Le Télégramme - Lannion - Paimpol

LA FA­MILLE KURDE RE­PREND CONFIANCE EN L’AVE­NIR

Ar­ri­vés il y a deux mois sur l’île, Ah­mad, Be­ri­van et leurs cinq en­fants com­mencent à retrouver es­poir grâce à un bel élan de so­li­da­ri­té.

- Ma­rie-Hé­lène Clam Syria · Greece · Sido

● Ma­tin cha­grin, pluie di­lu­vienne et gros coup de vent sur Bré­hat, en ce mer­cre­di. Mais Ah­mad, Be­ri­van et leurs cinq en­fants, au chaud dans leur lo­ge­ment au-des­sus du port, ont plu­tôt le sou­rire aux lèvres. Leur si­tua­tion pour­rait évo­luer fa­vo­ra­ble­ment dans les se­maiMême nes qui viennent.

« On sent une prise en compte hu­maine de leur cas à la pré­fec­ture », note Yves Tri­maille, pré­sident de Bré­hat Vit et mé­de­cin de l’île. L’as­so­cia­tion ain­si que celle d’Anaïs Nor­mand, Îles so­li­daires, est à l’ori­gine de leur ve­nue.

Pro­messe d’em­bauche

La pro­messe d’em­bauche d’An­toine Tar­tault pour­rait être dé­ci­sive. L’en­tre­pre­neur a dé­mar­ré un gros chan­tier sur l’île et a un be­soin criant d’un char­pen­tier, pour ses char­pentes mé­tal­liques, la spé­cia­li­té d’Ah­mad en Sy­rie. Un mé­tier en ten­sion où les can­di­dats sont rares.

« J’ai en­tre­pris les dé­marches au­près de la pré­fec­ture et de la Di­reccte (Di­rec­tion ré­gio­nale des en­tre­prises, de la concur­rence, de la consom­ma­tion, du tra­vail et de l’em­ploi) quand la fa­mille était encore en Grèce. Les dé­lais sont très longs », se dé­sole-t-il. En tant que ré­fu­giés et ré­si­dants eu­ro­péens, les Si­do ont une au­to­ri­sa­tion de sé­jour de trois mois. si les nou­velles du pays sont mau­vaises, « Les Turcs ha­bitent main­te­nant notre vil­lage et les ha­bi­tants sont par­tis à 130 km de là », ra­conte Ah­mad - la vie de la fa­mille s’est or­ga­ni­sée pai­si­ble­ment dans l’île, sur­tout au­tour de la sco­la­ri­té des en­fants. « Ils ont ap­por­té 20 % des ef­fec­tifs de l’école, d’un coup, sou­rit Yves Tri­maille. Et la so­li­da­ri­té a joué à fond. Les dons re­cueillis as­surent pour l’ins­tant l’in­ten­dance, la lo­ca­tion de la mai­son, une par­tie de la nour­ri­ture.

« Il y a eu un bel élan, confirme An­toine Tar­tault, même chez ceux qui étaient scep­tiques de les ac­cueillir. Mais quand on voit des ré­fu­giés de­vant nous, ce n’est pas comme quand on les voit à la té­lé ».

« On n’est pas là pour pas­ser des va­cances »

Le 14 dé­cembre, les Bré­ha­tins vont même or­ga­ni­ser un grand re­pas kurde sy­rien, pour une cen­taine de convives. Des gestes évi­dem­ment ap­pré­ciés par les in­té­res­sés, même si Ah­mad confie être « gê­né de ne pas tra­vailler, de dé­pendre de la cha­ri­té. On n’est pas là pour pas­ser des va­cances ! ».

En at­ten­dant un feu vert des au­to­ri­tés, les pa­rents, comme leurs en­fants, prennent des cours de fran­çais. « C’est dif­fi­cile. On est pas­sé par tant de pays, le cer­veau s’em­brouille ». Mais ils croient en Bré­hat. « Les gens ici sont tel­le­ment gen­tils. De­puis dix ans, on cherche un pays pour res­ter, on es­père qu’on a trou­vé notre chance ».

«Ils ont ap­por­té 20 % des ef­fec­tifs de l’école, d’un coup »

Pra­tique

Pour des dons éven­tuels : Bré­hat Vit, ca­bi­net mé­di­cal, 22 870 Ile de Bré­hat.

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Pho­to M.-H. C. Ah­mad, Be­ri­van et leurs en­fants, Ibra­him, Eve­lin, Ali, Del­vin, Mo­ham­mad sont dé­jà at­ta­chés à l’île.

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