La Saint-va­len­tin

« La Saint-va­len­tin, c’est tous les jours à la mai­son. On vit tous les deux comme si nous étions en­core un jeune couple. Les jeunes n’ont pas la même ap­proche que nous de la vie en com­mun. Il faut bien s’ac­cro­cher l’un à l’autre et ne pas par­tir pour un oui ou pour un non. On n’a plus 20 ans mais l’amour est tou­jours là. On a été heu­reux jus­qu’à pré­sent et on le se­ra jus­qu’au bout ».

« On s’écri­vait des lettres, car nous, nous n’avions pas de té­lé­phone et en­core moins de smart­phones pour s’en­voyer des tex­tos ».

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