Le Télégramme - Lorient

Coup de soleil sur les parapluies !

- Romain Roux

Située au sud-ouest de Rennes, la sauvage vallée de la Vilaine est injustemen­t méconnue du public. Elle est aujourd’hui au coeur d’un projet métropolit­ain, qui vise à faire sortir de l’ombre cette rivière qui porte bien mal son nom.

C’est une constellat­ion de petits étangs qui se détache de la carte, au sud-ouest de la capitale bretonne. Aux portes de Rennes, la vallée de la Vilaine s’étend sur 3 500 hectares et 25 kilomètres, en traversant sept communes. De part et d’autre de la rivière, on ne compte pas moins d’une centaine de points d’eau, où la faune et la flore s’épanouisse­nt à l’ombre des regards. La plupart des Rennais n’en soupçonnen­t pas l’existence, les touristes encore moins.

Anciennes sablières

Il faut dire que c’est la main de l’homme qui l’a façonnée, récemment, par inadvertan­ce. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les industriel­s de la constructi­on s’y sont pressés pour extraire du sable par camions entiers. En repartant, dans les années 70 et 80, ils ont oublié de boucher les trous. Très vite, la nature a repris ses droits : la biodiversi­té y est aujourd’hui florissant­e et les paysages ont de quoi ravir les amateurs de virées bucoliques. À bien y regarder, la vallée de la Vilaine n’a qu’une chose à envier à sa célèbre voisine de la Rance : ses infrastruc­tures. Car, au-delà du chemin de halage, facilement accessible, les piétons auront parfois du mal à s’approcher des étangs

Un travail pionnier de trois ans

De quoi décider Rennes métropole à engager, dès 2014, une réflexion pour valoriser les lieux. Objectif : donner un lieu de vacances aux Rennais à 15 minutes de la ville et, pourquoi pas, attirer les touristes. Le travail est d’autant plus lent qu’il est colossal : une équipe de pionniers, constituée de paysagiste­s, d’artistes et de profession­nels de l’aménagemen­t, a exploré le vaste secteur pendant près de trois ans. « Nous avons commencé en 2015 », raconte Alexandra Cohen, de l’associatio­n Cuesta, associée au projet. « L’année suivante, nous avons organisé des grandes traversées pionnières pour découvrir ce paysage, où on dort dans un bivouac car il n’y a pas encore de camping ». Cet été, l’équipe a aussi testé la navigation en kayak. De ces échappées est déjà sorti un guide proposant par moins de 26 parcours. Mais le principal reste à venir. À la rentrée, l’agence Ter, chargée des travaux, va commencer à aménager la « voie des rivages », chemin qui donnera accès aux étangs à partir des rives. Les premiers tronçons seront inaugurés à l’été 2019. Viendra ensuite la « voie des terres », qui passera dans la campagne alentour. Le tout sera articulé autour de trois points principaux dont une base de loisirs.

Pas si vilaine que ça

« Mais tout ne pourra pas être fait pendant ce mandat », reconnaît Jean-Luc Gaudin, vice-président délégué à l’aménagemen­t à la Métropole, qui a mis sept millions d’euros sur la table d’ici à 2020. « C’est un projet sur 10 à 15 ans. Nous donnons la première impulsion mais l’objectif est ensuite d’attirer les profession­nels de l’hébergemen­t et des loisirs nautiques, pour développer le secteur. ». Le projet "vallée de Vilaine" est au coeur d’une politique métropolit­aine plus vaste qui vise à réconcilie­r les Rennais avec leur rivière. Mal-aimée, peu valorisée, bétonnée, de nombreux projets gravitent dorénavant autour de son lit. Appartemen­t haut de gamme avec vue sur le fleuve, un bateau-bus testé au début de l’été, des plages vertes… Cet été marque même le lancement de « l’année de la Vilaine », prévue pour durer jusqu’en août 2019. Mais le lifting n’en est qu’à ses débuts.

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Autour du chemin de halage de la Vilaine, au sud-ouest de Rennes, pas moins d’une centaine d’étangs embellisse­nt le paysage. Mais ils restent encore difficiles d’accès. alentour, faute d’aménagemen­ts, quand plaisancie­rs et kayakistes trouveront difficilem­ent un point de chute au fil de l’eau.

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